Petite tranche de vie d'un jeune de 18 ans

Ane-o-nyme Ane-o-nyme
Zaguien
Inscrit: 2016-08-27 12:08:21
2016-08-27 02:39:54
Je suis un jeune mec sans histoires, sans problèmes, jusqu'à aujourd'hui. Hier ma vie a basculé.
Si je partage mon histoire avec vous ce soir, c'est que je me sens mal et que je ne sais pas comment ni avec qui en parler.

Petit retour en arrière, fin juin, confiant au sujet du bac que je viens de passer je pars en vacances avec mes parents et ma grand mère dans le Var (83) à Cap Esterel. Un peu de repos bien mérité.
Après quelques jours passés à lézarder au bord de la piscine et sur la plage, l'idée m'est venue de faire un tour sur mon smartphone afin de voir si je pourrai éventuellement rencontrer un mec durant ce temps libre.
C'est là que je vois un mec, assez mignon. Je ne lui écris pas, c'est lui qui me recontacte et qui me propose une rencontre le soir même. J'accepte avec plaisir. Il me propose d'aller boire un verre dans un barre de la résidence où je me trouve être.
C'est pas une soirée extraordinaire. Juste un verre.

Nous somme le soir du Jeudi 7 juillet 2016, le soir où tout va basculer (sauf que je ne le savais pas encore).
Le verre, rien à en dire, X. est mignon, gentil, sympathique même… Il m'invite a terminer la soirée dans son appartement, j'accepte.
Nous avons bu encore un verre, un coca pour moi, un pastis pour lui et on finit par s'embrasser. Et arrive ce qui arrive, on finit par coucher ensembles.
Je remarque sur son ventre une tache bleue noire un peu bizarre, je lui demande ce que c'est. Un bleu me dit-il…
Ça me semblait un peu étrange pour un bleu, peu importe je continue.
J'étais passif… et a la fin de la partie sexuelle, en se retirant il me dit que la capote a craqué. J'ai senti la panique monter, un air de malaise extrême. Il me rassure doucement en me murmurant a l'oreille que je n'ai pas à m'inquiéter et qu'il est "clean". Cela m'a rassuré sur le moment. Je dis bien sur le moment, car la nuit je n'ai pas réussi a fermer l'oeil.

Le lendemain, Vendredi 8 juillet 2016, veille de retour à la maison, je suis assez mal, X. ne daigne pas répondre à mes messages. Bon après je relativise, on a baisé, pas la peine de m'en inquiéter plus que cela.

Ensuite rien à signaler jusqu'au weekend suivant. Ma vie se déroule normalement, il fait froid.

Week-end du 18 juillet 2016, je pars avec des amis à un festival de musique électronique aux Pays-Bas. Super musique, super festival, j'ai vraiment apprécié si ce n'est que je suis malade. Je suis grippé et barbouillé, je vomis même parfois, alors que je n'ai rien bu ou consommé. Ça ressemblait vraiment à une grippe qu'on a l'hiver. Les sensations de froid, les courbatures, la fièvre… Je suis mal, et je repense à X., je me dis que c'est un peu bizarre. Je ne m'en inquiète pas plus que ça.

Au retour chez moi, j'en discute avec une amie… je lui parle de la grippe, de mon plan avec X. en vacances. Elle me suggère de tout de même faire un dépistage. Nous sommes en ville je passe au centre de dépistage. L'infirmière qui le gère est vraiment très sympathique et me dit que je dois attendre 6 semaines après le rapport à risque pour que le test soit fiable. Soit… j'attendrai alors !

Vendredi 19 Août, je retourne au centre de dépistage CIDDIST avec mon amie encore une fois, je fais les dépistages, la totale : VIH, VHC, VHB, Chlamydia, Syphilis, Gonorhée, etc…
La prise de sang, le petit pipi dans le pot, etc…
L'infirmière me dit de repasser à partir du 24 ou du 25 Août pour récupérer mon bilan, et de ne pas m'inquiéter…

Mercredi 24 Août, me voilà à la consultation… l'infirmière me reçoit et prend mon numéro d'anonymat. Son visage se raidit et je me dis qu'il y a quelque chose…

Elle me dit qu'elle me prend rendez-vous avec un médecin de l'hôpital, car les résultats ne peuvent être que donné par ce médecin. C'est pris, pour le lendemain, Jeudi.

Jeudi 26 Août, 16h, je suis dans la salle d'attente du médecin à l'hôpital, j'ai les mains moites, le coeur qui bat trop fort, je me sens mal, je transpire, j'ai la gorge nouée…
Le médecin a une heure de retard… il arrive appelle mon numéro d'anonymat.

"Bonjour, je suis le Dr Z. voilà monsieur, je n'ai pas le temps, vous êtes séropositif au VIH, et vous êtes également positif à la Syphilis. Vous avez des questions ? …"
Je suis dévasté, je suis dans cette situation un peu irréelle. Je ne réalise pas tout à fait la situation… les larmes me montent et je me sens mal.
"… Voilà, monsieur, une ordonnance pour une injection d'antibiotiques contre la syphilis, à faire à domicile par une infirmière. Il faut aussi que vous vous rendiez à tel hôpital pour prendre votre VIH en charge. Bonne fin de journée, fermez la porte en sortant."

Je sors de l'hôpital, je grimpe dans ma voiture mais je pleure tellement que je ne peux pas prendre la route… je suis dévasté, anéanti, mes rêves, mes espoirs, mon désir de vie, tout a disparu d'un coup.

Je ne laisse rien transparaitre en public, mes parents ne doivent rien savoir… je ne l'ai dit à personne, sinon sur internet à des inconnus.
Ane-o-nyme Ane-o-nyme
Zaguien
Inscrit: 2016-08-27 12:08:21
2016-08-27 02:40:47
J'ai reposté, le premier n'est pas passé
******* Allomat69
Zaguien
Inscrit: 2007-04-09 05:04:11
2016-08-27 06:20:28
Le problème lorsqu'on lit une histoire anonyme qui cumule les situations limite abusives, c'est qu'on hésite entre le soutient d'urgence, l'indignation, l'incrédulité, et la méfiance.

Car tu peux être aussi bien un vrai mec de 18 ans encore un peu vulnérable et qui a vraiment besoin d'aide, un mytho qui vient de voir le film Théo et Hugo, ou un provocateur rompu aux débats sur la prévention.

Tu décris avec précision l'histoire d'un tout jeune conducteur qui fait un plan avec un mec porteur du VIH depuis probablement au moins 5 a 10 ans et déjà au stade Sida, présentant un symptome de cancer Kaposis de la peau, et malgré tout en pleine forme physique apparemment, qui lui a certifié etre clean, et a craqué une capote. Le jeune s'inquiète mais n'envisage pas d'aller aux urgences dans les 48 heures demander un traitement d'urgence (TPE). Le stade Sida du mec entrainant une augmentation sigificative de sa charge virale, et s'agissant d'une relation anale réceptive défavorable, le jeune fait rapidement un symptome de primo-infection, qu'une amie à qui il raconte son histoire reconnait, et le conduit à faire un dépistage, révélant comme souvent une infection à de multiples IST outre le VIH.
Et là commence un parcours hospitalier difficile avec soutient psychologique minimaliste tel qu'il peut en exister au mois d'aout quand tout le monde est en congé...

Dans ton histoire la bonne nouvelle est qu'un dépistage très précoce tel que celui-ci conduit à une mise rapide sous traitement antiretroviral journalier, très favorable à la maitrise du virus, et permettant une vie quasiment normale.

Et notamment une forte probabilité que le traitement rendra rapidement le virus indétectable dans ton sang, et en principe non infectieux pour les autres (perso je conseille de ne pas abandonner pour autant la capote, à cause des autre IST, et pour ne pas entrainer de dilème sur la question d'etre clean ou pas).

Mais bien sur avec la contrainte de devoir revoir périodiquement le médecin infectiologue, actuellement à vie, pour faire des analyses de controle, et avoir l'ordonance permettant d'aller chercher les médocs en pharmacie.

Voilà ce que je peux en dire à ce stade, ce qui me semble plutot rassurant.

Après cela pose des tas d'autres questions sur la prévention d'une telle situation pour qu'elle n'arrive pas à d'autres jeunes. Comme c'est peut-etre aussi la finalité de ton topic, qui ne manquera pas d'attirer les habitués des débats houleux sur la prévention, je me limite pour l'instant à ces mots.
 
Inky Inky
Zaguien
Inscrit: 2010-12-29 04:12:39
2016-08-27 15:30:45
allomat69, ce n'est pas un compte fake. Tu peux ranger ta méfiance dans ta poche.
******* Allomat69
Zaguien
Inscrit: 2007-04-09 05:04:11
2016-08-27 18:46:22
S'il savère que ce n'est pas une provocation ou un mytho, ce qui est possible car les accidents ont de l'imagination comme on dit, son histoire revet deux aspects.

Le premier est que le prévention combinée atteint son objectif de maintenir les gens en vie, et que lorsque le filet du préservatif cède, et que celui du traitement d'urgence cède, celui du dépistage précoce peut encore prendre le relai, avant un dépistage tardif synonyme de complications.

Le second rappelle que les très jeunes, ados et jeunes adultes, sont vulnérables à des comportements abusifs, ont du mal à gérer les IST sérieuses, et que cette vulnérabilité n'est généralement pas compensée par une attention spécifique de la part des pouvoirs publics et des assoces de prévention LGBT.
Pour dire simple ils sont ignorés par leurs ainés sauf oppmortunité de, comment dit-on, les baiser oui.
C'est ce style de dérives qui conduisent à des situations incontrolables, comment dit-on, à l'africaine oui.

J'avais l'intention de refaire un point à la rentrée sur la prévention des IST, en premier lieu du VIH.

La seule question qui me démange depuis longtemps, est de décider si on privilégie comme d'habitude la confiance dans le dépistage, qui poursuit comme rappelé plus haut l'objectif de rester en vie, ou s'il ne serait approprié de faire une opération vérité sur l'état de sétopositivité, c'est-a-dire une synthèse des souffrances multiples que les séropositifs expriment sur les forums spécialisés. En d'autres termes faire ou pas comme sur les paquets de cigarettes, alors que personne ne semble s'en inquiéter, à part une prévention qui s'était aventurée à communiquer sur le thème "avec le sida la vie est plus compliquée". Bel euphémisme pour la séropositivité, et quasiment mensongé pour un Sida déclaré.

Mais bon dans l'urgence d'un topic il convient de rassurer les gens, la vie meme plus compliquée reste la vie, c'est-a-dire le contraire de la mort, et de ce que la plupart des gens ont oublié, comment dit-on, "une longue maladie", oui, euphémisme pour dire qu'un Sida non soigné est un fin attroce qui dure des années, dont on peut juste espérer atténuer la souffrance physique.

Mais encore une fois dans le contexte de ce topic, les médecins sont unanimes pour dire qu'un dépistage et traitement précoce prévient bien la description lucide que je viens de faire. Et corrélativement un dépistage tardif moins bien.

On peut aussi décider que "le VIH ne passera pas par moi", ce qui est actuellement équivalent à dire "qu'il ne s'installera pas en moi", et on a actuellement tous les outils et connaissance des comportements souhaitables pour atteindre cet objectif, au bémol de devoir compenser la vulnérabilité des plus jeunes (du fait de leur naiveté, inexpérience, crédulité, amour propre, isolement, dépendance, libido toute neuve, sentimentalité, etc, et j'en oublie certainement).

Bref, va falloir qu'on remonte les manches pour refaire de la prévention sur Zag. Et rien n'indique que cela soit nécessairement de ma responsabilité, meme si je ne la fuirai pas, privilège de l'âge oblige ^
Ane-o-nyme Ane-o-nyme
Zaguien
Inscrit: 2016-08-27 12:08:21
2016-08-27 19:16:32
Je reviens vers vous, pour répondre. Alors oui j'aurai pu effectivement prendre un traitement. Encore aurait-il fallu que je puisse. J'étais en résidence de vacances avec mes parents, je n'avais pas de moyen de locomotion, je ne savais pas où aller. Alors c'est bien beau de balancer des vérités du genre, mais au final ça ne me fera pas virer le VIH. Si j'ai partagé mon histoire en anonyme ici, c'est pour montrer que les risques existent. Je me suis fait avoir, oui ... c'est le cas de le dire. J'ai été con de croire un imbécile.

Apres si j'ai parlé de sa tache sur le ventre, c'est parce que je me suis rendu compte il y a deux jours sur le net qu'il s'agissait d'une manifestation de sida déclaré. Désolé mais c'est nouveau pour moi.

Je n'ai envie de blâmer personne, mais au final on n'est pas si bien informé que ça. Je veux dire, dans le lycée catholique ou j'ai été, je n'ai pas eu une seule once de prévention. Pas une seule fois on m'a parlé des signes qui ne pardonnent pas. Alors oui j'aurai pu me renseigner moi-même. C'est vrai. Mais même au delà de l'information qu'on trouve sur le net, je me suis protégé, mais je me suis fait avoir quand même.

Les conseils sur la prise de traitement et autre, désolé mais ça ne prend pas sur moi. Il est trop tard, j'ai merdé et je le sais. Maintenant il me reste plus qu'à pleurer.
Ane-o-nyme Ane-o-nyme
Zaguien
Inscrit: 2016-08-27 12:08:21
2016-08-27 19:18:17
Maintenant si vous le permettez, je pense que je vais continuer a relater ce qui va m'arriver... décrire la prise en charge, si ça peut en aider certains.
******* Allomat69
Zaguien
Inscrit: 2007-04-09 05:04:11
2016-08-27 19:50:35
"Alors oui j'aurai pu effectivement prendre un traitement. Encore aurait-il fallu que je puisse. J'étais en résidence de vacances avec mes parents, je n'avais pas de moyen de locomotion, je ne savais pas où aller. Alors c'est bien beau de balancer des vérités du genre, mais au final ça ne me fera pas virer le VIH. Si j'ai partagé mon histoire en anonyme ici, c'est pour montrer que les risques existent. Je me suis fait avoir, oui ... c'est le cas de le dire. J'ai été con de croire un imbécile."

C'est ce qu'on appelle une situation de vulnérabilité.

Pour faire un parallèle, c'est le sentiment que tu aurais en voyant un bien plus jeune que toi, disons un enfant, qui se retrouve trop près d'un danger. Tu aurais le sentiment qu'il est en situation de vulnérabilité, il aurait le sentiment d'avoir été trop bête.

Le victimiser ne serait pas nécessairement la meilleure solution, peut-etre meme serait-il bénéfique de valider son sentiment d'avoir été trop con et meme l'engueuler, mais la réalité est qu'il n'aurait pas du se retrouver dans une situation qu'il serait dans l'incapacité de gérer.

Et donc de rechercher conjointivement des responsabilités ailleurs, ou à minima une prévention d'une telle situation ailleurs.

Et si te rassurer sur la maitrise qu'ont les médecins des infections VIH dépistées précocement n'est pas suffisant, peut-etre que ne plus culpabiliser, diriger ta colère contre les mecs imprudents, contre les IST, et te fixer pour objectif de prendre au mieux ton traitement pour etre au plus vite pas ou peu infectant pour les autres, t'aiderait énormément.

En tout cas ton témoignage est d'une grande valeur préventive pour tous, et des la rentrée on va refaire de la prévention des IST, où ton témoignage va beaucoup aider.

En attendant le mois d'aout n'est pas trop favorable au soutient psychologique car tout le monde ou presque est en congés.
Il faudrait tout de meme que tu recontactes le service de l'hosto pour leur dire que tu te sens mal, et que tu as besoin de soutient psychologique. Ou bien le CEGIDD, voire les deux, et que tu nous tiennes informé...
Wolfgangbang Wolfgangbang
Zaguien
Inscrit: 2014-10-26 05:10:20
2016-08-27 20:21:01
"j'ai merdé" je pense pas. Je me dis que dans ta situation j'aurais pas fait mieux, et la majorité des jeunes de ton âge pareil. Courage et relativise (dans la mesure du possible, 18 ans c'est trop jeune pour avoir les nerfs solides), ça va aller.
🦦 Phylos
Zaguien
Inscrit: 2004-01-06 12:01:00
2016-08-27 20:58:30
Wolfgangbang:"j'ai merdé" je pense pas. Je me dis que dans ta situation j'aurais pas fait mieux, et la majorité des jeunes de ton âge pareil. Courage et relativise (dans la mesure du possible, 18 ans c'est trop jeune pour avoir les nerfs solides), ça va aller.


Ce sera peut-être le seul post de ma vie où je serai d'accord avec toi.

Une relation entre un jeune tout juste majeur et un bien plus vieux impose bien plus de responsabilités pour le plus vieux. C'est à lui d'être doublement vigilant et de savoir ce qu'il faut faire, au cas où l'autre ne le sache pas encore. Et lorsqu'il n'assume pas ce rôle, cela (peut) créé(r) des drames
Ane-o-nyme Ane-o-nyme
Zaguien
Inscrit: 2016-08-27 12:08:21
2016-08-28 00:04:01
Merci de votre soutien
Anonyme
2016-08-28 02:48:07
Dis-toi aussi que meme si la medecine a l air de pas avancer vite, elle avance quand meme. D'ici 20-30 ans, on aura peut-etre, ou surement un traitement pour geurir du VIH/SIDA, ou juste vivre longtemps avec.
Wolfgangbang Wolfgangbang
Zaguien
Inscrit: 2014-10-26 05:10:20
2016-08-28 02:53:31
un traitement pour vivre longtemps avec on a déjà, depuis 25 ans même
Anonyme
2016-08-28 03:01:25
Wolfgangbang:un traitement pour vivre longtemps avec on a déjà, depuis 25 ans même

Jusqu'a 80 ans ?
Wolfgangbang Wolfgangbang
Zaguien
Inscrit: 2014-10-26 05:10:20
2016-08-28 03:33:34
même espérance de vie pour les séropositifs en france que pour les séronégatifs
Anonyme
2016-08-28 03:36:00
Wolfgangbang:même espérance de vie pour les séropositifs en france que pour les séronégatifs

Cool alors.
Ane-o-nyme Ane-o-nyme
Zaguien
Inscrit: 2016-08-27 12:08:21
2016-08-28 05:36:17
merci
Anonyme
2016-08-28 09:30:41
Ce qui t'arrive est terrible mais il faut garder la tête haute, même si c'est plus facile à dire qu'à faire.

Il n'y a pas longtemps, j'ai vécu une histoire similaire à la tienne.. des journées entières de tourmentes interminables à cause d'un mec, mais surtout de moi-même. Au final, mes résultats étaient négatifs mais j'ai retenu la leçon !

T'es séropositif, ça ne se guérit pas encore mais tu peux toujours vivre très longtemps, d'autres n'ont pas cette chance, pense-y.

Tu es encore jeune, sourit à la vie !
******* Allomat69
Zaguien
Inscrit: 2007-04-09 05:04:11
2016-08-28 11:36:19
Il est assez probable qu'on trouvera à terme des méthodes pour déloger le virus des réservoirs où il se cache.

En attendant il vaut mieux parler d'espérance de vie comparable si les séropositifs suivent bien leur traitement, actuellement journalier à heure fixe mais qui devrait etre allégé bientot, été dépistés suffisamment tot, et ont une bonne hygiene de vie.
La réalité est moins rose pour les gens qui atteingnent actuellement la troisième partie de leur vie, qui subissent un vieillissement accéléré, et sont sur-exposés à d'autres maladies graves qui ne sont pas les maladies opportunistes puisqu'ils sont sous antiretroviral.
D'ou les interrogations que je soulevais dans un post précédent.


Le médecin virologue pourra certainement déteminer s'il s'agit d'une infection tres récente, telle que rapportée. Car ce n'est pas non plus complétement garanti, on ne se balade probablement pas avec un cancer Kaposis meme inaugural du Sida comme si on avait un bleu au ventre (ce qui contribuait à mes doutes du début), développer un symptome de primo-infection au VIH en 10 jours apparait etre en-dessous de la moyenne, quoique possible, et se faire infecter sur un seul claquage de capote est possible surtout en étant passif, mais en terme de probabilité le virus gagne plus facilement si on joue souvent au loto comme on dit. Cela contribue à la surexposition des plans.

Mais ce n'est pas la seule contribution à l'exposition des plans, la transmission sur des cycles courts où les gens sont au moins 10 fois plus infectieux que la moyenne aussi, et la mutiplication des sources d'infection de même, à fortiori dans des régions à fortes prévalence d'IST comme IDF ou PACA (le cas du Var), certains DOM, ou ville comme Bangkok dont on a parlé recemment sur Zag.

Je voudrais revenir sur un point, le fameux "t'inquiète je suis clean", qui a le don de m'agacer parce qu'il devient tres à la mode, y compris chez des gens sensés avoir tout compris des principes de prévention des risques.
En effet, je suis clean, dépisté, tasp, prep, mon oncle porte la calotte, ou ma tante est la reine d'Angleterre, présentent à peu près le meme niveau de sécurité avec quelqu'un qu'on ne connait pas personnellement, et encore même dans ce cas on peut se faire avoir par excès de confiance.

Mais pas que, car si à 15-25 ans il est difficile de pouvoir faire confiance à quelqu'un alors qu'on tombe facilement amoureux, il est indispensable que les 15-20 ans aient au moins le meme niveau de protection que les 20-25 ans, alors qu'il n'ont pas exactement la meme vulnérabilité comme on en a discuté sur les posts précédents, mais surtout la prévention obnubilée par les molécules est actuellement tentée de s'orienter vers une prévention à la carte, où les plus agés pourraient faire ce que bon leur semble. En gros, "le plus jeune démerde-toi, je te convaincs de baiser sans capote parce que suis sous tasp ou prep et j'ai de bonnes raisons de penser que je risque moins que toi".

C'est la raison pour laquelle perso je cède pas un pouce sur la protection par la capote.
Il ne faut pas confondre lutte pour l'égalité des séropositifs et séronégatif et contre l'exclusion, ce que nous permettent les molécules actuelles dans un pays riche comme la France, et relachement de la vigilence.

Mais bon on va essayer de faire une synthèse de toutes ces difficultés à la rentrée.

Tu as rendez-vous quand chez le virologue ?
(Pardonne moi pour ce pavé)
Certes Certes
Zaguien
Inscrit: 2008-08-27 10:08:04
2016-08-30 03:56:43
As-tu reparlé avec X depuis ?
Kingbi Kingbi
Zaguien
Inscrit: 2014-06-20 01:06:11
2016-08-30 17:02:01
Je suis désolé pour toi
Anonyme
2016-09-01 13:36:42
J'ai eu les larmes au yeux pour toi

Je sais pas quoi dire car je suis pas le meilleur pour parler de ça du coup je vais laisser les plus grands t'aider
Ane-o-nyme Ane-o-nyme
Zaguien
Inscrit: 2016-08-27 12:08:21
2016-09-01 19:30:16
(Merci à tous pour vos messages ... non je n'ai jamais plus eu de nouvelle de X. )

Salut à toutes et tous, je reviens vers vous. J'ai eu mon rdv aujourd'hui à l'hôpital. Je vais donc vous raconter ma petite journée.
Si je raconte mon parcours c'est peut-être un petit peu pour que chacun voit le cheminement de la chose et que si un jour il devait se retrouver dans ma situation il sache en gros à quoi s'attendre.

Tout d'abord je me suis rendu en début d'après midi au laboratoire de l'hôpital pour une prise de sang. Et là, choc, plus aucune forme d'anonymat. Mon nom est demandé, carte vitale etc etc… On me demande finalement de passer en radiologie pour une radio des poumons et ensuite de repasser le soir à 17h pour mon rdv avec l'infectiologue qui me recevra.



16h50, je suis dans le service, c'est assez sympathique (ironie). L'ambiance n'est pas austère du tout. Je suis passé devant une secrétaire accueillante mais professionnelle. Remplissage de papiers, carte vitale etc. Elle me fait remplir un formulaire pour l'ALD (Affection longue durée - protocole de soin).
Cela a tendance à m'inquiéter légèrement car j'ai peur de recevoir des papiers concernant cette ALD. Elle me confirme que non et que je peux indiquer une boite postale (drôle d'idée) ou une autre adresse de confiance. Je choisis finalement l'adresse de la personne qui m'accompagne.
Je retourne en salle d'attente. Beaucoup de poster de prévention, des dépliants etc, des cartes de visites de psychologues pour me permettre éventuellement d'entamer un suivi.



17h05 (au moins plus ponctuel que le médecin qui m'a annoncé ma séropositivité), je suis reçu par le médecin. Alors non ce n'est pas un infectiologue, ni un virologue (il n'y a Allomat, pour ton information aucun virologue dans le service), mais un médecin généraliste affecté au service de consultation VIH. Il me reçoit, il est vraiment à l'écoute et aidant, me rassure et me dit que je n'ai commis aucune faute sinon de ne pas « avoir su quoi faire à ce moment-là » pour reprendre ses propres mots. Il m'a expliqué qu'il n'y a pas de manière type de faire et que la prévention en France est malheureusement catastrophique, surtout auprès des jeunes populations.

Le médecin aborde ensuite l'analyse de mes résultats biologiques sanguins. Malheureusement pour moi ma charge virale est assez élevée, le médecin soupçonne donc bel et bien une contamination volontaire par un malade non soigné. Il m'annonce cependant que la souche de VIH que j'ai en moi n'est pas trop résistante et que les traitements actuels feront l'affaire. Il m'assure également que tout sera pris en charge par l'ALD et que le traitement ne me coutera rien (je le savais déjà mais bon, ça faisait partie de son petit discours).

Il m'explique ensuite sommairement le fonctionnement du système immunitaire de l'Homme, ainsi que les spécificités liées au VIH (je vais essayer de retranscrire ça ici, je ne suis plus trop sûr de tout, je vais essayer de ne pas vous raconter de conneries, au pire je compléterai plus tard).

Le système immunitaire, donc, est composé de plusieurs agents qui font en sorte de défendre le corps des agresseurs. Ce qui permet de reconnaitre la présence d'un étranger dans le sang ce sont les anticorps, ils sont présents et restent dans le corps pour une durée plus ou moins longue selon le type d'étranger. Ils sont en quelque sorte la mémoire des maladies, et permettent en gros de cibler l'action des autres agents du système pour défendre le corps (la présence de ces anticorps dans le sang permet donc de détecter la présence ou non du VIH bien avant la présence du virus lui même - si j'ai bien tout compris). Il y a ensuite d'autres agents qu'on appelle les lymphocytes, qui sont les soldats à proprement parler du système immunitaire. Ils sont la pour déclarer la guerre aux intrus.
Voilà pour le petit cours.

Il m'explique ensuite sommairement que le VIH a pour rôle de s'attaquer à un certain type de lymphocytes, les lymphocytes T4 (mais dans le jargon on dit CD-4), mais également aux lymphocytes T8 (CD-8). Il m'explique ainsi que ce sont les 2 marqueurs les plus important dans le suivi de l'évolution de l'infection au VIH. C'est ce qui permet de dire à quel stade on se trouve. J'ai ainsi appris qu'en l'absence de VIH le taux normal de CD-4 s'établit au delà de 500 unités / ml de sang. En dessous de 350 unités de CD4 par ml, il est impératif de suivre un traitement, en dessous de 150 unités on est considéré en stade SIDA (syndrome d'immuno-déficience acquise) et en l'absence de traitement adapté, le corps se verra attaqué par de nombreuses maladies opportunistes pouvant entrainer la mort.



Voilà pour la partie explicative. On en arrive à parler de mes résultats sanguins une nouvelle fois, et le médecin m'informe que mon taux de CD-4 est moyen (535 /ml de sang) et que ça peut montrer une installation rapide du virus dans mon organisme et que ma charge virale est de 14000 copies / ml de sang (ce qui est pas mal déjà compte tenu du fait que l'infection est récente), il préconise donc une mise immédiate sous traitement. Le mot est lâché … le traitement.

Nous parlons ainsi du traitement, il me donne pour commencer (compte tenu de mes antécédents médicaux) un médicament appelé Truvada. Il m'explique que c'est un médicament qui a fait ses preuves dans la prise en charge du VIH. Finalement il m'explique qu'il me donne également 2 autres médicaments juste pour commencer il s'agit du Prezista et du Norvir. Il m'explique que l'un des deux (je ne sais plus lequel) va servir de booster dans le traitement et permettra de faire descendre très rapidement ma charge virale.
Il m'explique ensuite que le but du traitement est de m'amener tout d'abord à une charge virale indétectable dans le sang (c'est à dire en dessous de 40 copies / ml de sang), mais aussi de faire remonter le taux de CD-4 (en effet moins il y a de copies de virus dans le sang plus le taux de CD-4 remonte.

Il me fait une ordonnance pour 2 mois de traitement à commencer le plus tôt possible et à ne pas manquer sous aucun prétexte. Le traitement doit être pris à heures fixes, en mangeant un minimum. Il me dit également de ne pas me focaliser sur les effets secondaires qu'il y en aura sans doute, et que généralement ils disparaissent au bout de quelques semaines tout au plus.

Il me dit qu'en cas de moindre doute, je dois poser toutes mes questions ou éventuellement rappeler le service. Il me conseille de me rapprocher d'une structure de type Aides si jamais j'avais besoin d'aide ou de soutien psychologique.

Je lui ai également posé la question de mon devenir. J'ai en effet prévu de rentrer dans une formation para-médicale en février prochain et il m'assure que rien ne pourra m'en empêcher et que d'ici-là je serai déjà surement indétectable et donc sans danger pour les autres en cas d'accident.


Me voilà un peu plus rassuré.


J'ai pu finalement avec mon ordonnance passer à la pharmacie de l'hôpital pour récupérer mon traitement… on m'a expliqué que je ne devais en aucun cas consommer de pamplemousse ni de prendre de crème contenant du millepertuis (plante contre indiquée). Voilà tout ce que je sais pour l'instant.

Je ne pense pas commencer le traitement aujourd'hui, je ne suis pas prêt. Il faut que je trouve la force de continuer, y'a trop d'infos, trop de tout pour l'instant !


Bonne soirée à toutes et tous…
PS : Allomat pitié pas de pavé…
******* Allomat69
Zaguien
Inscrit: 2007-04-09 05:04:11
2016-09-03 07:25:14
"Je ne pense pas commencer le traitement aujourd'hui, je ne suis pas prêt. Il faut que je trouve la force de continuer, y'a trop d'infos, trop de tout pour l'instant !
Bonne soirée à toutes et tous…
PS : Allomat pitié pas de pavé…"


La précision de ton témoignage est émouvante et éprouvante (édité).

Je partage tristement l'avis de ce médecin (sur la situation catastrophique de la prévention en France).
Faudra sans doute qu'on reparle des aspects présomption de contamination volontaire, autonomie des jeunes pour la prévention des IST, et plus généralement stratégie de prévention chez les jeunes.

Mais la priorité est en effet ailleurs.
La mise immédiate sous traitement a non seulement les bénéfices à moyen terme qu'il t'a expliqué, mais les connaissances actuelles établissent que plus le traitement est commencé tôt, mieux l'infection est maitrisée dans sa globalité.

Il serait donc souhaitable que tu inities ton traitement sans trop te poser de questions.

Encore merci pour ton témoignage très utile, j'espère m'être amélioré à tes yeux :-)
Ane-o-nyme Ane-o-nyme
Zaguien
Inscrit: 2016-08-27 12:08:21
2016-09-03 21:19:19
Finalement j'ai commencé mon traitement, ça me rend assez malade ... soucis digestifs etc ... douleurs au foie, mais apparemment c'est normal !
Pandaren Pandaren
Zaguien
Inscrit: 2012-04-23 12:04:00
2016-09-05 00:25:14
Pour le monsieur X il n'y a que la castration chimique parce ce qu'il a fait est criminel.
Ane-o-nyme Ane-o-nyme
Zaguien
Inscrit: 2016-08-27 12:08:21
2016-09-08 22:00:50
Bonsoir à tous,

Après avoir un peu réfléchi à tout ce qui m'est arrivé, et fait quelques recherches, j'ai trouvé une info "intéressante" ...

La pratique de contaminer qq1 volontairement malgré la présence du préservatif est assez courante et constitue pour beaucoup un fantasme. J'ai trouvé le nom de cette pratique : le Stealthing.
C'est un mot-valise composé de Steal (to steal = voler) et health (la santé). C'est un fantasme assez répandu sur les sites spécialisé, suffit de se rendre sur les sites de videos pour trouver bon nombre de criminels se vantant d'infecter leurs victimes. C'est effarant !

Cette pratique tend à se répandre dans le monde du sexe. Il y a plusieurs manières de procéder ainsi :
- Percer le préservatif avant rapport (notamment encore dans l'emballage, dans le feu de l'action on ne remarque rien...
- Enfiler le préservatif avant le rapport et l'enlever avant l'orgasme
- Couper le réservoir du préservatif pendant le rapport ou avant celui-ci.

Dans le cas du percement du préservatif ou dans le cas de le dégrader, la personne "passive" ne remarquera rien avant la fin du rapport.

Recherchez sur le net, vous trouverez pas mal de définitions et surtout d'histoire en rapport avec la dégradation du préservatif.

---


Pour ma part je vais "bien" en quelque sorte.. j'ai encore pas mal d'effets secondaires, mais la prise du traitement se poursuit sans trop de désagréments (désagréments sérieux, on va dire).
Je suis juste assez déprimé au final...
Bonne soirée
******* Allomat69
Zaguien
Inscrit: 2007-04-09 05:04:11
2016-09-09 08:56:17
Une façon de retrouver le moral quand on a subit une injustice est de se battre.
Au moins pour toi, car l'autre risque de ne pas aller bien loin avec son Kaposis...

Selon la jurisprudence actuelle en France, le virus du sida constitue une substance nuisible de nature à provoquer un dommage corporel et moral.

Article 222-9: « Les violences ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente sont punies de dix ans d'emprisonnement et de 150000 euros d'amende ».
Il faut un lien de causalité direct et certain, la connaissance du caractère nuisible du VIH par la personne infectée et infectante, et une volonté de porter atteinte.

Perso j'estime que si dans le cas général les relations se décident à deux, et ils en gèrent les conséquences ensemble s'ils sont en couple ou séparément s'ils ont fait un plan sans lendemain, il existe de trop nombreux cas où la victime est vulnérable, et les responsabilités ne sont pas symétriques.
Et de plus que mutilation ou infirmité permanente est un doux euphémisme, car une personne mutilées ne doit en général pas sa survie à l'accès comme pour le VIH à un médicament tellement coûteux que le monde entier se mobilise pour tenter de le payer aux gens qui n'y ont pas accès.
(édité)

Même si je comprends que cela puisse te gêner, j'ai écrit que les faits montrent qu'à ton âge on est handicapé par un manque d'expérience, d'autonomie, et par la clandestinité des jeunes gays qui n'ont pas fait leur CO, qui les met en situation de vulnérabilité par rapport aux possibilités ordinaires auxquelles ont accès les adultes (par exemple un accès au TPE dans ton cas).
Cela correspond à ton témoignage (dont les détails seraient encore plus sérieux, mais je n'en sais pas plus).

Dans le contexte aggravant où les jeunes gays sont un peu les « dindons de la farce » de la prévention des IST, ce que ton médecin a traduit apparemment par le mot « catastrophique ».

Ce serait peut-être bon pour ton moral que tu te battes pour obtenir justice.

Je ne sais pas trop où t'orienter, mais une association d'aide aux victimes tell que   pourrait te conseiller, ils ont certainement des juristes.
Acid Acid
Zaguien
Inscrit: 2016-08-26 12:08:54
2017-08-05 23:19:28
Bonsoir à toutes et tous. Le jeune homme de 18 ans a désormais pris une année ! J'assume ma séropositivité des à présent et je partage volontiers à ce propos.

Au bout d'un an rien à signaler, ce que je voyais tout en noir il y a un an s'est arrangé
Je n'ai jamais retrouvé l'homme qui m'a plombé, et au final, je m'en fous car de toutes manières les flics et les associations militantes m'ont un peu débouté.

J'ai trouvé l'amour et ça fait 9 mois que je suis heureux avec mon copain. Je suis actuellement en vacances, je reprends dans 1 semaine. Je viens de passer 2 semaines avec mon copain à Londres, nous avons adoré !

Pour ce qui est de mon traitement tout se passe bien il est stabilisé et moi et mon copain ne nous protégeons plus. Ma charge virale est indétectable, du coup avec le traitement je ne présente aucun danger ni pour lui, ni pour mes patients (je suis étudiant infirmier).
Le traitement ne me pose plus aucun effet secondaire, si ce n'est quelques fois une migraine. Pas de quoi fouetter un chat !

Si jamais la moindre personne a une question il sera toujours le bienvenu, je serai heureux de pouvoir l'aiguiller. Pour les démarches etc !

Bisous à tous

Acid
🌈 SmithBogossJR
Zaguien
Inscrit: 2017-03-01 04:03:49
2017-08-06 00:51:01
Cool alors
Anonyme
2017-08-07 10:38:22
Je suis sincèrement heureux que ta vie ai pris ce tournant et que tu sois heureux à présent bonne chance à toi et merci pour ton témoignage