Diagnostiquer et dépister le VIH au stade de la primo-infection...

******* Allomat69
Zaguien
Inscrit: 2007-04-09 05:04:11
2014-02-10 22:37:46
Parmi les suites données au recommandations du rapport de septembre 2013 sur la prise en charge médicale des personnes vivant avec le VIH, figure en bonne place la reconnaissance des symptômes et le diagnostique de la primo-infection, pendant un laps de temps compris entre 10 jours et 2 à 3 mois après l'infection.

Ces symptômes ne sont malheureusement ni systématiques, ni spécifiques du VIH, mais diagnostiquer l'infection à son début c'est pouvoir la traiter avant que le virus ne se cache plus profondément dans l'organisme. Les spécialistes y voient actuellement un bénéfice personnel pour le patient (évolution plus favorable de la maladie) et collectif de contrôle de l'épidémie (patient moins infectieux pour les autres).


Pour ceux qui craignent les pavés, voici mon résumé...

Si une à quelques semaines après un rapport sexuel non intégralement protégé, surviennent des symptômes qui ressemblent à une grippe ou angine ou gastro ou mononucléose, plus exactement un syndrome viral aigu persistant (fièvre, douleurs articulaires, douleurs musculaire, fatigue, mal de tête,...), avec éventuellement des ganglions ou des diarrhées ou vomissements, des boutons ou des plaques, voire des symptômes neurologiques, il est actuellement recommandé d'évoquer sans délai avec son médecin une recherche de VIH, qui sera adaptée à l'antériorité d'une éventuelle prise de risque identifiée : dépistage de la charge virale, ou des antigènes et anticorps, le test rapide n'étant pas adapté dans ce cas, car efficace seulement après 3 mois quand la primo-infection est déjà terminée.

Pour ceux que le sujet intéressent, l'interview intéressante de Laurence Morand-Joubert :  

Pour ceux qui aiment les pavés, un extrait du rapport...
(le rapport complet  )

La primo-infection par le VIH correspond à la période d'invasion de l'organisme par le virus survenant dans les 12 premières semaines suivant la contamination, période pendant laquelle les réponses immunes antivirales apparaissent et le réservoir viral se constitue. Un équilibre immunovirologique est atteint dans les 6 premiers mois de l'infection ; il conditionne la progression clinique et immunologique ultérieure. La période de primo-infection a deux particularités : une présentation clinique très variable d'un individu à l'autre, un diagnostic qui peut être mis en défaut par les tests sérologiques en cas d'infection très récente et qui nécessite la recherche directe du virus à cette période. Les résultats de plusieurs études récentes convergent en faveur de l'initiation rapide d'un traitement antirétroviral dont le bénéfice individuel et l'impact sont supérieurs à ceux observés pour le traitement de l'infection chronique.
[…]
Une enquête récente a montré que les personnes les plus fréquemment dépistées dès la primo-infection sont les hommes ayant des rapports sexuel avec les hommes (HSH, 20 % des nouveaux diagnostics dans ce groupe).
[…]
Le diagnostic de la primo-infection à VIH présente un enjeu majeur sur le plan individuel et collectif, s'agissant d'une période de réplication virale très active à risque élevé de transmission sexuelle.
[…]
La difficulté repose dans la faible spécificité des symptômes et signes possibles, qui sont observés à partir de deux à quatre semaines suivant une exposition à risque :
– signes cliniques : une primo-infection à VIH doit être recherchée devant des signes cliniques compatibles avec un syndrome viral aigu persistant (fièvre, ce d'autant qu'elle dure plus de sept jours, arthralgies et myalgies, asthénie) qui peut être associé à une polyadénopathie, à des manifestations cutanéomuqueuses (angine ou pharyngite, rash, ulcères oraux ou génitaux), à des troubles digestifs (diarrhée), ou à des symptômes neurologiques (méningite lymphocytaire, encéphalite, mononévrite). Ces symptômes s'amendent spontanément en quelques jours à quelques semaines, les adénopathies pouvant persister plus longtemps
– anomalies biologiques : les anomalies biologiques hématologiques (thrombopénie, neutropénie, hyperlymphocytose dans le cadre d'un syndrome mononucléosique ou lymphopénie précoce) sont les plus fréquentes, souvent associées à une cytolyse hépatique ;
– risque identifié et déclaré d'exposition à haut risque sexuel, sanguin ou professionnel.

Les principaux diagnostics différentiels de la primo-infection à VIH sont les autres primo-infections associées à un syndrome mononucléosique (infections à virus Epstein Barr ou cytomégalovirus, toxoplasmose), la grippe, les hépatites virales aiguës, les infections streptococciques et la syphilis. Ainsi, les explorations dans un contexte fébrile doivent systématiquement inclure la recherche d'une primo-infection par le VIH chez une personne sexuellement active. La recherche d'une ou plusieurs infections sexuellement transmises (IST) doit être systématiquement effectuée en parallèle dans ce contexte diagnostique.
Il faut aussi évoquer et rechercher une primo-infection à VIH chez une personne asymptomatique qui rapporte une exposition récente voire très récente
[...]
Arguments pour un traitement rapide :
La primo-infection par le VIH est un moment clef de l'installation du virus dans l'organisme.
[…]



J'ai mis ce topic en prévention, mais ces recommandations sont suffisamment nouvelles pour susciter le débat:-)
Florian The-ark
Zaguien
Inscrit: 2007-11-19 07:11:53
2014-02-11 00:52:12
C'est tout simplement un rappel pour les médecins, comme une circulaire qui rappellerait les pratiques de bonnes conduites... Mais c'est pas tellement nouveaux. Tout ça c'est déjà dans nos bouquins d'infectiologie.
Le plus nouveaux récemment dans la prise en charge des patients VIH+ c'est la mise en place d'un traitement antirétrovirale sans attendre un certain seuil de CD4, ou une symptomatologie particulière. Ceci afin de réduire la transmission car on sait désormais que le traitement permet de diminuer la transmission du VIH.
******* Allomat69
Zaguien
Inscrit: 2007-04-09 05:04:11
2014-02-11 07:38:52
Salut the-ark, et merci de tes commentaires :-)

J'avais bien compris que ce rapport s'adresse d'abord aux médecins, mais faut déjà que les patients aillent consulter, ce qui n'est pas toujours évident sur des symptômes "grippaux" peu spécifiques, surtout en hiver. Et on est sur un site de jeunes (et gays) généralement moins sujets aux grippes, et plus exposés aux IST.

Même si un traitement plus précoce est dans l'air du temps depuis 5 ans, on sent bien que les choses se sont accélérées depuis un ou deux ans, et que les médecins voient désormais un vrai bénéfice à diagnostiquer le VIH dans les premières semaines à premiers mois.....
...lorsqu'il provoque ces symptômes transitoires, ce qui n'est pas toujours le cas.

Évidemment cette vigilance s'ajoute et ne se substitue pas au dépistage périodique
.
(rappel aux jeunes zaguiens, pas à toi xD ).


"Ceci afin de réduire la transmission car on sait désormais que le traitement permet de diminuer la transmission du VIH."

Pas uniquement, les études récentes montrent qu'il y a un bénéfice à empêcher le virus d'aller se cacher dans des "réservoirs" où il est actuellement inaccessible, et constitue une menace chronique, nécessitant un traitement continu...
 
Anonyme
2014-02-13 19:03:23
Là on est dans mon domaine.

The ark a très bien lu entre les lignes.

Le pavé était effectivement sans aucun intéret et ne faisait que rappeler des choses sues depuis très longtemps, qui n'ont jamais amené les autorités à changer leurs conseils dans le passé. On répète depuis des années qu'il y a des intérets à être soigné tôt, mais on n'est jamais passé à l'acte de traiter tôt pour autant. ce n'est pas là qu'il faut chercher l'explication.

ce qui est nouveau c'est que les traitements rendent non contaminants, il ne faut pas chercher ailleurs à moins d'être très naîf. En particulier, la période de primo infection où l'organisme ne développe pas encore d'anticorps et laisse le VIH se développer à des niveaux d'extrême contagiosité, absolument incomparable avec la contagiosité assez moyenne du séropo passée cette période, rend la mise sous traitement obligatoire chez les dépistés séropositifs. Pas question de croire sur parole le patient, surtout s'il déclare ne pas avoir de sexualité ou s'il déclare mettre une capote : déjà, un tiers des personnes mentent, et les sincères ne sont pas à l'abri des hasards de la vie. Allomat le dit très bien à sa façon :la vigilance ne se substitue pas au dépistage systématique : il est sans illusion sur la réalité et conseille ce dépistage parce qu'il sait très bien que désormais 40% minimum des gays ne se protègent pas. Ce qui est curieux , c'est qu'il n'en tire aucune conclusion pourtant évidente sur la cause réelle du changement capital que constitue la mise sous traitement immédiate après le dépistage de la séropositivité.
Sur vih.org, ils sont plus explicites, et j'ai pu y lire une autre raison il y a environ 3 mois : le risque pénal désormais encouru par le médecin qui oublie de rendre non contaminant le patient .

Voici la hiérarchie des raisons profondes qui selon moi ont amené à ce changement de politique.
1 - protéger les médecins ! ( des risques pénaux )
2 - être plus efficace qu'avant dans la prévention en évitant facilement des contaminations évitables chez les partenaires des personnes séropositives qui n'utilisent pas le préservatif.
3 - améliorer la santé des patients dans la mesure où effectivement les effets secondaires désormais minimes semblent un moindre mal face aux dégats des attaques précoces du virus.

Je profite de cette rubrique pour dénoncer le scandale des tests de dépistage : il est absolument insensé qu'on ait encore recours aux tests ne détectant que les anticorps , d'une inefficacité épidémiologique extrême : la lutte contre l'épidémie est une course de vitesse : seuls les tests avec antigèneP24 sont utiles. Il s'agit de tests où les personnes en primo infection, à l'origine de la moitié des contaminations , sont dépistées en 10 jours, et non en 3 mois. Que fait une personne à risque récemment contaminée sans le savoir, pendant 10 jours .....et que fait-elle , récemment contaminée et sans le savoir , pendant 3 mois ? ! et vous aurez tout compris.
le problème, c'est que les Français ont mis au point les vieux tests Elisa : ils sont complètement inactuels par rapport aux enjeux modernes, mais bon, il faut bien rentabiliser avec les royalties.....sauf que pendant ce temps là....!
Florian The-ark
Zaguien
Inscrit: 2007-11-19 07:11:53
2014-02-14 12:44:05
Les tests de dépistage non combinés c'est à dire sans l'agent p24 ne doivent plus être utilisés d'après l'HAS dans le cadre du dépistage...et clairement je pense pas que ça se fasse encore beaucoup et heureusement. Néanmoins le résultat n'est fiable qu'à six semaines même s'il l'ag p24 est normalement détectable à 10 jours.
 
******* Allomat69
Zaguien
Inscrit: 2007-04-09 05:04:11
2014-02-14 19:06:45
Les points techniques essentiels apparaissent avoir été abordés, j'espère de façon compréhensibles.

Je rappelle que j'ai posté ce topic pour que les gens pensent à consulter suffisamment vite en cas de doute, en plus des dépistages habituels.


A propos de l'habituel débat sur la coordination entre chercheurs, labos, medecins, et politiques, ne suis pas surpris que par sens des responsabilités ou par crainte du risque juridique ils avancent avec précaution. Si des retards ont pu etre pris, des fausses routes ont été faites aussi par confiance excessive, lourdes de conséquences.

Le sens des responsabilités des gays me semble aussi important.

Si un médecin ne fait pas confiance à un séropo sur sa capacité à protéger les autres, comment pourra-t-il lui faire confiance sur l'observance de son traitement ? Avec le risque de rebonds, développement de resistances, transmission de ces résistances, etc.

De façon plus générale, je suis réservé sur l'idée qu'il y ait un atavisme gay qui les pousserait à baiser comme des lapins, et finir inévitablement ou presque sous traitement antiviral un jour ou l'autre.

Les jeunes naissent séroneg, et peuvent le rester pour peu qu'ils s'en donnent les moyens. Ils eviteront au moins un emmerdement chronique serieux, à défaut de pouvoir eviter tout emmerdement un jour ou l'autre.

Autant je crois qu'il faut aider les seropos, justement pour augmenter la confiance (la leur, la notre) puisque les traitements la rendent possible, autant que pense qu'il faut responsabiliser les gays qui par leur comportement risqué font prendre des risques aux autres, en particulier aux plus jeunes.

Dans tous les domaines de la société, habituellement ce sont les gens dangereux qui en assument les conséquences, meme si on développe aussi la prévention individuelle contre eux.
Anonyme
2014-02-18 10:47:35
Perso je ne crois pas un instant, mais alors pas un seul instant, que la politique de dépistage volontaire obtienne le moindre résultat.
Pour commencer : et zagay en est l'exemple typique : la sérophobie manifesté par les internautes et l'absence totale d'information relayée par le site sur l'intransmissibilité du VIH faisant des séropositifs soignés les plus sûrs de tous les partenaires possible montre à quel point les dépistés ont tout à perdre et rien à gagner. Même dans les pays qui ont fait de la publicité la dessus , et qui ne dénigrent pas ces informations avec du blabla sérophobe pitoyable sur le risque zéro, eh bien je doute que cela suffise.

résumons : d'un coté on a une population paniquée par le VIh et qui se protège systématiquement avec des inconnus : cette population est de moins en moins nombreuse et ne représente même plus la moitié des gays.
de l'autre on a une population qui prend systématiquement des risques et qui ne vas pas toujours au dépistage ( si les gays sont en tête des gens dépistés, les gays sont DERNIERS du classement en ce qui concerne les dépistages tardifs, ce qui prouve contrairement à une idée reçue qu'il y a des gens très contaminants très nombreux chez les gays, parfaitement informés des risques à trop tarder ( 8/10 ans sans dépistage ), mais qui n'y vont pas.
On verra dans quelques années les premiers résultats et les différences entre les pays qui dépénalisent, banalisent le sida , et informent sur l'intransmissibilité du VIH par les traitements, et les autres qui ont choisi les options de maintenir les stratégies classiques ou de cacher l'intransmissibilité par les traitements;

Comme je l'ai dit, je suis en couple libre avec mon ami, mais je sors à l'extérieur et je peux très bien contracter le VIh à l'extérieur, étant acquis que 6 ans de rapport sans préso avec mon Jules ne m'a pas contaminé. On s'en moque tous les deux parce que le VIH est complètement sorti de la problématique de notre couple. Je me demande simplement si c'est vraiment mon intéret d'aller me faire dépister à chaque rapport , que se passerait-il si je me séparais de Jules, retrouverais-je facilement un autre partenaire etc....C'est la seule question que je me pose, et je ne vois pas l'intéret d'aller me faire chier pour le prévention.

Banalisation ou pas ( j'encourage à mort la banalisation car je me sens hypersolidaire de mon ami et je mesure à quel point il est victime des discours et non des réalités ), je doute que cela suffise . J'ai bien senti quand j'ai parlé de la hausse inéluctable de la proportion des gays dans les contaminations que ceux qui ne croyaient pas au "fatalisme" étaient au fond d'eux-mêmes parfaitement convaincus que mon diagnostique était le bon. J'ai l'impression qu'ils viennent ici avec le but de cibler une population jeune pour qu'elle ait un reflexe d'apprentissage pour mettre la capote, et repousser le temps où ils vont l'ôter.
je pense exactement le contraire d'allomat, qui n'aime pas les vieux et les amours avec différence d'âge , et qui rappelle que les vieux sont plus contaminés que les jeunes. Or les séropos soignés étant non contaminants, il se trouve que la seule considération agissante est de savoir si les vieux sont mieux dépistés que les jeunes, et contrairement à ce que dit allomat, si les jeunes se dépistent moins, la conséquence serait que les vieux , mêmes plus nombreux à être séropositifs , seront beaucoup moins dangereux que les jeunes.
Or, pourquoi je dis ça : parce que la sérophobie encouragée sur ce site ado est la plus à même de faire fuir du dépistage les jeunes à risque, c'est à dire ceux qui ne veulent pas écouter le discours d'allomat et dont je doute qu'ils soient moins nombreux que dans les autres classes d'âge.


Au roayaume Uni, ça y est , c'est lancé, on dépiste en forçant les gens. désormais , quiconque va à l'hopital est dépisté pour quelque raison que ce soit, ce dépistage ne sera pas effectué si la personne refuse ouvertement d'être dépistée, mais sinon le dépistage est systématique. Il est fort probable qu'à chaque prise de sang, un test sera fait, et j'imagine en petite ligne " vous avez le droit de refuser le test qui sera pratiqué". des gens ne sauront même pas que les tests sont systématiques et après on leur dira : Ah mais voyez, c'était écrit et vous aviez le droit de refuser".

je pense que si la manière anglaise est très " Perfide Albion " et se fait en douce, le choix est Anglais est le bon.

On vaccine à l'école : franchement, je ne vois absolument pas pourquoi on ne fait pas un test obligatoire dans les lycées , les facs, de façon au moins annuelle. On aurait des résultats bien plus importants qu'en lisant les messages à répétition d'aller au dépistage, ces messages ne fonctionnant clairement pas assez et se heurtant à un refus " plancher" dans certaines catégories parmi les plus contaminées !
Anonyme
2014-02-18 10:50:18
Allomat écrit :
Si un médecin ne fait pas confiance à un séropo sur sa capacité à protéger les autres, comment pourra-t-il lui faire confiance sur l'observance de son traitement ? Avec le risque de rebonds, développement de resistances, transmission de ces résistances, etc.


Que pensez-vous de ces deux phrases d'allomat ?

Bonnes vacances . J'ai trop de boulot hormis ce matin et nous partons en voyage à la fin de la semaine.
Anonyme
2014-02-18 13:58:56
Jmcnono sors de ce corps.
******* Allomat69
Zaguien
Inscrit: 2007-04-09 05:04:11
2014-02-18 21:19:05
Applekikou,
"la sérophobie manifesté par les internautes et l'absence totale d'information relayée par le site sur l'intransmissibilité du VIH faisant des séropositifs soignés les plus sûrs de tous les partenaires possible montre à quel point les dépistés ont tout à perdre et rien à gagner. Même dans les pays qui ont fait de la publicité la dessus , et qui ne dénigrent pas ces informations avec du blabla sérophobe pitoyable sur le risque zéro, eh bien je doute que cela suffise."

C'est faux, on le dit depuis des années. Seulement voilà, tous les séropos dépistés et en cours de soin n'ont pas une charge virale nulle, ce qui oblige à préciser "les séropos soignés sont non contaminants au VIH à certaines conditions".

Et comme bien souvent les seropos ont d'autres infections IST, l'usage du préservatif est adapté en général avec eux. C'est le principe de la ceinture + airbag, qui offre un bon niveau de securité.


"contrairement à ce que dit allomat, si les jeunes se dépistent moins, la conséquence serait que les vieux , mêmes plus nombreux à être séropositifs , seront beaucoup moins dangereux que les jeunes"

Avec des si "on mettrait Paris en bouteille". Actuellement les jeunes sont significativement moins séropos à de multiples germes, et se font plus dépister en volume.

Si les responsables ne communiquent pas trop sur ce sujet, c'est pour que l'effort ne retombe pas, et parce que l'épidémie progresse lentement vers les plus jeunes.

Cela a pour conséquence que c'est aux plus vieux, qui sont le réservoir de virus et autres bactéries, de faire eux aussi un supplément d'effort pour ne pas les partager.

Je voudrais aussi rappeler que les plus jeunes, en particulier les ados, n'ont en pratique pas la liberté de se soigner comme les adultes, car ils sont dépendants de leurs parents, et cachent leurs soucis.

Si tu as une méthode miracle qui repose plus sur la collectivité que sur la protection individuelle, ce serait astucieux de commencer par la tester sur les adultes, de façon à ce que l'épidémie ne diffuse pas vers les plus jeunes.

En attendant les plus jeunes n'ont que le préservatif et les dépistages anonymes.
Plus tard on verra bien ce que proposera le gouvernement.


"Or, pourquoi je dis ça : parce que la sérophobie encouragée sur ce site ado est la plus à même de faire fuir du dépistage les jeunes à risque, c'est à dire ceux qui ne veulent pas écouter le discours d'allomat et dont je doute qu'ils soient moins nombreux que dans les autres classes d'âge"

Les gens n'ont pas attendu Allomat pour se faire dépister. Tu me fais un bien grand honneur, et en effet tu me rappelles quelqu'un.

Ce n'est pas de ma responsabilité de faire la promo des dépistages, et je le fais pourtant à la faveur de ce topic.

A ma connaissance en France les dépistages a l'hosto se font chaque fois que nécessaire (contact avec le sang), ou possible.

Dépister dans les lycées pourquoi pas, mais d'une part ce n'est pas là que sont la grande majorité des séropos, ensuite chez les ados plus que pour les autres il y a besoin d'un accompagnement. Donc à faire de façon intelligente, sinon il n'y aura personne le jour du dépistage.

Encore une fois, dépister est nécessaire, mais la méthode qui consiste à promouvoir le dépistage des autres tout en exigeant un maximum de libertés pour soi, est douteuse.
Léo Ishliyana
Zaguien
Inscrit: 2013-12-24 10:12:53
2014-02-18 22:02:47
Ayant eu quelques relation non protéger, j'hésite à aller me faire dépister.. depuis quelques temps J'ai des mots de tête qui apparaissent assez souvent depuis 3 semaines, les selles de plus en plus liquide, toujours fatiguer puis la j'ai un début de toux.. bon je me fais peut être des films mais dois- je m'en inquiéter?
Florian The-ark
Zaguien
Inscrit: 2007-11-19 07:11:53
2014-02-18 22:31:13
La réponse est: ne t'inquiète pas inutilement, mais fait ce qui est nécessaire pour te rassurer.
Donc oui, fait un dépistage, ne serait-ce que pour connaître ton statut sérologique.

Tu tapes sur google CDAG+le nom de ta ville et tu auras facilement les horaires pour y aller avec ou sans rdv.
Ou sinon, devant ces symptômes tu devrais consulter ton médecin traitant, ou un autre médecin si tu es gêné de raconter ça à ton médecin de famille.
Léo Ishliyana
Zaguien
Inscrit: 2013-12-24 10:12:53
2014-02-18 22:47:58
je vais prendre demain RDV pour un dépistage.. mais ça sera sûrement un dépistage sans prise de sang
******* Allomat69
Zaguien
Inscrit: 2007-04-09 05:04:11
2014-02-18 22:57:14
the-ark +1

ishliyana,
Tu nous as expliqué dans un autre topic que tu es un peu stressé actuellement, et puis tout le monde est un peu malade.

La réponse de the-ark est extra : ne pas affoler, et faire le nécessaire pour se rassurer.

Et puis éviter les relations non protégées, en tout cas anales.
Léo Ishliyana
Zaguien
Inscrit: 2013-12-24 10:12:53
2014-02-18 23:00:44
J'avais un peu oublié la chose, c'est ton topic qui à ressorti l'angoisse, mais sinon ton topic est super il est assez complet^^
******* Allomat69
Zaguien
Inscrit: 2007-04-09 05:04:11
2014-02-19 08:39:52
Merci :-)
On navigue entre information à jour et information anxiogène, la voie est étroite.

Perso j'ai toujours pensé que dans un monde du vivant où tout est en concurrence, il vaut mieux se tenir informé des évolutions, sans sombrer dans la parano.
Anonyme
2014-02-19 09:49:16
Topic complet mon cul. Quelle formidable autocongratulation communautaire d'habitués pour un topic initial creux comme un navet.

Il ne parle absolument pas de la vétusté des tests utilisés , complètements inadaptés à l'importance de la vitesse , un test sans celui de l'antigène P24 devrait être banni mais on écoule les stocks anciens

Rien de rien sur la mise en vente libre des tests, parce que les associations veulent profiter des tests pour faire leur bourrage de crâne ( et justifier une utilité et des salaires pour des métiers que je qualifierai de fictif ). Fait-on un accompagnement pour les tests de grossesse ? On voit bien que les Etats, avec grande lucidité, commencent à mettre en place le dépistage systématique/ presque contraint , et s'ils se heurtent aux associations , heureusement celles-ci commencent à perdre beaucoup de crédibilité. La mise en vente libre des tests est faite dans de nombreux pays étrangers, et c'est sous cette condition qu'on observe un vrai décollage des dépistages, alors pour ce qui est du necessaire accompagnement lors du résultat du test, on dira que la seule necessité est de mettre fin à cet accompagnement s'il n'est pas demandé.
Si on arretait de faire peur aux gens désormais avec le vih, non seulement on éviterait toutes les angoisses inutiles chez les dépistés séro+ , mais on aurait beaucoup plus de dépistage.

Rien sur le rapport que parle d'échec complet sur le plan dépistage des 5 dernières années qui n'a atteint que 15% des objectifs prévus.
******* Allomat69
Zaguien
Inscrit: 2007-04-09 05:04:11
2014-02-19 14:18:37
"Topic complet mon cul. Quelle formidable autocongratulation communautaire d'habitués pour un topic initial creux comme un navet"

Alors tu n'as pas du acheter de navets depuis bien longtemps ^^

Concernant le test combiné, the-arc t'a repondu.

Concernant les tests rapides en vente libre, perso je n'ai rien contre pour les gens qui connaissent les limites de leur sensibilité, et donc apprécier la possibilité de faux-positifs et faux négatifs, et sont en capacité de gérer les suites indispensables aux résultats.

Je ne suis pas très sur que tu t'adresses ici au bon public. As-tu pensé aux sites pour adultes ?
Florian The-ark
Zaguien
Inscrit: 2007-11-19 07:11:53
2014-02-20 00:10:21
Applekikou je suis d'accord avec toi, l'avenir est à l'auto-dépistage, seulement apporte moi un auto-test, un TROD, qui soit suffisamment sensible, et suffisamment spécifique pour satisfaire à un outil de dépistage convenable d'abord. Pour l'instant on n'y est pas, mais c'est pour très bientôt, très très bientôt.

Ensuite je le répète, je n'ai jamais vu de test non combiné jusqu'à présent, ils testent tous le P24... Alors je ne sais pas dans quel endroit ça se fait encore... A moins de vouloir tester une personne qui n'a pas eu de relation sexuelle depuis trois mois, auquel cas, la légitimité d'utiliser la détection P24 est quasi nulle. (En effet, il n'est présent qu'assez transitoirement, si tu regardes les courbes d'évolution du P24 et les seuils de détection, il ne faut pas donner trop d'importance à cet antigène non plus... )

Quant aux associations, notamment en cette période de remue-ménage sur la théorie du genre, et l'enseignement de la sexualité à l'école... Je crois qu'on se rend vite compte de l'intérêt indispensable de l'existence de ces associations, et de l'indispensable formation, et rémunération des personnes qui y TRAVAILLENT, car oui c'est un travail.
L'éducation à la sexualité, et à la prévention, ce n'est pas si facile, je suis assez fier de dire que j'ai participé au séminaire national d'éducation à la sexualité organisé par l'Association nationale des étudiants en médecine.
Ca m'a grandement apporté, et j'ai moi-même pu enseigner ensuite au local tout ce que j'avais appris, et figure-toi que si toi, tu sembles très au courant, même des étudiants en médecine de ma promotion présentaient des lacunes sur les IST, le VIH, la prévention, les préservatifs, la contraception... Bon nous étions plus jeunes, certes, mais en médecine quand même. Alors qu'en est-il d'une population moins exposée à ces problématiques?
Le rôle de ces associations n'est clairement pas obsolète.
Anonyme
2014-02-20 09:45:00
Les associations véhiculent des idées complètement fausses au contraire, elles ont occulté l'effet préventif des traitements aux malades en toute connaissance de cause, les médecins sida ne valent pas mieux. Les associations ne sont pas obsolètes, elles sont nocives, et divisées, et désormais abandonnées par l'Etat, elles licencient à tout va et avec un peu de chances vont disparaitre . Voilà des faits, complétés par mon souhait personnel.

Chez les hétéros, les tests foireux à 3 mois sont plus que suffisant pour faire décliner l'épidémie dans cette catégorie

Le VIh va remonter très sensiblement chez les homos parce que les gens n'ont plus de raison de mettre la capote et donc la part de ceux qui ont moins peur augmente inéluctablement avec le temps, et sans qu'aucun discours ne puisse avoir le moindre effet. Les gays ont une sexualité collective , masculine très intense, qui demande des tests à répétition, carrément mensuel pour les plus actifs, et il y en a beaucoup. le test antigène p24 dans la fenêtre est 8 - 15 jours, est le seul qui ait un intéret épidémiologique

les tests répétés sont le seul salut "épidémiologique" des gays , à supposé que le nombre de séropos ait encore une importance pour une maladie à ce point banalisée.

L'antigène P24 disparaissant au bout de très peu de temps, son test n'a effectivement aucun intéret chez les gens qui n'ont pas eu de relation sexuelle depuis 3 mois, mais voilà : ces personnes sans sexualité n'ont aucune espèce d'importance épidémiologique car ils ne baisent pas ou trop peu pour que leur détection change quoi que ce soit, en particulier s'ils sont en couple, le test à 3 mois va arriver bien trop tard.

the ark : tu dis , pour le test facile d'accès, on n'y est pas ;
c'est le moins qu'on puisse dire, mais heu, je m'excuse mais enfin bon sang , QUI a freiné des 4 fers et mis tout en oeuvre pour que ces tests n'arrivent pas !!! les associations, bien sûr !
je me dépiste une fois par an alors que je devrais le faire une fois par mois, mais bon, comme je l'ai dis, je m'en fous et je ne vais pas faire des dizaines de kilomètres pour me faire dépister .
******* Allomat69
Zaguien
Inscrit: 2007-04-09 05:04:11
2014-02-26 14:26:04
Je ne sais pas si tu es parti de ton plein gré, et il existe le risque que tu reviennes, mais on ne va pas se priver de debattre ^^

Les assoces n'ont jamais pensé que le préservatif était la quintécence, mais dans le contexte actuel il présente l'avantage d'etre une protection individuelle, bon marché, de ne pas etre specifique au HIV (elle protege d'autres IST), et de la simplicité.

Etre refractaire au préservatif, tout en étant partisan de la baise sans retenue, n'a pas de solution fiable tant qu'il n'existera pas de vaccin. Et meme lorsqu'il existe un vaccin comme pour le VHB, il y a encore des gens pour penser que le vaccin est plus dangereux que les risques qu'ils prennent. Sans doute parce que ça les gêne moins de prendre individuellement des risques et en faire prendre aux autres, que d'assumer le risque collectif du vaccin, pourtant tres faible.

Et je me pose la question sur la capacité à prendre tous les jours une pilule préventive de Truvada, quand on est psychologiquement (et non physiquement bien sûr) incapable de mettre un préservatif. Outre que cela coutera 500¤ par mois à la collectivité. La prophylaxie nécessite une rigueur plus proche de celle des filles qui prennent la pilule, que de celle des males dominants chantres de baise sans limite et sans protection.

En meme temps on voit bien qu'il y a une indication à proteger préventivement des gens tres exposés, qu'ils faudra traiter curativement en cas de contamination, comme par exemple les conjoints de seropos, ou les travailleur du sexe.

Mais on n'est pas là en présence de gens à risque, pas plus que ce serait le cas avec des seropos conscients de leurs responsabilités, et non contaminants quabd le traitement est efficace.

Les gens risqués sont ceux qui fuient leurs responsabilités vis-à-vis d'eux-meme et des autres, autrement dit la collectivité.

Quant-au dépistage périodique, il n'a de sens que si les gens se protègent. Sinon ce n'est pas un dépistage tous les ans, 3 mois ou meme tous les mois qu'il leur faudrait, mais leur installer une sonde permanente, si elle existait lol.



The-ark,
Je suis avare en compliments, mais ta démarche m'impressionne. Associée à la compétence, elle fait les bons medecins cliniciens xD

Les médecins font rarement de la prévention, car elle ne leur permet pas, ou plus, d'en vivre. Ou bien ils en font quand ils sont désespérés par leur impuissance, comme pour le cancer du poumon, où le tabac et la pollution ont une forte responsabilité.