En 2016 le dépistage évolue vers un suivi de la santé sexuelle : PRESERVATIFS, TPE, PREP, TASP, etc

******* Allomat69
Zaguien
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2015-12-30 08:29:22
En 2016 le dépistage évolue vers un suivi de la santé sexuelle : PRESERVATIFS, TPE, PREP, TASP, etc


En France le dépistage des infections sexuellement transmissibles (IST) dans les Centres de Dépistage devient encore plus stratégique. Car non seulement comme avant il va orienter vers le traitement précoce du VIH par des antirétroviraux (ARV) si cette sérologie positive est diagnostiquée, mais il va pouvoir aussi permettre de prescrire un traitement préventif du VIH (PREP) si un haut risque d'infection est identifié chez une personne majeure. Les Centres de dépistage anonymes et gratuits changent de nom pour l'occasion, et deviennent les CEGIDD. Il existe(ra) aussi des consultations de santé sexuelle dans certains hôpitaux.


Chacun pourra donc se retrouver dans un des 3 modes de prévention des IST dont le VIH suivants :

1) ordinaire (habituel) = préservatif + trait. d'urgence en cas de prise de risque (TPE) + dépistage périodique au moins tous les ans, voire plus fréquemment en cas de partenaires multiples (édité le 05/02/2016);

NEW 2) haut risque = préservatif + dépistage tous les 3 mois + trait. préventif (PREP) ;

3) séropo = préservatif + dépistage des IST + trait. du VIH (ARV), pouvant prévenir la contamination VIH des partenaires séronegs à certaines conditions (TASP).


Chaque mode de prévention est organisé en boucle de rattrapages permettant d'améliorer sa prévention, et le mode suivant vient lui aussi en rattrapage du précédent.
Pour mémoire il existe malgré tout une possibilité d'échec notée 4) dans mon schéma. Car le VIH peut encore tuer en France y compris des jeunes, par exemple si on s'est fait dépister 5 a 10 ans trop tard, et que les traitements ne parviennent pas à stabiliser l'affaire. Donc prudence, et ne pas se désintéresser des dépistages...

Un dessin valant mieux qu'un long discours, j'ai schématisé ces 3 modes de prévention…






Plus de détails sur la prophylaxie pré-exposition au VIH (PREP)...

La prophylaxie du VIH ne protège que du VIH, et ne dispense pas des préservatifs contre les autres IST, dont certaines sont sérieuses. Et elle a ses propres modes de défaillance comme les autres protections (négligence, erreurs, oublis, etc).

Sous réserve de vérifier tous les 3 mois qu'on soit strictement séroneg VIH, que les reins résistent au traitement chronique, et quelques autres conditions médicales, la prophylaxie pré-exposition c'est avoir un médoc antirétroviral dans le sang suffisamment avant, pendant, et après une exposition au VIH, pour l'éliminer complètement avant qu'il ne s'installe.

Il existe actuellement deux possibilités à définir avec le médecin prescripteur, soit une pilule de Truvada tous les jours, soit 2 pilules 24h à 2h avant l'exposition pour que l'antirétroviral soit présent dans le sang, puis 1 pilule après 24h, et 1 autre après 48h. Le taux de protection contre le VIH est excellent dans les deux cas - sous réserve de respecter les posologies, de l'ordre de celui des préservatifs bien utilisés.

La prophylaxie vise à compenser la surexposition au VIH des gens à haut risque de se faire infecter. Et ce faisant la surexposition de leurs partenaires ultérieurs, les gens nouvellement infectés étant très infectieux et difficilement dépistables les premières semaines.

En France les spécialistes du VIH, et le groupe de travail de l'Agence Française de Sécurité du Médicament qui vient d'autoriser temporairement un médoc pour cet usage (le Truvada), ont défini l'indication de la prophylaxie pour les gays (ou trans) ayant un risque élevé d'acquisition du VIH par voie sexuelle, par une phrase de risques :

"relations anales non protégées avec au moins deux partenaires sur une période de 6 mois ou ayant présenté plusieurs épisodes d'IST (syphilis, infections à Chlamydia, gonococcie ou primo­infection par les virus des hépatites B ou C) dans l'année ou ayant eu plusieurs recours à une prophylaxie antirétrovirale post-exposition dans l'année ou ayant l'habitude de consommer des substances psycho-actives lors des rapports sexuels."

Autrement dit un niveau élevé de risque d'acquisition du VIH, soit par prise de risque habituelle (absence répétée de préservatif lors de relations anales), soit à cause d'IST sérieuses répétées ou à un recours répété au TPE suggérant des situations a risques habituelles, soit par utilisation habituelle de substances qui diminuent la vigilance et la prudence. La décision du médecin s'appuiera sur une fiche dite "d'initiation" de la prophylaxie, dont on ne connait pas le contenu car il n'est pas public (édité).

Les antirétroviraux ne sont pas des bonbons, ils nécessitent une surveillance médicale stricte, notamment des reins, et de l'hépatite B (édité). Et surtout de rester séroneg, au risque sinon de développer des résistances préjudiciables aux traitements ARV ultérieurs.

Outre les hôpitaux ayant une consultation spécialisée pour commencer, cette surveillance trimestrielle ainsi que la délivrance du médoc pourraient dans le futur pris en charge gratuitement par les centres de dépistages (ex CDAG), transformés pour l'occasion en centres de santé sexuelle, les CEGIDD (Centres gratuits d'information, de dépistage et de diagnostic des infections par les virus de l'immunodéficience humaine et des hépatites virales et des infections sexuellement transmissibles).


On trouve sur ces liens les adresses des Centre de dépistage (CEGIDD ex CDAG) :
 
 


Mon avis perso…

Il ne faut pas hésiter à utiliser au mieux les médocs dans leurs indications, dont la prescription est de la responsabilité de médecins ...qui ne vont pas venir vous chercher : il faut aller se faire dépister.

Les médocs (TPE, PREP, TASP,... ) nivellent les risques les plus importants, mais à condition de ne pas ouvrir d'autres brèches moins risquées mais potentiellement beaucoup plus nombreuses. Il n'est actuellement pas possible de se passer des préservatifs, à cause du grand nombre d'hétéros, de gays prudents, ainsi que de mineurs et autres personnes vulnérables.

Or de nombreux média relaient hâtivement l'information «PREP = Préservatif», ou encore «La PREP est un choix», ce qui est actuellement inexact, et donc hasardeux.

Dans ces conditions demeurant risquées, il est prudent de continuer à utiliser les préservatifs, qui sont probablement encore très loin d'être obsolètes, mais aussi de ne pas hésiter à utiliser les médocs dans leur indication, lorsque les médecins les proposent. C'est le principe élémentaire de la ceinture et des bretelles pour ne jamais risquer de perdre son pantalon, que j'appelle les «rattrapages» dans mon schéma.

L'organisation de la prophylaxie du VIH étant nouvelle en France, je n'ai aucune idée des difficultés qui pourraient être rencontrées lors de sa mise en place, théoriquement dès le début du mois de janvier 2016.


Et pour la route, un beau Priap en bronze conservé au musée de Picardie, datant de l'époque romaine il y a environ 2000 ans, enjoy ^^

******* Allomat69
Zaguien
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2016-06-12 08:50:15
Les centres de dépistages désormais appelés CEGIDD, viennent d'etre autorisés à délivrer la prophylaxie pré-exposition aux gens les plus exposés au VIH :

 

Ce topic est donc toujours d'actualité.

Les centres de dépistage qui peuvent déjà dépister les infections sexuellement transmissibles (IST) dont le VIH, donner les conseils les plus appropriés à la vie sexuelle de chacun, généralement donner des préservatifs gratuits, vont désormais pouvoir conseiller et meme prescrire une prophylaxie pré-exposition au VIH aux gays ou trans majeurs qui seraient à haut risque de s'infecter par ce virus.


Pour ceux qui débuteraient dans la connaissance et la prévention du VIH et plus généralement des IST, j'avais posté une synthèse quelques temps auparavant ce topic :
forum/viewtopic/48773/vih-et-ist-le-point-sur-les-principes-et-moyens-de-prevention/0/

On trouve aussi pléthore d'informations sur les site de Sida/Hépatite Info Service, Aides, etc...