Vous irez où, vous, lorsqu'il fera 10 degrés de plus en moyenne sur les continents ?

🦦 Phylos
Zaguien
Inscrit: 2004-01-06 12:01:00
2020-05-21 20:35:41
Pour poser un peu de contexte à cette question un peu abrupte, il faut lire les prévisions du GIEC concernant le réchauffement climatique (par rapport à la période pré-industrielle)

L'une de ces hypothèses, des plus pessimistes, prévoit un réchauffement climatique moyen de l'ordre de 5° d'ici à 2100, dans 80 ans.

Il est vraisemblable que je ne serai plus là à ce moment-là pour témoigner, mais comme ce réchauffement n'arrivera pas du jour au lendemain (on s'est déjà pris 1° en moyenne et on voit ce que ça donne sur les températures maximales l'été en ville)

Avec 1° d'écart par rapport à la période pré-industrielle, on a dépassé l'année dernière les ... 42° à Paris, fin juillet.
Cela bat le record précédent qui datait de 1947 ... à 2 degrés de moins (qui était évidemment là également une température exceptionnelle)

Les températures moyennes sur les mois vont de record en record ... jusqu'à quand ?

Lorsque la température moyenne sur le globe aura monté de 5°, cela signifiera que les continents, qui se réchauffent plus que les océans, gagneront par endroits 10°. En moyenne ... Vous imaginez des nuits à 35° et des journées à 50° ?

Quelles cultures vont survivre, à une si petite échelle de temps ?

Du coup, vous prévoyez d'aller où, vous ?
Pensez-vous que vous serez accueilli à bras ouverts ?
Alex Admin
Admin
Inscrit: 2002-03-05 09:03:00
2020-05-22 13:25:29
Je te rejoins totalement dans ton analyse, on commence dès maintenant à le voir dans le sud de l'Europe et de la France où des maraîchers commencent à jeter l'éponge. Sud de l'Espagne de plus en plus de terres anciennement cultivés passé en désert (à partir de Valencia).

Chez moi, en Aveyron, mon jardin étant mal exposé (soleil couchant) depuis deux ans, je plante de plus en plus sous les arbres sinon ça crame les plantes et stoppe la croissance en plein été.

Quelles cultures vont survivre ? Pour repousser le truc au max, je pense qu'il faut importer les cultures plus au sud. J'ai commencé à faire de l'artichaut (d'origine africaine pour rappel), j'ai même des oliviers et citronniers qui se portent à merveille alors qu'avant c'était impossible à faire pousser. ^^

Prévoir d'aller où ? Pensez-vous que vous serez accueilli à bras ouverts ?

Je n'en sais rien du tout, et ça risque de faire bizarre à beaucoup qui crachent sur les immigrés qui arrivent en France, car je pense que demain, ce sera nous les immigrés sur la route. Bref, on est dans la merde 😑
Unnnh Unnnh
Zaguien
Inscrit: 2016-11-14 08:11:32

Quelques idées

2020-05-23 21:03:10
Où se poser ? Bon j'ai quelques idées :

En France, la côte bretonne est la moins touchée par les vagues de chaleurs en général, la Normandie aussi il me semble; après faut vraiment privilégier les zones côtières, j'habite nord Loire-Atlantique/ Sud Ille et Vilaine et on crame lors des vagues de chaleurs donc si tu veux trouver un coin plus doux vise la bretagne bien profonde (Finistère, Côte d'Armor et l'ouest du Morbihan)

Après je crois que t'as plein de richous qui ont senti le coup venir et privilégie la Bretagne plutôt que la côte d'azur mtnt donc je sais pas si l'immobilier est méga abordable dans ce coin.

Sinon si tu pars sur l'idée de vivre off-grid/hors réseaux dans des régions genre la Drôme (j'ai vu un reportage de 5mn de Brut donc prend ça avec des pincettes) parait que depuis plusieurs années il y a pas de gens qui s'installent là bas, bon tu vas surement brûler l'été, mais en cas de coup durs c'est bien de compter une communauté pour de l'aide (si tu cherche à rejoindre des personnes qui vivent comme ça et pas vivre tout seul bien entendu)

Aussi si tu cherche juste un coin où planter ton jardin et essayer d'être autosuffisant, j'imagine que dans la "diagonale du vide", s'acheter une longère à rénover c'est peut être abordable avec ça un jardin ( je sais pas, mais vu que c'est dépeupler j'imagine que c'est pas impossible).

Si tu veux déménager en Europe, le Portugal l'immobilier est pas chère du tout, l'année dernière j'ai vécu chez l'habitant il faisait parti d'une communauté hors réseaux, végan etc bon il vivait pas vraiment en maison par contre en caravane mais c'est largement vivable il y fait pas trop froid l'hiver et l'été la proximité avec l'ocean atlantique fait que c'est moins pire qu'en Espagne. La région de l'Algarve est bourré d'expatrié, Anglais, Allemand etc..

La Norvège bénéficie des vents marins donc il y pleut assez souvent,c'est très montagneux donc pas forcément top pour faire pousser des trucs. La Suède j'y étais l'été dernier au Nord, pas loin de Lulea et on a eu une bonne semaine à 30 degrés... heureusement ça c'est rafraichit après, en plus de ça, ça fait deux années de suites qu'il y a la sécheresse en Suède et normalement ça arrive qu'une fois tout les cents ans donc même le nord est pas super épargnés.

L'écosse, il ont pas été touché je crois par les pics de chaleurs l'année dernière , et ils ont du pétrole. Bon mtnt avec le Brexit...

A l'internationale, parait que les millionaires s'installent en masse en Nouvelle Zelande. Le Canada est pas une si mauvaise idée que ça je pense, ils ont la plus importante réserve d'eau douce au monde (avec la fonte des glaces, ça a peut etre changé) le Prince Harry et Meghan Markle se sont installés là bas, je serai qu'à moitié étonné que ce soit parce que c'est un des pays où les conditions climatiques seront les moins insupportables (le prince Charles et Philip parlent assez souvent de la crise climatique, et ce depuis pas mal d'années)

En tout cas achète une vieille maison en pierre bien isolée, nous perso ces derniers jours il a fait 29degrés, et dans notre maison au rdc on ressent pas vraiment la chaleur.
 
Alex Admin
Admin
Inscrit: 2002-03-05 09:03:00
2020-05-24 08:58:43
Unnnh:Où se poser ? Bon j'ai quelques idées :

Si tu veux déménager en Europe, le Portugal l'immobilier est pas chère du tout, l'année dernière j'ai vécu chez l'habitant il faisait parti d'une communauté hors réseaux, végan etc bon il vivait pas vraiment en maison par contre en caravane mais c'est largement vivable il y fait pas trop froid l'hiver et l'été la proximité avec l'ocean atlantique fait que c'est moins pire qu'en Espagne. La région de l'Algarve est bourré d'expatrié, Anglais, Allemand etc..



Attention avec la côte atlantique, plusieurs études sur le climat montrent que le Golstream tend à s’arrêter, donc d'ici peu de temps, le climat de cette zone risque d'être plus proche de NY (très chaud l'été et très froid l'hiver).
Bou Bouclette
Zaguien
Inscrit: 2013-01-10 07:01:46

()

2020-05-24 13:00:20
Je me dis surtout qu'en cas de vague de chaleur il vaudra mieux ne pas être en ville (à moins que d'ici là les villes soient radicalement transformées mais j'y crois pas trop). Ailleurs que dans les zones très denses, je pense qu'il va falloir adapter les habitations mais j'imagine qu'en France on atteindra pas des niveaux incompatibles avec la survie. En revanche ça sera le cas à plein d'endroits dans le monde, ça c'est à peu près sûr : entre les effets directs de la chaleur et les effets indirects (montée des eaux...) ça va faire énormément de déplacements forcés. À mon avis c'est très important d'anticiper ça, déjà à l’échelle du pays en luttant contre l'accaparement par certains des zones qui seront les plus épargnées (notamment par spéculation). C'est assez prévisible que dès que ça va sentir le cramé, le Finistère va devenir un Eldorado pour la spéculation immobilière avec les conséquence sur le mal-logement qui vont avec.

Il faut aussi se préparer à l'échelle de l'Europe (ou si possible du monde mais j'y crois pas trop) à recevoir du monde. Et pas comme maintenant où quelques réfugiés suffisent à faire hurler les fachos, plutôt des dizaines de millions de personnes. A priori ça arrangerait un certain nombre de gens de laisser mourir les réfugiés climatiques (même si tout ça arrive à cause de notre mode de vie à nous). Les gouvernements actuels montrent que laisser se noyer des milliers de personnes dans la méditerranée chaque année passe comme une lettre à la poste. Mon avis est donc qu'il ne faut pas attendre grand chose de ce côté-là, ils seraient bien capables de monter des murs de barbelés et tirer sur tout ce qui s'approche de la frontière. Du coup je pense qu'il faut essayer d'orienter la politique du pays dans le bon sens, et si ça marche pas il faut s'inspirer de Cedric Herrou et si on en a la possibilité, se tenir prêt à accueillir des gens.

Pour les cultures, le problème ça va surtout être l'éventuelle sécheresse, j'ai eu un petit aperçu l'année dernière de ce qui se passait après un an de pluies insuffisantes, la moitié du temps il n'y avait même plus d'eau au robinet (sur un réseau alimenté par une source). Il va falloir changer les modes d'irrigation, planter des cultures moins assoiffées et faire des travaux pour stocker l'eau quand il y en a qui tombe. Mais dans tous les cas les rendements vont baisser, on sera bien obligés de changer les habitudes alimentaires.

Sinon, le truc de vivre hors-réseau ça ne me convainc pas du tout. Les moyens de production individuels sont énormément moins efficaces que les moyens mutualisés (sans parler de l'inconvénient de ne pas avoir d'électricité la moitié du temps). Dans un monde en récession, il va falloir s'habituer à mutualiser de plus en plus de choses. L'électricité l'est déjà : le mode de distribution actuel permet de faire beaucoup avec peu puisque la production correspond exactement aux besoins. Si chacun a sa petite éolienne ou ses panneaux photovoltaïques, ça va entraîner que la capacité de production devra être très très supérieure aux besoins réels (en gros, si on a besoin au maximum de 3kW, il faudrait avoir une capacité de production de 3kW même si en moyenne on utilise 0,2kW, un moyen mutualisé comme EDF permet de servir plein de gens avec moins de capacité installée car les consommations s'équilibrent).

Vivre hors-réseau peut fonctionner individuellement, mais ça ne peut être qu'une solution pour quelques privilégiés et d'un point de vue écologique, ça n'a pas d'intérêt.
Esty Estwald
Zaguien
Inscrit: 2007-10-04 05:10:55

Vaste sujet...

2020-05-24 23:26:27
Vaste sujet…
Au-delà de l’élévation des températures et des records que l’on bat d’année en année, il y a aussi l’augmentation des épisodes exceptionnels en nombre et en intensité dans toute l’Europe. Par exemple dans l’actualité, et pour rebondir sur ce que dit Bouclette, Le Rhône a été mis en alerte sécheresse dès le mois d’avril, et des cultures dans la Drôme ont dû être arrosées de manière prématurée. On parle des réfugiés climatiques à venir, et venant des pays dit du Sud, mais les réfugiés climatiques sont déjà une réalité si on change d’échelle. L’érosion des côtes, les inondations dus aux fortes pluies et aux politiques urbaines hasardeuses, les incendies, ou encore les violents orages qui détruisent les habitations entraînent déjà des mouvements de population au niveau national et européen. A ce sujet, je vous suggère la lecture du dossier d’Euronews qui évoque la difficulté à définir le réfugié climatique et le manque de législation autour de ce problème :  . En tout cas, il est sûr que cela ne va qu’augmenter les flux migratoires et aggraver la crise migratoire européenne. Quand on voit comment les gens réagissent en période de crise, je ne peux que me ranger du côté de l’avis assez pessimiste de Bouclette.

De mon côté à Lyon, en milieu très urbain, nous sommes particulièrement touchés.
Dans cet  , il est fait état de 112 jours (et même 122 jours pour Grenoble) depuis le début de l’année 2018 avec une température enregistrée supérieure à 25°C, soit quasiment un jour sur deux (le 18 septembre étant le 261ème jour de l’année) à cette température, en comptant quasiment la totalité de l’hiver.  , et l’est quasiment à chaque vague de chaleur. Sur cette  , le Rhône est quasiment deux fois plus souvent en alerte que les départements classés 2èmes. Il est utile de rappeler à ceux qui apprécient ces chaleurs « de vacances », que dans les normales saisonnières en France, un été ce n’est pas 3 mois consécutifs à 30°C.

Alors clairement, en comptant la pollution, le réchauffement climatique est un facteur qui pourrait me faire quitter cette ville. La première chose sera d’avoir une bonne isolation (cf la maison en pierres de Unnnh). La Bretagne est effectivement une idée pour se rafraîchir, ou alors aller en altitude. Sinon, à l’étranger ce serait peut-être l’Irlande, le nord de l’Allemagne ou la Finlande. Mais comme toute migration, c’est une décision très difficile à prendre et qui a énormément d’implication, car cela voudrait dire abandonner beaucoup de choses. C’est en tout cas assez angoissant.
Cela a néanmoins permis une certaine prise de conscience des effets des îlots de chaleur urbains. Les villes doivent s’emparer du sujet et trouver des solutions pour qu’elles restent respirables dans les prochaines années.

Dans le détail, pour répondre aux questions de ce fil :
Phylos: Quelles cultures vont survivre, à une si petite échelle de temps ?
Alex: je pense qu'il faut importer les cultures plus au sud. J'ai commencé à faire de l'artichaut (d'origine africaine pour rappel), j'ai même des oliviers et citronniers qui se portent à merveille alors qu'avant c'était impossible à faire pousser. ^^
De la même façon qu'Alex, je pense qu'il va falloir s’adapter comme le fait la végétation sauvage, et décaler les cultures. J’ai des histoires de bananiers à Brest et d’oliviers à Clermont-Ferrand, et dans un reportage sur le vin sur Arte, il était évoqué la possibilité de faire pousser des vignes au Royaume-Uni dans quelques années.

Phylos: Pensez-vous que vous serez accueilli à bras ouverts ?
Je ne sais pas trop, mais étant déjà d’une famille d’immigrés, la situation ne serait pas si différente pour moi : le racisme, je le subis déjà.

Unnnh: si tu pars sur l'idée de vivre off-grid/hors réseaux dans des régions genre la Drôme
[…]
en cas de coup durs c'est bien de compter une communauté pour de l'aide (si tu cherche à rejoindre des personnes qui vivent comme ça et pas vivre tout seul bien entendu)
Aussi si tu cherche juste un coin où planter ton jardin et essayer d'être autosuffisant, j'imagine que dans la "diagonale du vide", s'acheter une longère à rénover c'est peut être abordable avec ça un jardin
Bouclette: Sinon, le truc de vivre hors-réseau ça ne me convainc pas du tout. Les moyens de production individuels sont énormément moins efficaces que les moyens mutualisés (sans parler de l'inconvénient de ne pas avoir d'électricité la moitié du temps).
[…]
Vivre hors-réseau peut fonctionner individuellement, mais ça ne peut être qu'une solution pour quelques privilégiés et d'un point de vue écologique, ça n'a pas d'intérêt.
Ça fait effectivement partie des solutions qui me semblent utiles à suivre, car il va falloir apprendre de plus en plus à compter sur l’autosuffisance et le local. On l’a bien vu durant cette pandémie, le système globalisé fait que l’on n’est plus maître de grand-chose, et qu’on est vite à court d’œuf, de farine, ou de toute denrée de base. Mais comme tout, je pense que cela ne peut suffire, et qu’il faut suivre plusieurs stratégies.

Alex: Attention avec la côte atlantique, plusieurs études sur le climat montrent que le Golstream tend à s’arrêter, donc d'ici peu de temps, le climat de cette zone risque d'être plus proche de NY (très chaud l'été et très froid l'hiver).
Je n’arrive pas trop à savoir ce qu’il va se passer, car j’ai aussi lu qu’il allait plutôt s’agir d’un relatif ralentissement que d’un arrêt, et que l’impact ne serait finalement pas aussi important que ce qu’on croit. On reste tout de même sur la côte ouest du continent et les courants devraient continuer à nous assurer un climat relativement tempéré.
Esty Estwald
Zaguien
Inscrit: 2007-10-04 05:10:55
2020-08-13 20:26:31
Bonjour,

Un article intéressant à lire sur l'Arctique :