Observatoire national du suicide Rapport 2014 : minorites sexuelles

******* Allomat69
Zaguien
Inscrit: 2007-04-09 05:04:11
2016-02-24 21:39:45
Demande aux modos : l'envoi précédent est pourrite, s'ils pouvaient l'effacer, merci ^^


Je ne sais pas trop pourquoi je n'apprends qu'aujourd'hui l'existence de ce rapport, mais il apparait tres bien documenté et très clair sur les causes de la surreprésentation des suicides chez les jeunes gays en France.

Je n'ai pas l'impression que les gens comme ceux qui défilent pour le parti "la Manif pour Tous" l'aient lu, ils auraient peut-être un regard différent sur la protection des jeunes gays qui sont bien souvent leurs propres enfants, ou la "protection des jeunes trans" qu'ils ré-étiquettent "théorie du genre" pour mieux la torpiller.



L'intégralité du  

Extrait de la fiche 9 page 174 :


LES MINORITES SEXUELLES FACE AU RISQUE SUICIDAIRE

Violences subies, usages problématiques de drogues illicites ou d'alcool, histoire familiale marquée par le suicide, difficultés ou absence de communication, manque de soutien sont les principaux facteurs corrélés aux comportements suicidaires observés dans les enquêtes et raisons évoquées par les individus ayant commis une tentative de suicide. S'y ajoutent également certaines pathologies mentales, notamment des troubles de l'humeur, et les difficultés professionnelles ou scolaires, en particulier la déscolarisation.
Enfin, la découverte de son homosexualité ou de sa bisexualité est également un facteur de risque important chez les jeunes.
Depuis une vingtaine d'années, le lien entre comportement suicidaire et orientation sexuelle a été pris en compte dans certaines recherches en santé publique portant sur les discriminations, ainsi que dans des dispositifs de prévention des conduites suicidaires. Les personnes se définissant comme homosexuelles et bisexuelles, ou ayant des comportements homosexuels, semblent en effet davantage touchées par le risque de suicide. Le harcèlement et la discrimination, dont ces minorités sexuelles sont souvent victimes, pourraient aggraver les causes habituelles de comportement suicidaire (maladie grave ou invalidante, événement traumatique, perte affective, situation de stress économique, consommation de produit psychoactif, etc.) ou même s'y substituer et expliquer le risque accru de comportement suicidaire observé.

Des tentatives de suicide plus fréquentes parmi les lesbiennes, gays, bisexuel(le)s, transgenre (LGBT)

Parmi les 18-30 ans, les tentatives de suicide sont notablement plus fréquentes chez les hommes et les femmes homosexuels ou bisexuels. Du fait d'un modèle culturel hétérosexuel largement dominant et de différentes formes d'intolérance à l'homosexualité, bien des éléments jouent un rôle important dans la genèse des comportements suicidaires chez les jeunes qui découvrent leur homosexualité ou leur bisexualité, ou bien qui s'interrogent sur leur orientation sexuelle. Or, concernant les actes suicidaires, davantage qu'un seul facteur, c'est le cumul qui importe : le risque augmente dès lors que plusieurs facteurs se conjuguent. Un sentiment d'indignité ou de honte peut atteindre les adolescents qui découvrent leur attirance homosexuelle, pouvant être aggravé par des conflits familiaux ou par le comportement des pairs se livrant à des actes et des paroles humiliants ou dégradants. Le jeune peut aussi souffrir d'angoisse, d'isolement, se sentir menacé. À la clé, le risque qu'un état dépressif (pouvant être associé à la consommation de substances psychoactives) s'installe et, si la souffrance devient insupportable, qu'il y ait passage à l'acte suicidaire.



Le tableau 1 montre une certaine stabilité dans les prévalences de tentatives suicidaires, tandis que le tableau 2 montre des prévalences de tentatives suicidaires nettement plus élevées parmi les homosexuels et bisexuels que parmi les hétérosexuels.

Outre ces résultats issus d'enquêtes en population générale, une enquête auprès de 508 individus homosexuels âgés de 15 ans et plus corrobore ce constat d'un plus grand mal-être. Elle montre que les périodes dépressives sont proches de l'âge où le « coming out » a été fait et que 90 % d'entre elles se situeraient avant l'âge de 30 ans (Dorais, Chollet, 2012).

La « non-conformité » de genre

Parmi les garçons, la construction de la masculinité s'appuie particulièrement sur le rejet du féminin en soi et chez les autres. La stigmatisation au titre d'une apparence physique supposée efféminée touche beaucoup de jeunes gens parmi ceux qui sont hétérosexuels mais qui – de façon volontaire ou non – se conforment difficilement aux stéréotypes de genre. Cette « nonconformité » de genre expose également à un risque de suicide plus élevé. Les phénomènes d'exclusion, de mépris, de stigmatisation et d'exposition à l'homophobie qu'elle engendre peuvent en effet conduire à une perte d'estime de soi, de confiance dans l'avenir et dans les autres.

La violence des discriminations homophobes

Quelle que soit la stratégie mise en ½uvre par les jeunes homosexuels ou bisexuels pour éviter ou résister à une discrimination possible (affichage revendiqué de l'orientation sexuelle ou au contraire dissimulation de l'homosexualité ou de la non-conformité aux stéréotypes de genre), le coût psychique et physique s'avère souvent élevé, même à long terme. Par rapport à d'autres types de discriminations, les effets des discriminations homophobes sont aggravés par la faiblesse du soutien de la famille. Autrement dit, le cercle familial n'est pas toujours une source de réconfort et de réassurance identitaire. Au contraire, les jeunes des minorités sexuelles ont un risque plus élevé que les jeunes hétérosexuels d'y subir de mauvais traitements.

Autre facteur aggravant : la précocité des préjudices subis. Les périodes de collège et de lycée sont particulièrement éprouvantes à cet égard. Comme l'a montré l'historienne Florence Tamagne, les stéréotypes homophobes alimentent une conception hiérarchisée et sexiste de la sexualité, qui ne prend pas en compte la « confusion des genres » et contribue à définir et à durcir les frontières sexuelles (hétéro/homo) et de genre (masculin/féminin).
Gdo Gdo
Zaguien
Inscrit: 2014-10-09 02:10:27
2016-02-25 01:54:30
Quelle malhonnetete intellectuelle ce rapport. Les conclusions sont peut etre les bonnes, mais le tableau 2 est une heresie statisque et ils se cachent bien de le signaler.
La precision sur des echantillons aussi faibles est mediocre, ce qui ne leur empeche pas de balancer leur Lecture juste en dessous du tableau qui pique les yeux.

Ils sont quand meme pas alle jusqu'a dire que d'apres leurs chiffres il y avait 2 fois plus de suicidaires chez les bis que chez les homos, puisque la meme le dernier des pebrons aurait percute.
Je passe sur les differents biais (par exemple le fait que la proportion d' homos/bis declares est largement inferieure a la proportion reelle) que ces gens-la seraient bien incapables de gerer.

Bref, encore une etude faite par des incompetents, ca m'etonnerait pas qu'ils aient fait sciences sociales ou medecine.
******* Allomat69
Zaguien
Inscrit: 2007-04-09 05:04:11
2016-02-25 07:43:05
Je pense qu'il faut surtout s'attacher aux ordres de grandeur, pourcentage à deux chiffres pour les gay-bi-trans vs à un chiffre pour les hétéros. A notre époque encore pas mal de gays se déclare bi (et fut une époque où c'était l'immense majorité), et pas mal de gays se déclarent même hétéros, peuvent être ou avoir été mariés, surtout chez les seniors.

Sur les forums gays ce sont même un tiers à la moitié des jeunes qui ont pensé un jour à la mort, même si tous n'ont pas fait une TS.

Bon après que les enquêtes soient menées par des gens peu formés aux stats, et qui ne connaissent pas le sujet sur lequel ils travaillent, c'est bien possible, voire même plutôt habituel xD.

Ce qui m'a intéressé dans ce rapport, en tout cas sur la fiche 9, c'est qu'ils appellent un chat un chat.
 
Pandaren Pandaren
Zaguien
Inscrit: 2012-04-23 12:04:00
2016-02-25 15:02:47
4% des hommes ont fait une tentative de suicide dans leur vie. Ils comptent le fait de se mettre une claque quand on est mal réveillé ou pas ?

Non moi je trouve ce chiffre beaucoup trop haut ça me choque.
******* Allomat69
Zaguien
Inscrit: 2007-04-09 05:04:11
2016-02-25 20:47:24
L'ordre de grandeur ne me choque pas, car l'immense majorité des tentatives passent inapperçues.

La raison est que bien souvent les gens vident une boite ou deux de la pharmacie familiale, sans connaitre la dose létale. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle il est strictement interdit de publier les façons de se suicider.

En plus bien souvent les gens n'ont pas reellement envie de mourir, mais n'ont plus de solution à leurs multiples problemes, souffrent psychologiquement et physiquement, et cherchent surtout une façon d'y échapper. Cela favorise les tentatives, mais pas leur efficacité. Par contre les récidives sont aggravantes.

Le cauchemard ce sont les gens tres jeunes, et plus généralement les pulsions suicidaires, parce ce qu'elles peuvent survenir dans des circonstances qui ne pardonnent pas. Mais elles sont heureusement plus rares.

Globalement ces chiffres ne me choquent pas vraiment.
Anonyme
2016-02-25 23:54:23
Dans quel rayon a été receuilli les données ? France , Europe , Monde ?

Sinon c'est vrai que les gays ont la vie dure trèèèèèèèèèèèèèèèèèèèèèèèèèèèèèèèèèèèèèès dure, le problème c'est que beaucoup se laissent avoir la vie dure , malheuresement j'ai fait partie de ces gens là . Si j'avais une chose à dire aux mecs qui se sont suicidés ou qui veulent se suicider : personne ne va vous sauver , c'est à vous de vous assurer votre vie avec vos moyens tant bien que mal , vous êtes pas juste une poule à pondre des oeufs mais une âme qui peut aider le monde.
Pandaren Pandaren
Zaguien
Inscrit: 2012-04-23 12:04:00
2016-02-26 00:24:32
allomat69:L'ordre de grandeur ne me choque pas, car l'immense majorité des tentatives passent inapperçues.



Ouais mais c'est pas très rassurant sur les capacités intellectuelles des gens aussi le fait qu'il y ait autant de ratés... bon tu me diras quand t'es dans la détresse t'es pas au maximum de tes capacités ...

Bref 4% c'est quand même beaucoup trop pour être tolérable.
******* Allomat69
Zaguien
Inscrit: 2007-04-09 05:04:11
2016-02-26 07:59:35
-Rebellion-,

C'est un observatoire français au service du gouvernement, je pense qu'il s'intéresse aux données françaises.

Je ploussoie ta combativité ^^
(et te souhaite longue et heureuse vie)


Pandaren,
"Ouais mais c'est pas très rassurant sur les capacités intellectuelles des gens aussi le fait qu'il y ait autant de ratés... bon tu me diras quand t'es dans la détresse t'es pas au maximum de tes capacités ... "

Il ne faut pas s'inquieter des "capacités intellectuelles" des gens désespérés, la dépression et l'anxiété perturbent beaucoup. Et puis il y a des gens qui organisent d'avance des TS imparables, et même s'ils hésitent à les mettre en oeuvre ils ne sont pas à l'abri d'une pulsion qui déclencherait leur projet.

"Bref 4% c'est quand même beaucoup trop pour être tolérable."

C'est en effet la conclusion qui s'impose.