VIH-SIDA: en France un jeune peut encore en mourir

******* Allomat69
Zaguien
Inscrit: 2007-04-09 05:04:11
2015-09-02 16:51:00
LORSQUE CETTE HISTOIRE COMMENCE IL AVAIT 24 ANS, ET AURAIT PU ETRE UN ZAGUIEN.

Qui sait, il l'a peut-être été zaguien, Zag est maintenant ancien.
En tout cas il a témoigné ses difficultés de séropo sur Yagg.com (journal et blog LGBT que je vous recommande si vous vous intéressez à l'actualité LGBT). Il a évoqué notamment la découverte de sa séropositivité à 24 ans, puis d'un cancer après 30 ans lié à l'évolution de son infection vers le Sida.
Il n'a pas pu en écrire le dernier chapitre, il luttait contre l'aggravation de son cancer, qui a eu raison de ses forces au cours de ce mois d'août 2015, à 32 ans.

Je ne le connaissais pas, mais son histoire est touchante, tellement caractéristique des difficultés des jeunes, des séropos, et de l'évolution de la maladie lorsque la prévention ne parvient pas à éviter l'infection au VIH et le traitement à en maitriser l'évolution vers le SIDA.

En le lisant, il m'est apparu indispensable d'évoquer son histoire.
En son souvenir parce qu'il apparaît avoir été très connu et apprécié dans le milieu associatif LGBT, mais aussi pour diffuser son témoignage riche en enseignements.

Le plus simple est de vous renvoyer à la lecture de ses deux articles du blog sur Yagg, et à l'article que ce journal lui a consacré après son décès, tous très émouvants :
-  
-  
-  

Je suis triste pour lui, sa famille et ses amis, mes pensées l'accompagne.




Mais on ne baissera pas les bras...

UN PEU DE PREVENTION, POUR QUE LA VIE CONTINUE, ET POUR LES PLUS JEUNES...

Je m'adresse aux mecs, mais il existe quelques modes d'infection chez les filles, qui mériteraient un topic spécifique.

Une fois n'est pas coutume, j'ai choisi de commencer par ce qu'il vaut mieux vraiment ne pas faire, puis un rappel de ce qu'il vaut mieux faire pour se protéger.

Et enfin une petite explication perso sur la structure de ces conseils que l'on arrête pas de se répéter, et que l'on a parfois du mal à suivre.

Que vous pouvez compléter, je rajouterai vos idées.


D'ABORD CE QU'IL VAUT MIEUX VRAIMENT EVITER :

- de ne pas protéger une relation anale lorsqu'on est pas sûr de son partenaire à 100%. Notamment sperme/anus est 100 fois plus risqué, mais tout est risqué.
L'amour ne protège pas du VIH (et des autres IST), les capotes oui, en tout cas aujourd'hui.

- les contacts sanguins, pour les gens exposés à ce risque.

- d'être déchiré, ou "enfumé", quand le moment est venu de penser à se protéger (et se méfier du risque d'abus au GHB, drogue du viol).
Sinon le lendemain, pour s'assurer à peu près de rester séroneg, il ne restera que le traitement d'urgence (TPE) débuté avant 24 à 48h, et suivi pendant un mois avec des effets secondaires...

- lorsqu'on est un « mec sortant avec des mecs », éviter d'attendre des années avant de se faire dépister, et à fortiori d'attendre plus de 5 ans que d'éventuels premiers signes de Sida se déclarent (persistance d'une grande fatigue, amaigrissement brutal, nombreux ganglions, diarrhée, toux, etc, voire maladies déjà plus graves, pneumonie, tuberculose, cancer, etc).
Parce que lorsque les défenses immunitaires sont déjà affaiblies, il y a beaucoup plus de taffe pour les médecins et le malade.
Et lorsqu'un Sida est déclaré, la survie n'est déjà plus de 100 % après un ou deux ans, malgré l'efficacité actuelle des antirétroviraux, antibiotiques, anticancéreux...

- lorsqu'on est très déprimé, ne pas espérer "mourir du Sida" en prenant des risques : pendant 5 à 8 ans il ne se passera rien, puis on mettra 2 à 3 ans pour mourir si absence de traitement du VIH.
On ne peut pas imaginer plus mauvaise idée, il vaut mieux courir chez son médecin pour soigner sa dépression.

- lorsqu'on est dépisté séropo, et donc normalement mis sous antirétroviraux journaliers, vraiment éviter d'arrêter son traitement sans avis médical (qui cherchera une solution aux éventuels problèmes, style déprime, intolérance à une molécule, au dosage, etc), parce qu'il se produit un "rebond" de l'infection, qui peut aggraver sérieusement son évolution, malgré une inévitable reprise des antirétroviraux.


CE QU'IL VAUT MIEUX FAIRE, AVEC CE QUI EST A NOTRE DISPOSITION AUJOURD'HUI :

- se protéger le mieux possible (actuellement capote), y compris les rapports oro-génitaux dans les situations à risque.

- se faire dépister régulièrement (au moins tous les ans, et plus souvent si on sort beaucoup, ou en cas de prise de risque).
En France les centres de dépistage sont anonymes et gratuits, y compris pour les mineurs.

- penser au traitement d'urgence (TPE) avant 24 a 48 h en cas de prise de risque.
En France le TPE est gratuit, y compris pour les mineurs.

- se souvenir qu'en cas de dépistage positif au VIH, il est aujourd'hui démontré que le plus rapidement on sera mis sous traitement, le moins on aura de souci de santé tout au long du traitement, qui actuellement doit durer toute la vie.
En France le traitement est gratuit, mais la confidentialité n'est pas assuré à 100% aux mineurs, et pour les moins de 15 ans elle est légalement impossible. Mais cela ne doit pas être une cause de prise de risque en fuyant, en cas de problème il faut en parler.


ET POUR LES GENS QUI TROUVENT TOUT CELA HYPER COMPLIQUE, OU PASSABLEMENT CONTRAIGNANT :

L'histoire du jour est celle d'un mec, qui trouvait sa chemise trop longue, la couleur de son pantalon trop moche, et son boxer trop serré. Un jour il s'est retrouvé à poil, parce qu'il ne lui restait plus un cm2 de tissu sur les fesses...
Pas vraiment authentique, mais les accidents graves sont généralement de ce style, et la prévention leur oppose le même.

En effet la plupart des accidents sérieux de la vie surviennent bien moins par malchance, que par cumule successif de quelques circonstances très défavorables, pendant un laps de temps rarement bref.
On dit « je viens d'avoir un accident », alors que l'accident a débuté il y a plusieurs mois, s'est conforté les derniers jours ou aggravé les dernières heures, et on n'a remarqué que le dernier événement déclencheur que l'on appelle naïvement «l'accident».

C'est pourquoi lorsqu'il n'existe pas de solution miracle, la prévention et les traitements/moyens-de-lutte fonctionnent de façon symétrique aux risques : en multipliant les couches à la façon des pelures d'oignon, qui chacune peut parfois s'arracher, mais dont il devrait rester quelques unes avant que cela fasse pleurer...

N'hésitez pas à réagir à ce pavé, qu'il ne m'a pas été si facile d'écrire, et de le compléter, corriger, ou poser des questions si je ne suis pas clair :-)
-Lexav- -Lexav-
Zaguien
Inscrit: 2012-10-13 07:10:31
2015-09-09 01:16:05
Franchement poignant le témoignage, je sais pas comment il a fait pour écrire ça de cette façon dans son état.
et merci pour les petits conseils allomat