[ANRS] Cartographie régionale francaise de l épidémie de VIH

******* Allomat69
Zaguien
Inscrit: 2007-04-09 05:04:11
2016-07-23 12:49:35
Source de l'info :  

A l'occasion d'une énième conférence internationale (AIDS 2016) sur le Sida, une étude soutenue par ANRS fournie une cartographie intéressante de l'épidémie en 2013 selon les régions françaises.
Pas de surprise, mais c'est l'occasion de décrire un peu plus finement les facteurs aggravant du risque d'infection par le VIH (et ce faisant des autres IST, qui sont souvent associées).
Attention, un facteur aggravant ne veut pas dire qu'on peut être moins vigilent ailleurs, les gens voyagent beaucoup de nos jours, pour leurs études, travailler, ou faire du tourisme.


Le nombre de nouvelles infections annuelles (carte A ) est particulièrement plus élevé en région Ile de France (qui en cumule quasiment la moitié), Rhône-Alpes et PACA (Provence Alpe Cote d'Azur).
L'incidence de l'épidémie (carte B ), c'est-à-dire en gros la fréquence des nouvelles infections pour 10000 habitants, est particulièrement plus élevé en IDF et PACA, ainsi qu'en Outre mer.
(dans le sens des aiguilles d'une montre sur la carte : Martinique, Réunion, Guadeloupe, et Guyane).





L'estimation du volume de l'épidémie cachée (carte A ), c'est-à-dire des gens dont l'infection au VIH n'est pas encore dépistée, et qui peuvent être infectieux pour les autres si la prévention n'est pas suffisante (pour mémoire, safe-sex, préservatif, traitement d'urgence, prophylaxie, dépistage, etc), est sans surprise supérieure dans les mêmes coins avec une forte concentration en IDF, mais aussi en PACA et Rhone-Alpes.





Le délai médian (moyenne en le min et le max) entre l'infection au VIH et son dépistage, qui peut être évalué au moment du dépistage parce que même si le virus est encore silencieux il est déjà très actif sur la biologie de la personne infectée, se compte encore en années . Ce qui est beaucoup trop long, et devient carrément dangereux quand il atteint apres quelques années les premiers symptômes du Sida (disons 5 ans pour faire simple).
C'est sur le long terme un indicateur de l'efficacité du dépistage, les régions les plus touchées par le VIH apparaissent être aussi celles qui font le plus d'effort de dépistage, mais avec deux gros points noirs en France d'Outre mer (Réunion et Guyane, les deux autres iles des Antilles françaises ayant amélioré la prévention depuis plusieurs années).





On sait par ailleurs que les gays sont parmi ceux qui se font dépister les plus tôt, mais de mémoire cela reste en moyenne supérieur à deux ans, alors que les gays devraient au moins se faire dépister tous les ans, voire plus (notamment les gens sous prophylaxie médicamenteuse en France se font dépister systématiquement tous les 3 mois)

Bref, la situation n'est pas brillante...

Sortons couverts, faisons nous dépister régulièrement et suffisamment souvent, et en cas de difficultés avec la prévention mieux vaut en parler au moment du dépistage (dans un Centre de dépistage CEGIDD ex CDAG, ou dans un des lieux de prévention à Paris ou Marseille, etc), pour évoquer une prophylaxie qui sera délivrée gratuitement lorsque nécessaire et possible.


Pour les (ti) nouveaux :  
Ou celle de   qui était en panne récemment mais a l'air réparée...
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******* Allomat69
Zaguien
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2016-10-30 19:41:42
Intéressante mise à jour de cette cartographie, par Virginie Supervie, chercheure à l'Inserm, lors du Congrès de la Société française contre le sida (SFLS) à Montpellier.

On en trouve le détail sur plusieurs sources, notamment  ,  , et  .

On constate qu'on est toujours dans l'urgence, avec une évaluation de 25.000 personnes non-diagnostiquées au VIH dont 40% de HSH et dont la moitié d'origine étrangère, particulièrement en Ile-de-France, en PACA et en Rhône-Alpes, mais aussi dans les DOM-TOM.

Le nombre de contaminations sur la période 2004-2013 chez les gays ne baisse pas, voire remonte chez certains sous-groupes (15/24 ans notamment).

Malgré les recommandations de se faire dépister tous les ans, tous les gays (HSH) ne le font pas : le délai moyen entre l'infection et le diagnostic de séropositivité au VIH reste de trois ans pour les hommes gays et les femmes hétérosexuelles, quatre ans pour les hommes hétéros, autant que les usagers de drogues.

Selon la chercheure, sauf en cas de dépistage massif ou de large utilisation de la Prep (non encore établie), peu de changements sont probables pour 2016.




Mon avis perso...

Dans le contexte où les campagnes de prévention se réduisent comme peau de chagrin depuis quelques années, et indépendamment des objectifs de santé publique de cette étude, il est plus que jamais recommandé de se faire dépister au moins tous les ans, voire plus souvent pour ceux qui sortent beaucoup, et en cas de prise de risque.

Mais se faire dépister ne doit pas non plus faire oublier de se protéger (capotes), car il n'y a pas photo, de nombreuses études montrent aussi que l'idéal reste d'être dépisté séronégatif au VIH et autres IST.

Les chiffres de 2015 seront publiés fin novembre comme tous les ans.