(Re) découverte de la philosophie.

Anonyme
2016-02-21 16:26:42
Bonjour à tous,
Je m'appelle Anthony, j'ai 17 ans et je suis actuellement en terminale littéraire (vous l'aurez donc compris, j'ai 8 heures de philosophie par semaine.). La découverte de la philosophie aura pour moi été un tournant dans mon existence, de telle sorte à ce que je veuille éventuellement enseigner la philosophie dans quelques années à venir.
Je tenais donc à instaurer un dialogue (philosophique) entre ceux qui souhaiteront y participer. Pour cela, je vais initier ce dialogue en m'appuyant sur l'une des thèses, ayant pour principal objet l'amour, que défend Blaise Pascal dans les Pensées :
"Un homme qui se met à la fenêtre pour voir les passants, si je passe par là, puis-je dire qu'il s'est mis là pour me voir ? Non, car il ne pense pas à moi en particulier. Mais celui qui aime quelqu'un à cause de sa beauté, l'aime-t'il ? Non, car la petite vérole, qui tuera la beauté sans tuer la personne, fera qu'il ne l'aimera plus.
Et si on m'aime pour mon jugement, pour ma mémoire, m'aime-t-on moi ? Non, car je puis perdre ces qualités sans me perdre moi. Où est donc ce moi, s'il n'est ni dans le corps, ni dans l'âme ? Et comment aimer le corps ou l'âme sinon pour ses qualités, qui ne sont point ce qui fait le moi, puisqu'elles sont périssables ? Car aimerait-on la substance de l'âme d'une personne abstraitement, et quelques qualités qui y fussent ? Cela ne se peut et serait injuste.
On n'aime donc jamais personne, mais seulement des qualités."

Il s'agirait ici de pourvoir apporter une réponse aux questions "Qu'est-ce que le moi ?" et "Peut-on réellement être aimé ?" et donc en ce sens "Qu'est ce que l'essence même de l'amour ?"

A vous de vous exprimer librement, et même si "L'Enfer, c'est les autres", personne ne devrait vous juger pour les idées que vous avancerez ici bas. Une dernière précision, il s'agit d'un dialogue alors il est possible, et je le recommande, de "rebondir" sur ce qui a été dit, car comme le pensais Socrate, le fondement de toute philosophie repose dans le dialogue.
🦦 Phylos
Zaguien
Inscrit: 2004-01-06 12:01:00
2016-02-21 16:42:03
Oui.
Anonyme
2016-02-21 16:43:59
Phylos:Oui.

Que signifie ce "oui" ?
 
🦦 Phylos
Zaguien
Inscrit: 2004-01-06 12:01:00
2016-02-21 16:46:15
Antho38290:
Phylos:Oui.

Que signifie ce "oui" ?


C'est une très bonne question.
Il y avait beaucoup de questions dans ton post, je te laisse donc libre de savoir à laquelle ce "Oui" s'adressait.

(Et, en passant, la philo, ce n'est pas connaître par c½ur ce qu'ont dit des philosophes, c'est savoir réfléchir par soi-même)
Anonyme
2016-02-21 17:05:08
Phylos:
Antho38290:
Phylos:Oui.

Que signifie ce "oui" ?


C'est une très bonne question.
Il y avait beaucoup de questions dans ton post, je te laisse donc libre de savoir à laquelle ce "Oui" s'adressait.

(Et, en passant, la philo, ce n'est pas connaître par c½ur ce qu'ont dit des philosophes, c'est savoir réfléchir par soi-même)


Je n'ai jamais dit le contraire. Si j'ai créer cette page, s'était pour que chacun expose sa propre opinion. On peut bien sûr réfuter la thèse de l'auteur. C'était juste une base pour pouvoir lancer ce dialogue^^ Cela ne veut pas nécessairement dire que je suis totalement d'accord avec l'auteur.^^

Je me doute bien que c'est une réponse à la deuxième question mais pourrais-tu argumenter ton propos ?
Anonyme
2016-02-21 17:06:43
crée* , c'était* (La citation je ne la connaissais pas par c½ur je précise^^ )
Anonyme
2016-02-21 19:49:47
C'est plutôt compliqué ! Et pour moi qui ne vais faire que de la philo l'an prochain je vais essayer de répondre ! Selon moi les qualités physiques de quelqu'un disparaissent au fil du temps certes mais également comme celles de la personne qui aime "moi". Ainsi la personne aimé et la personne qui aiment perdent leurs "qualités physiques" toutes deux en même temps, ainsi cela n'a pas d'impact sur l'amour. De plus si on perd ses "qualités physique", on ne perd pas celle appartenant à la moral tels que l'intelligence, la gentillesse et que sais-je encore ( et oui on est dans un débat alors j'emploie de belles phrases !) ne se perdent pas forcément au cours du temps. Et je pense en effet que ce n'est pas l'enveloppe qu'un individu aime mais bien ce qu'il y a à l'intérieur de l'individu !
Anonyme
2016-02-21 20:23:05
As-tu bien lu ce passage ?
"Et si on m'aime pour mon jugement, pour ma mémoire, m'aime-t-on moi ? Non, car je puis perdre ces qualités sans me perdre moi. Où est donc ce moi, s'il n'est ni dans le corps, ni dans l'âme ? Et comment aimer le corps ou l'âme sinon pour ses qualités, qui ne sont point ce qui fait le moi, puisqu'elles sont périssables ?"

Ta réponse me semble très juste et bel et bien valable. Toutefois, selon Pascal, justement les qualités que tu appelles "appartenant à la morale telles que l'intelligence, la gentillesse etc", elles aussi ne sont qu'éphémères et ne constituent que des accidents du moi. (Je précise, l'accident est contraire à l'essence, c'est donc ce qui contribue à faire d'une chose ce qu'elles est, et qu'on peut supprimer cette chose sans supprimer l'objet matériel ou immatériel dans son intégrité.). Cela voudrait donc dire qu'on peut aimer un individu pour ses grandeurs d'âme, mais mêmes celles-ci sont en réalité périssables et donc éphémères selon Pascal. Et j'estime qu'il n'a pas totalement vu qu'il suffit d'une maladie (Alzheimer par exemple)qui suffisent à nous faire oublier toutes nos connaissances, notre savoir ou encore notre mémoire. Je pense donc qu'il est réellement possible d'être aimé et d'aimer en retour, seulement, j'estime également que ce pourquoi on aime l'Autre est injustifiable, indicible et ineffable. Autrement dit, on ne pourra jamais vraiment expliquer pourquoi l'on aime un individu plutôt qu'un autre. Et c'est entre autre ce qu'avait affirmé Montaigne en disant : "Quand on me demandait pourquoi je l'aimais, je ne puis que répondre: Parce que c'était lui, parce que c'était moi."
Après, je vais également dans ton sens car j'estime que l'amour éprouvé envers un individu est total, dans le sens où l'on peut aimer des qualités, mais aussi bien des défauts, car l'on perçoit ces défauts comme des qualités justement.
Exemple, dans la série Once Upon A Time, Belle, éperdument amoureuse de Rumplestilskin, personnage très sombre, animé par une soif constante de pouvoir, décide de croire que ce dernier peut changer, et qu'il reste une part de "bonté", qui le pousserait à choisir le "bien" par la suite. Elle ignore, ou préfère ignorer toute la noirceur que contient son être aimé.
******* Allomat69
Zaguien
Inscrit: 2007-04-09 05:04:11
2016-02-21 22:37:52
Il y a toujours une explication aux désirs, émotion, raison et attachement, autrement dit à l'amour, que l'on a pour une personne.

Cette alchimie tient autant à nous qu'à elle, et si on retire un peu de nous, ou un peu d'elle, il n'est pas sur que le lien soit aussi solide. Pour autant chacun restera en effet un etre humain émotionnel, ou pour le moins un etre vivant sensible.

Mais ce raisonnement comporte une faille. Car les autres composantes de l'amour peuvent avoir la capacité de se substituer à celles défaillantes, y compris en puisant dans la mémoire de celles-ci.

PitAngelix cite les personnes qui vieillissent ensemble, et perdent petit à petit leurs qualités physiques et intellectuelle, mais que l'attachement et la tendresse compensent largement, ainsi que le souvenir des moments heureux.

On pourrait citer l'attachement à nos parents, qui durera jusqu'à leur mort, et meme au-delà, et ceci meme si atteints de maladie neurodégénérative un jour ils n'étaient plus capables de nous reconnaitre.

Parce que nous avons une mémoire, et sommes capables de regarder au-travers d'elle, ou plus exactement de compléter nos ressentis et émotions par nos souvenirs. A condition d'avoir assez d'empathie et de sens des responsabilités.

Ces notions qui sont évidentes dans les sociétés traditionnelles, où elles passent meme souvent avant la notion d'amour, sont tres dévaluées dans nos sociétés dites modernes, où le plaisir est vu comme individuel et immédiat, et l'objet du désir comme jetable.

Heureusement que l'inconscient vient au secours des consciences, notamment pour l'attachement ou la mémoire qu'on a évoqué, et que des lois limitent la liberté des couples, des parents vis-a-vis de leurs enfants, et des enfants vis-a-vis de leurs parents, remettant un peu de cohésion dans des sentiments contemporains instables.

Poussons meme l'analyse plus loin, imaginons que nous découvrions un corps sans vie.
Il y a quelques 100000 ans on en aurait peut-etre becté les restes, mais depuis les humains s'astreignent à un rituel funéraire respectueux qui inclu la recherche de ses proches.
Pourtant que reste-t-il de cet etre ? Parfois quasiment rien, une dent, une photo déchirée...

On ne peut donc pas réduire une personne à un organisme seulement pourvu d'une enveloppe charnelle et de possibilités intellectuelles, qui pourraient etre seduisants mais dont l'absence priverait de cette possibilité.

Mais il n'empeche que la reproduction sexuée impose aussi d'initier ce cycle d'attachements, cette alchimie des amours, par une parade amoureuse qui ne reconnait que les apparences pendant une courte durée...
: : NaniOkonawareru
Zaguien
Inscrit: 2015-08-23 09:08:44
2016-02-21 23:25:07
J'aurais plutôt tendance à dire qu'on pour ses qualités (qualités à prendre ici au sens de "propriétés d'un objet" ); mais que de mon point de vue, l'individu n'est composé que d'un ensemble de qualités. En d'autres termes, soit on peut considérer qu'il n'existe pour un objet une seule essence propre à l'objet en cet instant précis; soit un ensemble de qualités qui peuvent ou non concerner l'objet que l'on considère. Cependant, on ne peut pas considérer l'idée d'une essence permanente, puisque l'essence est composée de qualités éphémères.

Pour illustrer ce que je dis, je donne cette petite phrase "Je ne la/le reconnais plus".
J'explique cette phrase comme étant : pour moi, cette personne est un ensemble de qualités, et elle n'y correspond plus à présent => je ne la reconnais plus comme étant celle qu'elle était avant => de mon point de vue, ce n'est plus la même personne. Pourtant, un ensemble de qualités sont restées les mêmes, faisant qu'on associe la personne que l'on voit à la personne que l'on a connu (pex : il était gentil, il est devenu méchant, mais pourtant je reconnais son visage). Au final, la personne que l'on a devant nous est différente de celle qu'on a eu auparavent; entre temps elle a changé de qualités et donc de nature.

Bref, pour en revenir au sujet; par analogie je considère que l'essence est une idée, tandis que l'ensemble des qualités est sa définition.
Pex :

une fourchette

est un objet

allongé avec d'un côté un manche, et de l'autre des piques, pouvant se tenir en main et piquer des aliments


essence

;

qualités



Voilà, donc en considérant que l'essence est éphémère (et subjective) car composée des qualités; aimer une personne pour ses qualités reivent à l'aimer pour ce qu'elle est.
Anonyme
2016-02-22 00:40:03
C'est vrai que c'est très compliqué ! Je suis entièrement d'accord avec toi pour contredire Pascal sur le fait que l'Alzheime peut nous faire perdre nos souvenirs, certaines connaissance intellectuels et autre et par conséquent nos qualités mentales. Je rejoins également la citation de Montaigne qui pense comme moi que l'amour finalement, ne s'explique pas et reste sans doute l'un des gros mystère de ce monde et continuera à faire encore et encore réfléchir des millions de personnes tels que nous le faisons sur ce forum mais sans jamais trouvé de réponse. Car peut-être qu'il n'y à pas de réponse ou bien que la réponse dépasse la pensée de l'homme ? La vraie question serait alors si l'on peut philosopher sur l'amour et sur le fait que deux individus s'aiment ? Je trouve ton exemple tiré de la série Once Upon A Time ( bonne série au passage !) très pertinent et rajoute une touche de modernité à notre débat !
Anonyme
2016-02-22 00:56:31
Pour illustrer ce que je dis, je donne cette petite phrase "Je ne la/le reconnais plus".
J'explique cette phrase comme étant : pour moi, cette personne est un ensemble de qualités, et elle n'y correspond plus à présent => je ne la reconnais plus comme étant celle qu'elle était avant => de mon point de vue, ce n'est plus la même personne. Pourtant, un ensemble de qualités sont restées les mêmes, faisant qu'on associe la personne que l'on voit à la personne que l'on a connu (pex : il était gentil, il est devenu méchant, mais pourtant je reconnais son visage). Au final, la personne que l'on a devant nous est différente de celle qu'on a eu auparavent; entre temps elle a changé de qualités et donc de nature.

Je suis d'accord sur ce point là car un même homme peut faire différentes personnes dès lors qu'il a différentes consciences.
Toutefois, c'est bien la personne que l'on ne reconnaît plus et non pas l'homme en lui-même (car cet homme est constitué d'un ADN, ainsi que de caractéristiques physiques qui lui sont propres; ceci relève donc du domaine de la science.). Si l'on reconnaît cet homme, c'est bien parce que matériellement, son apparence physique est restée la même ou presque, et qu'il possède toujours le même ADN et les mêmes gênes. Or, imaginons que cet homme ne possède plus d'enveloppe corporelle, le reconnaîtrais-tu pour autant, du moment où cet homme sera devenu une différente personne, pour n'importe quelle raison qu'il soit ?
Pour reprendre ton idée, il est évident que l'homme que l'on aura devant nous sera une personne différente que celle qu'il était auparavant, mais il s'agira toujours du même homme, d'un point de vue scientifique.
De ce fait, je te l'accorde, elle aura changé de qualités car ses anciennes qualités auront péries.
Mais je ne suis pas totalement convaincu qu'il est changé de "nature".

En outre, je ne conçois pas très bien la représentation que tu as d'une "essence", car pour en revenir à ton exemple, si tu enlèves à la fourchette les "piques" dont elle est composée pour "piquer des aliments", il sera impossible d'appeler cet objet "fourchette", ou bien je me trompe ?
Anonyme
2016-02-22 01:10:08
PitAngelix:C'est vrai que c'est très compliqué ! Je suis entièrement d'accord avec toi pour contredire Pascal sur le fait que l'Alzheime peut nous faire perdre nos souvenirs, certaines connaissance intellectuels et autre et par conséquent nos qualités mentales. Je rejoins également la citation de Montaigne qui pense comme moi que l'amour finalement, ne s'explique pas et reste sans doute l'un des gros mystère de ce monde et continuera à faire encore et encore réfléchir des millions de personnes tels que nous le faisons sur ce forum mais sans jamais trouvé de réponse. Car peut-être qu'il n'y à pas de réponse ou bien que la réponse dépasse la pensée de l'homme ? La vraie question serait alors si l'on peut philosopher sur l'amour et sur le fait que deux individus s'aiment ? Je trouve ton exemple tiré de la série Once Upon A Time ( bonne série au passage !) très pertinent et rajoute une touche de modernité à notre débat !


Je te rejoins tout à fait cher inconnu.^^ Mais cela peut très bien s'appliquer à n'importe quel thème. Les philosophes eux-mêmes n'étaient même pas tous d'accord entre eux pour tout te dire. Le but de la philosophie n'est pas d'émettre des raisonnements qui soient indubitables et irréfutables, tout simplement car les philosophes ne sont pas des sophistes, qui eux croient tout savoir, alors qu'en réalité, c'est une bassesse d'esprit que prétendre savoir ce que l'on ne sait pas. Par définition, être un philosophe, c'est devenir ami de la sagesse, et c'est tendre vers c'est horizon qui ne pourra jamais être atteint dans toute sa grandeur par quiconque de ce monde. Comme l'a si bien dit Socrate : "Je suis plus sage que vous tous car je sais que je ne sais rien." Les philosophes proposent des thèses qui où ils font preuve majoritairement de l'outil de l'argumentation, afin que le lecteur puisse suivre au mieux le raisonnement que ceux-ci nous offre. Or, l'argumentation se distingue de la démonstration, qui elle établit la vérité d'une proposition de manière indubitable, de telle sorte à ce que l'opposé de cette proposition soit nécessairement faux.
Je pense donc qu'il est nécessaire de "dialoguer" et de partager ses opinions sur des thèmes tels que l'amour, dont il est question ici, car si on ne peut exprimer ce que c'est réellement, on peut tout de même essayer de s'en rapprocher au mieux, afin de faire ne serait-ce qu'un petit pas de plus vers cet horizon qu'est la Sagesse.

Et j'ai été plutôt fier d'être parvenu d'insérer l'exemple de Once Upon A Time à mon propos haha^^.
Merci de consacrer du temps à ce dialogue philosophique en tot=out cas !
: : NaniOkonawareru
Zaguien
Inscrit: 2015-08-23 09:08:44
2016-02-22 04:58:36
En outre, je ne conçois pas très bien la représentation que tu as d'une "essence", car pour en revenir à ton exemple, si tu enlèves à la fourchette les "piques" dont elle est composée pour "piquer des aliments", il sera impossible d'appeler cet objet "fourchette", ou bien je me trompe ?

C'est plus ou moins ça. C'est parce qu'il rentre dans l'ensemble des critères que l'on conçoit lorsqu'on dit "fourchette", qu'on peut appeler un objet fourchette. Mais chacun peut avoir sa propre définition du mot "fourchette"
Et de même, c'est parce qu'un objet rentre dans l'ensemble des critères (~qualités) qui correspondent à une essence, qu'on associera cet objet à une essence spécifique. Mais chacun a ses propres critères pour chaque essence; c'est pour ça que l'essence selon moi est subjective.
Mais je ne suis pas totalement convaincu qu'il est changé de "nature".

J'ai confondu essence et nature, simplement. Ensuite, pour savoir s'il a changé de nature ou non, il suffit de donner une définition claire de "nature".


C'est amusant, car pour moi la philosophie se doit de ne se faire que sur des démonstrations absolues (en partant de base floues, par contre, car y a pas vraiment le choix; et c'est là que l'argumentation a le plus de chances d'avoir du sens) pour être vraiment crédible.
Anonyme
2016-02-22 11:10:25
[/quote] C'est amusant, car pour moi la philosophie se doit de ne se faire que sur des démonstrations absolues (en partant de base floues, par contre, car y a pas vraiment le choix; et c'est là que l'argumentation a le plus de chances d'avoir du sens) pour être vraiment crédible.[/quote]

Bien évidemment que pour que les raisonnements émis soient valides, ils font qu'ils aient en eux des fondements rationnels , logiques, issus de la démonstration. Après, il est IMPOSSIBLE de tout démontrer dans tous les domaines différents tout simplement car la démonstration a également ses limites. Je dirai donc qu'il est nécessaire de s'appuyer sur des démonstrations en philosophie, mais il peut également être nécessaire de s'en détacher. N'es-tu pas d'accord ?
Anonyme
2016-02-22 11:18:27
Pourtant en philo le mot essence ou concept ça a une définition relativement précise.

Si l'on veut déterminer l'essence d'une chose, il suffit de comprendre l'ensemble des caractères qui lui appartiennent de façon nécessaire.
Pour ce qui est de la fourchette, son essence, c'est son utilité ou sa fonction.
Elle sert donc à piquer et à saisir sans toucher avec les doigts, qu'elle soit longue ou petite, en argent ou en plastique, à poisson ou à dessert.
La fourchette est donc en son essence outil à piquer des aliments.
La fourchette qui ne présenterait pas ce caractère ne serait pas une fourchette.

Pour ce qui est de sa forme, de sa couleur ou de sa composition, ça lui appartient certes, mais de façon contingente, ce qui est l'opposé de nécessaire.
Anonyme
2016-02-22 11:27:45
BleenBird:Pourtant en philo le mot essence ou concept ça a une définition relativement précise.

Si l'on veut déterminer l'essence d'une chose, il suffit de comprendre l'ensemble des caractères qui lui appartiennent de façon nécessaire.
Pour ce qui est de la fourchette, son essence, c'est son utilité ou sa fonction.
Elle sert donc à piquer et à saisir sans toucher avec les doigts, qu'elle soit longue ou petite, en argent ou en plastique, à poisson ou à dessert.
La fourchette est donc en son essence outil à piquer des aliments.
La fourchette qui ne présenterait pas ce caractère ne serait pas une fourchette.

Pour ce qui est de sa forme, de sa couleur ou de sa composition, ça lui appartient certes, mais de façon contingente, ce qui est l'opposé de nécessaire.


Et donc, c'est ce qu'on appelle aussi accident. ^^ Ceci dit, je suis totalement d'accord avec ton propos !
Anonyme
2016-02-22 11:39:45
Antho38290:Et donc, c'est ce qu'on appelle aussi accident. ^^ Ceci dit, je suis totalement d'accord avec ton propos !


Wi, merci Plapla.
Anonyme
2016-02-22 11:56:22
[/quote] Wi, merci Plapla.[/quote]

"Plapla" ??
Anonyme
2016-02-22 12:44:19
Antho38290:"Plapla" ??


Tonton
Anonyme
2016-02-22 20:09:54
C'est vrai que je n'avais pas pensé à cette aspect de la philosophie ( en même temps je n'en fais que depuis hier ), qui consiste comme tu le dis si bien à se rapprocher d'une certaine sagesse, et je trouve que c'est quelque chose de très intéressant dans cet art de la pensée ! Ainsi si j'ai bien compris, le but de la philo est de réfléchir sur n'importe quels sujets mais en repartant de zéro, c'est à dire en les étudiant avec un ½il nouveau ? Cependant il me semble essentiel de ne pas exclure certaines expériences personnelles qui pourraient nous aider à mieux les comprendre et les analyser. Ainsi si l'on à jamais aimé personnes comment peut on concevoir des réponses sur un sujet tel que l'amour ?

Oui c'est sur que ce n'est pas évident de glisser ainsi un exemples tiré d'une série américaine
Mais c'est un réel plaisir de débattre sur ce sujet !
Anonyme
2016-02-22 20:58:32
Bien entendu que tu peux t'aider de ton expérience (c'est même très conseillé), mais avec précaution, car tout le monde n'a pas la même expérience et il ne faut pas que ton raisonnement ne s'appuie que sur cette expérience ! Après tu verras quand tu auras des cours de philosophie, de par ton expérience, tu pourras très facilement assimilé, à toi même, ce que ton ou ta professeure dira. En matière de philosophie ,je pense, il est nécessaire d'allier à la fois expérience personnelle ainsi que regard critique et novateur, afin de parvenir à explorer des théories inattendues. Si je résume, il faut impérativement s'ouvrir toutes les portes de la réflexion afin de gagner en intensité intellectuelle et en qualités de tes propos.

"Ainsi si l'on à jamais aimé personnes comment peut on concevoir des réponses sur un sujet tel que l'amour ?"
Tu as deux possibilités:
- Soit tu suspends ton jugement afin de ne pas préjuger, et donc ici, la position la plus préférable serait le doute.
- Soit tu essayes de questionner ton entourage (qui aura lui sa propre expérience) et tu observes s'il y a des incohérences entre les propos, des contradictions etc.. Mais tu peux aussi consulter des thèses de certains philosophes et encore une fois les confronter afin d'établir ton propre jugement, jusqu'à ce qu'à ton tour (quand tu auras connu ce sentiment qu'est l'"Amour", s'il peut peut être réellement éprouvé), tu puisses exprimer ton opinion sur ce sujet. ^^

Ai-je répondu à ta question ?
Anonyme
2016-02-22 21:09:02
Merci d'avoir répondu !
Je comprends à peu près tout sauf la question du doute que tu évoque !
Camarade LoupBlanc
Zaguien
Inscrit: 2007-09-26 06:09:04
2016-02-22 22:20:31
La lecture de ce topic m'évoque un peu ça.

: : NaniOkonawareru
Zaguien
Inscrit: 2015-08-23 09:08:44
2016-02-22 22:38:58
PitAngelix:Je comprends à peu près tout sauf la question du doute que tu évoque !

Quand tu doutes, c'est que tu admets ne pas vraiment savoir; en gros, tu ne sais pas ce qu'est l'amour, donc tu te dis "eh bien je ne le sais pas (ou j'ai une vague idée, mais trop imprécise pour dire que je sais ce qu'est l'amour)".

BleenBird:Si l'on veut déterminer l'essence d'une chose, il suffit de comprendre l'ensemble des caractères qui lui appartiennent de façon nécessaire.
Pour ce qui est de la fourchette, son essence, c'est son utilité ou sa fonction.
Elle sert donc à piquer et à saisir sans toucher avec les doigts, qu'elle soit longue ou petite, en argent ou en plastique, à poisson ou à dessert.
La fourchette est donc en son essence outil à piquer des aliments.
La fourchette qui ne présenterait pas ce caractère ne serait pas une fourchette.

Tout dépend des limites que tu poses à l'objet "fourchette". Je précise tout de même que la plupart des essences ne peuvent être nommées. C'est-à-dire que tu peux avoir plusieurs fourchettes, similaires dans l'essence que tu décris; mais différentes dans certains accidents (qui pourront ou non faire partie de l'essence de l'objet telle que tu la conçois).
J'ai associé le mot fourchette à une essence; mais évidemment ce n'est qu'un analogie, puisqu'en général on ne peut pas donner un nom précis à une essence (sauf par exemple dans le cas d'objets précis; vivants, oeuvres, etc.; auxquels on donnera un nom particulier qu'on associera à leur essence).

Antho38290:Bien évidemment que pour que les raisonnements émis soient valides, ils font qu'ils aient en eux des fondements rationnels , logiques, issus de la démonstration. Après, il est IMPOSSIBLE de tout démontrer dans tous les domaines différents tout simplement car la démonstration a également ses limites. Je dirai donc qu'il est nécessaire de s'appuyer sur des démonstrations en philosophie, mais il peut également être nécessaire de s'en détacher. N'es-tu pas d'accord ?

Je crois qu'il peut être nécessaire de s'en détacher pour faire les définitions applicables à la réalité; cependant les liens logiques que je ferais ensuite me permettant d'arriver à une conclusion à partir d'un ensemble de définitions doivent se faire avec des liens logiques absolus. Evidemment, on peut utiliser d'autres méthodes (par expériences par exemple), mais ce sont des méthodes imparfaites (dans le sens où elles ne permettent pas d'arriver à une vérité inchangeable).
Donc oui, évidemment on est souvent obligé de se détacher des démonstrations faute de mieux (et aussi parce que les démonstrations utilisent l'abstraction, qui pousse à détacher une idée avec la réalité pour simplifier la réflexion; ce qui rend la conclusion plus difficile à appliquer).

LB > Pk ?
Tartanpionmdr Tartanpionmdr
Zaguien
Inscrit: 2015-09-22 03:09:30
2016-02-22 22:46:07
LoupBlanc:La lecture de ce topic m'évoque un peu ça.



Nan, nan, ne salis pas ce magnum korth 357, quel beau flingue quand même O_o t'as fait ma journée.

Sinon pour ma participation au sujet, car je poste un message, il faut qu'il soit aussi un minimum cohérent avec le sujet, pour que ce dernier ait une sorte de '' légitimité'' dans ce topic. ''Peut-on être aimé'', pour moi l'amour peut être un sentiment réciproque, c'est-à dire, que l'amour d'un individu entraîne celui de l'autre, et je ne parle pas que de l'amour ''amour'', mais aussi une sorte d'amour amicale, c'est-à-dire, pas un amour physique, mais pssychologique, social. Ainsi quand, par exemple on peut voir dans la rue des couples d'amis, et même des couples amoureux, pour être ensemble ils doivent forcément s'aimer les uns les autres, que ce soit amicalement ou lovement.
Anonyme
2016-02-22 23:23:58
Pour moi, l'amour ne se limite pas à l'Homme, on peut s'attacher aux constructions de l'Homme(pas la construction de l'Homme mais ses constructions) ainsi on peut aimer plus que des humains des concepts comme la religion jurer de n'aimer qu'un être qu'on ne connait pas et qui relève plus d'une construction de l'imaginaire. Donc première question avons -nous besoin réellement d'aimer les Hommes et pas que leur création ?
Aussi pour moi on aime une image, mais la question est combien de temps aimons-nous une image? Peut-on parler d'intensité dans l'amour, d'où l'importance du premier amour, une image qu'on retient plus et qu'on ne cesse de chérir. Et dans l'amour, le moi existe-t-il, ou le nous n'est que le seul pronom, possible pour la durée car en se donnant les uns les autres finalement notre ego est comblé?
(voila dsl c'est brouillon j'ai pas trop réfléchit sur le sujet)
Shemu Shemu
Zaguien
Inscrit: 2013-10-14 07:10:21
2016-02-23 14:29:45
42
Anonyme
2016-02-23 20:23:26
Antho38290:"Qu'est-ce que le moi ?" et "Peut-on réellement être aimé ?" et donc en ce sens "Qu'est ce que l'essence même de l'amour ?"

J'ai lu les réponses précédentes, mais je n'y répondrais pas directement, parce que je pense qu'il n'y aura pas assez de liens avec ce que je vais écrire.

Dans l'amour on pourrait d'abord voir un rapport hiérarchique naturel avec échange. La responsabilité et les risques pour garantir la survie, échangés contre le réconfort, la récompense, l'héritage.
Ceci dit, éloignons-nous de cette idée sans doute désuète et superficielle.
De mon point de vue personnel, d'ailleurs, l'idéal d'un amour, serait au contraire d'échapper à ce type de rapport "traditionnel".

Il est très juste de ce qui se perd, physiquement et psychiquement. Maintenant est-ce vraiment perdu et effacé? Si oui pourquoi donc s'y attacher?


Je pense que l'amour c'est ne voir que l'avenir, jusqu'à la dernière seconde de lucidité (même si plus qu'un seul des deux n'est lucide). Autrement dit c'est croire et évoluer jusqu'au bout ensemble (même si ça échoue - et malheureusement c'est souvent parce qu'on ne croit pas assez).

Ce n'est pas apprécier l'autre pour ce qu'il est à un moment donné, suivant une description qu'on s'en fait, vu qu'il changera forcément et change en permanence. Mais vouloir et avoir foi en l'évolution commune, et en ce qu'on sera ensemble. On ne peut arrêter de changer, matériellement (si on regarde les cellules et en particulier les neurones) et psychiquement (sentiments imbriqués, modifiés totalement par l'environnement immédiat).

Pour moi la base de l'amour repose sur des influences réciproques qui amènent à se construire l'un l'autre (en partie du moins), en continu si possible. Ce serait alors interagir suffisamment pour changer et changer l'autre, et sans rapport hiérarchique (rapport de dominant/dominé officieux, caché ou non). Et ce jusqu'à la dernière seconde, et donc autant que possible (loin au-delà du désir, et au mieux jusqu'à la dernière seconde de vie, ... "jusqu'à que la mort nous sépare" ... ).

De mon point de vue, la seule chose à apprécier de l'autre pour aimer, c'est sa volonté et sa foi en un futur commun, quand elle est réciproque. Sans chercher à classer des qualités, et avec le moins possibles de critères voulus de compatibilités (qui ne sont que des clichés à moment donné).
Il faut laisser place totale à l'intuition et être soi-même (influencé par l'autre), et laisser l'autre être ce qu'il ou elle sera (influencé par soi). C'est même cela qui permet de se sentir moins opprimé aurais-je tendance à croire, créant un sentiment de bonheur intense.

Pour moi retourner sur les souvenirs volontairement, à coup de photos constitue plutôt une erreur. (Même si c'est ce que tout le monde fait par habitude, pour les souvenirs en général, moi compris. Ou pour se convaincre d'avoir bâti quelque chose, au lieu de continuer à ... vivre. ). Sur les photos de couple anciennes, on voit deux autres personnes qui n'ont rien à voir avec ce que l'on est devenu au moment où ont les regarde. On ne voit qu'une pièce infinitésimale d'un édifice (pas l'édifice, qu'on construit jusqu'à la mort). Il faut poursuivre vers l'avenir, projeter, non pas se réfugier dans un idéal passé et qu'on regrette. Sinon on ne va s'attacher que nostalgiquement à des clichés. Mieux vaut privilégier des choses qu'on a jamais faites, et les découvrir ensemble ou les faire découvrir à l'autre (immédiatement ou comme "part de mystère" ). Et pas forcément du saut à l'élastique à 80 ans, mais on pourra toujours trouver quelque chose de très accessible et jamais testé. Même avec des facultés très réduites ou un temps limité, il y aura toujours une petit quelque chose, une plante verte. Ou même une parole, un écrit. Une nouvelle espèce de fleurs. N'importe quoi. Même juste un moment qui ne ressemble pas à un autre, tout simplement. Même dans une routine quelque part. On peut aimer la répétition pour se sentir éternel et dans un contexte familier, tout en aimant dans celle-ci découvrir toujours de nouvelles facettes de la vie, de nouvelles émotions et imbrications d'émotions, de nuances.

Pour le "perdu et effacé", j'estime qu'on devrait ne pas s'en soucier. Ce qui a été dans le passé subsiste dans ce que l'on est devenu. Rien que la rencontre. La rencontre est là : on a été changé par celle-ci, quoiqu'il arrive (et d'autant plus si on est toujours avec l'autre). Inutile donc de la fêter, d'en ressortir les photos ou encore la chanson qu'on écoutait en boucle pendant cette période (même si c'est ce que beaucoup de monde, voire tout le monde fait).

Dans aimer, je pense qu'il y a donc penser l'avenir et accepter de changer à deux, et avoir volonté de poursuivre cela. J'ai peut-être répondu à côté mais c'est ma vision des choses (aussi délirante ou calquée sur une source d'inspiration majeure pourrait-elle être).

Quant à la question de l'intuition, oui les trois premières années, encore jeune éventuellement, il peut y avoir 90 si ce n'est 99.9% de désir. Mais passé ce temps là, d'autres choses - venues par intuition donc - entrent en compte. (Après bon que ce soit pas trois ans mais 15 mois ou six ans, vous avez compris l'idée. ) Et c'est dommage quand on voit énormément de relations qui ne se terminent qu'à cause de l'amenuisement du désir et par une nostalgie du désir passé. J'ai toujours pensé qu'on devait "savoir aimer sans désirer" (si ce n'est pas au début, au moins passé les premières années).
Pandaren Pandaren
Zaguien
Inscrit: 2012-04-23 12:04:00
2016-02-25 00:21:09
Comme le disait maitre Tang: euh... qu'est ce qui disait déjà ce con ?

Ah oui... Si la philosophie est l'air pur de l'esprit, ça ne peut empêcher de vivre parfois en paix...