Theo et Hugo sont dans un bateau (le film)

******* Allomat69
Zaguien
Inscrit: 2007-04-09 05:04:11
2016-05-07 21:17:33
Theo et Hugo sont dans un bateau

Un film de Olivier Ducastel et Jacques Martineau, sorti le 27 avril 2016.

Public plus de 16 ans.

Je n'étais pas emballé d'aller voir ce film qui commence par 20 mn de baise explicite dans une backroom.

Mais j'avais tort, c'est une vraie histoire d'amour, avec deux bons acteurs, où le VIH s'invite, et le scénario évoque avec justesse la plupart des informations sur la prévention du VIH chez les gays...
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Anonyme
2016-05-07 22:48:19
Si le VIH s'invite !
******* Allomat69
Zaguien
Inscrit: 2007-04-09 05:04:11
2016-05-08 09:43:46
Il s'invite au scénario ^^


Synopsis

Deux hommes se rencontrent dans un club libertin, et c'est un coup de foudre : ils apprennent à se connaître dans les premières heures matinales, se reconnaissent que l'un est séropositif et l'autre ne met pas de préservatif.






Le film ne cache pas qu'il est à la fois un film d'amour et de prévention.

Ca fait du bien de regarder une romance gay qui aborde de façon précise la prévention du VIH, quand habituellement elle est plutot évoquée dans un style impréssionniste.

A contrario un tel scénario n'améliore pas l'image des gays, représentés se rencontrant dans des conditions sordides et risquées...
 
Anonyme
2016-05-09 09:42:36
Modération (Echo) : Propos modérés.
******* Allomat69
Zaguien
Inscrit: 2007-04-09 05:04:11
2016-05-09 17:44:54
Les modos ont la possibilité de vérifier votre adresse IP, pour les zaguiens ordinaires ce n'est même pas nécessaire, vous répandez votre fiel et vos frustrations à l'identique depuis une éternité, et toujours hors sujet.

Pour votre gouverne personnelle, la rencontre dans une backroom est remarquablement sensuelle pour les deux personnages principaux du film, mais pas à l'avantage des vieux habitués, cela risque de pas vous plaire...
Wolfgangbang Wolfgangbang
Zaguien
Inscrit: 2014-10-26 05:10:20
2016-05-12 21:51:20
L'image des gays ...

J'ai vu le film, et ça m'a confirmé que la rencontre en backroom est certainement l'essentialisation la plus profonde du romantisme.
******* Allomat69
Zaguien
Inscrit: 2007-04-09 05:04:11
2016-05-13 08:32:35
Le scénario joue sur le contraste entre l'amour, en tout cas le désir et déjà l'attachement qu'on appelle coup de foudre, et la baise sans affection, en particulier dans les temples des rencontres gays que sont les backrooms.
Comme il joue aussi sur le contraste du provincial habitué aux rencontres éphémères et jeune parisien encore un peu novice et insouciant.
En plus les décors ne grèvent pas le budget du film lol, qui est modeste.

Les backromms sont la suite logique et un peu plus hygiénique de ce qui a été longtemps les lieux de rencontre clandestins des gays, les parcs sordides ou les latrines encore plus sordides (et qui le sont encore dans beaucoup de pays). Cette situation est l'héritage de la prohibition des rencontres par la société, mais comme les lupanars (bordels) dans les pays où ils existent encore, il s'est développé autour des backrooms un érotisme, un rituel, qui plait un un certain nombre des gays, ou à un certain âge ou moment de leur vie, bref à une minorité de gens dans la communauté.

Les backrooms comme les autres lieux de rencontre ont la réputation sulfureuse d'avoir été à l'origine de la progression foudroyante du Sida chez les gays au XX siècle, au moins au début quand les gens ne connaissaient pas son existence, et quand les préservatifs avaient encore l'image chrétienne du vice honteux.
Aujourd'hui encore c'est un lieu qui favorise la multiplication des rencontres et le multipartenariat dans des endroits sombres, et ce faisant multiplie les risques de défaillances de protection malgré leur disponibilité facile, favorise les échanges de maladies sexuellement transmissibles, dont les virus difficiles à soigner.

Bref dans le film la backromm est utilisée comme un cliché caractéristique des rencontres gays à risque, qui en plus dure longtemps, au moins 20 mn.
Dans la réalité on sait bien que ce ne sont pas les seules circonstances de progression des IST.


Un autre aspect intéressant du film qu'on retrouve dans les témoignages sur les forums, est que pour quelqu'un qui s'inquiète d'une prise de risque et à fortiori un jeune, les urgences ne prennent aucun risque et proposent un traitement d'urgence contre le VIH même si le risque d'infection est faible, ce qui était le cas dans ce scénario car Théo était sous traitement antirétroviral et sa charge virale basse selon son médecin. Et ceci malgré le fait que Théo ait accompagné Hugo aux urgences, ce qui ne doit pas être si fréquent, et précise le niveau du risque pris. Parce qu'en biologie le risque zéro n'existe pas, et que personne est derrière Théo quand il prend ses pilules.

Théo s'inquiète d'avoir infecté Hugo, par amour, alors qu'il pourrait lire partout des propos rassurants : une des multiples associations de prévention fait actuellement une publicité comparative entre ce cas qu'elle assimile à "pas de risque", et le cas habituel de quelqu'un qui se fait dépister régulièrement, qu'elle assimile à "haut risque".

Ces messages contradictoires sont caractéristiques de notre époque, mais aussi un peu de la France, où la notion de probabilité est confuse, et les postures souvent manichéennes.

Ce film est donc intéressant à plus d'un titre ^^