Statistiques pour l'année 2015 des infections par le VIH et IST bactériennes

******* Allomat69
Zaguien
Inscrit: 2007-04-09 05:04:11
2016-11-29 22:23:45
Source invs.santepubliquefrance.fr :
 
 
Source vih.org :
 


Comme chaque année à l'occasion de la journée mondiale de lutte contre le Sida le 1er décembre, l'INVS maintenant Santé Publique France, publie les statistiques des nouvelles infections au VIH et autres IST de l'année précédente.

Extraits concernant les HSH (hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes) :


En 2015, environ 2 600 HSH ont découvert leur séropositivité VIH, représentant 43% de l'ensemble des découvertes. Leur nombre a augmenté jusqu'en 2012, puis s'est stabilisé. Ils sont nés à l'étranger pour 19% d'entre eux. La moitié des découvertes en 2015 chez des HSH étaient des diagnostics précoces (1), proportion stable depuis 2012. La proportion de découvertes au stade avancé (2) de l'infection est de 19% en 2015, sans diminution.

Entre 2003 et 2012, le nombre de découvertes de séropositivité VIH a presque triplé (x 2,7) chez les jeunes HSH de 15 à 24 ans, puis s'est stabilisé autour de 400 découvertes par an. Le nombre de découvertes a par contre augmenté chez les HSH de 50 ans et plus depuis 2011 (x 1,3), pour atteindre près de 400 découvertes en 2015.

Les IST bactériennes continuent à augmenter chez les HSH, en particulier les syphilis précoces (+56% entre 2013 et 2015), les infections à gonocoques (+100% sur la même période), et les LGV rectales (+47%). Plus de 80% des syphilis et près de 70% des infections à gonocoque diagnostiquées en 2015 dans les structures spécialisées7, ainsi que la quasi-totalité des LGV concernent les HSH.

Le niveau élevé de co-infections par le VIH chez les HSH présentant une LGV, une syphilis ou une gonococcie (respectivement 76%, 25% et 17% en 2015) reflète une utilisation insuffisante du préservatif chez les HSH séropositifs, observée dans les études comportementales depuis plusieurs années. Cela plaide en faveur de chaînes de transmission des IST, via des réseaux sexuels comportant des HSH séropositifs, d'où l'importance de dépistages réguliers (pour le patient et ses partenaires) et d'un traitement adapté.

Pour cette population, il est important de mobiliser l'ensemble des outils de prévention, dans une logique de prévention combinée : le préservatif, le dépistage régulier (du VIH, des autres IST, ou de l'hépatite C) en sachant recourir si besoin aux TROD ou aux autotests VIH, les antirétroviraux à titre prophylactique (PreP et TPE). Les antirétroviraux à visée thérapeutique (TASP) chez les personnes séropositives ont également pour effet de diminuer le risque de transmission du VIH en réduisant la réplication virale.

La non diminution du nombre de découvertes de séropositivité VIH chez les HSH, la stabilité des diagnostics à un stade avancé sur les dernières années, la progression des IST bactériennes et l'augmentation des pratiques à risque constituent un faisceau d'indicateurs forts montrant que la prévention dans cette population doit être poursuivie grâce à la promotion de l'ensemble des outils disponibles. C'est tout l'enjeu de la campagne actuelle de communication ciblée auprès des HSH.



Notes personnelles :
(1) dépistage précoce de routine ou en cas de prise de risque, ou suspicion de primo-infection ayant entrainé un dépistage
(2) dépistage tardif en cas de suspicion de premiers symptôme de Sida, compliquant les traitements
Piero Piero
Zaguien
Inscrit: 2012-12-23 10:12:52
2016-12-26 22:03:35
C'est utile de rappeler tout ça merci ! [...]
Tinargue Tinargue
Zaguien
Inscrit: 2008-10-28 12:10:30
2017-01-09 02:05:10
Intéressant en effet ! Toujours aussi triste de voir que les plus jeunes, autrement dit les plus informés, soit les plus infectés... Le décès des amis de leurs aînés auront au moins permis à ces derniers de prendre conscience du risque. Mais bon, où est le problème désormais, avec les nouveaux traitements, "on vit bien avec le VIH", alors "pourquoi se protéger" ?

Ce genre de discours risque de foisonner avec la PrEP qui d'après les stats n'est pas utilisée comme complément du préservatif mais bien comme capote chimique, pseudocapote perméable aux autres IST rappelons-le, et dont une telle utilisation pourrait à long terme mener à une situation bien pire qu'actuellement avec une PrEP inefficace et des tritérapies qui le sont tout autant face aux souches issues de cette pression de sélection...

Ah mais non, suis-je bête, on peut compter sur la bonne observance des traitements des souches résistantes et sur la responsabilité des gens
 
******* Allomat69
Zaguien
Inscrit: 2007-04-09 05:04:11
2017-01-10 23:17:49
Tinargue ,

Si depuis le début la prophylaxie avait été expliquée par ses promoteurs et les média (qui relaient les communiqués de presse) pour ce qu'elle est, qui n'est pas différent des autres prophylaxies médicamenteuses, c'est-à-dire qui n'exclue pas les protections recommandées pour tout le monde, et y ajoute une protection médicamenteuse pour les gens se retrouvant dans des situations à haut risque d'infection, cela aurait eu au moins le mérite d'être clair.

Cela aurait eu aussi le mérite d'être compatible avec la protection des plus jeunes, pour qui il n'existe que les protections de tout le monde,. Lesquelles protections nécessitent un apprentissage, et des habitudes, dans un environnement où souvent les gens ne se connaissent pas assez pour pouvoir se faire confiance et avoir une protection à géométrie variable.

Ces recommandations n'auraient pas nécessairement été scrupuleusement suivies, mais elles auraient eu le mérite d'être claire pour les gens, d'être conformes avec les recommandations françaises, européennes et nord américaines, et aussi d'orienter prioritairement vers une prophylaxie les gens qui le nécessiteraient rapidement, et il a urgence.

Bon cela semble s'améliorer sur les sites d'information, et notamment depuis que fin 2016 Santé Publique France a ouvert un site d'information (sexosafe.fr) et lancé une campagne d'information pour l'instant limitée aux gays. Et puis on peut supposer que lorsque les demandeurs obtiennent un rendez-vous dans une consultation de la PrEP, les médecins prescripteurs rappellent que la prophylaxie accompagne le « safersexe » tel que le préservatif.
Mais pas évident que cela soit déjà clair pour tout le monde.

Il se développera inévitablement des résistance, et autant que je sache ça commence déjà, 2 de d'infections sous Truvada correctement pris ont été décrits. D'où la nécessité d'autoriser d'autres médocs, c'est toujours un peu ainsi avec les prophylaxies la plus connue étant celle du paludisme.


En attendant avec la PrEP on traite l'urgence, et il y a réellement urgence. Et on espère bien que l'effet à court terme de la PrEP sur les nouvelles infections sera supérieur celui de la TasP et le TPE, qui ne parviennent qu'à stopper l'accélération et stabiliser la progression de l'épidémie .

Par contre je suis d'accord avec toi, ne plus former les jeunes au safersexe classique style préservatif pourrait plus ou moins compenser sur le moyen ou long terme l'effet des médocs sur l'épidémie. Je ne crois pas du tout à une victoire mondiale sur le VIH en l'absence de vaccin.

Qui vivra verra ^^
Tinargue Tinargue
Zaguien
Inscrit: 2008-10-28 12:10:30
2017-01-11 15:33:40
allomat69:Il se développera inévitablement des résistance, et autant que je sache ça commence déjà, 2 de d'infections sous Truvada correctement pris ont été décrits.

1 cas en France, mais plusieurs lors des essais cliniques aux USA il me semble...

allomat69:En attendant avec la PrEP on traite l'urgence, et il y a réellement urgence. Et on espère bien que l'effet à court terme de la PrEP sur les nouvelles infections sera supérieur celui de la TasP et le TPE, qui ne parviennent qu'à stopper l'accélération et stabiliser la progression de l'épidémie .

Oui bien sûr, et en ça la PrEP est efficace. Néanmoins à terme, si un vaccin n'est pas rapidement trouvé, la mauvaise utilisation de la PrEP va conduire à la sélection et la dissémination de souches résistantes (normalement rares donc) contre lesquelles les trithérapies actuelles se casseront les dents. On risque alors bien plus grave que la crise actuelle, si bien qu'on peut se poser la question de l'autorisation de prescription d'un médicament pareil, non ?