J'ai toujours aimé être caressé. Bien que je sois chatouilleux, ces infimes et intimes soubresauts de tendresse sont pour moi comme une addiction.

Comme je suis chatouilleux je dois faire un effort presque surhumain pour ne pas m'enfuir ! C'est la magie de ses doigts qui parfois ne cessent de me hérisser, ils sont aussi comme des aimants qui m'attirent inlassablement. Parce que je dois faire un effort pour sentir en moi ce qui vient du plus profond de moi, j'en oublie ainsi les frissons. De partir serait une trahison.

Et en plus je prends plaisir à imaginer ma vengeance. Dans quelques minutes j'aurai le dessus et alors mes mains viendront déposer maintes et maintes langueur que son c½ur de saurait imaginer. Mais pas question de compétition. Juste un jeu comme mille et un autres. Nos nuits sont si nombreuses dans nos imaginaires que nous savons démultiplier nos plaisirs pour en rythmer les couchers comme les levers. J'adore être caresser tout autant que caresser.

Je n'ai qu'une stratégie. Conduire le désir là où on ne l'attend pas. Des aisselles qui s'ennuient : et bien c'est ici que je vais faire des bisous, et non dans le cou. La surprise n'en sera que plus suave. Les plis de l'aine qui rêvassent, et bien c'est ici que je vais rouler mes doigts afin d'en plisser la peau fine et diaphane : l'éveil des sens n'en sera que plus lent et prégnant.

Je n'ai qu'une seule tactique. Mes doigts sont là où on ne les attend pas. Et moi-même parfois je me surprends à inventer une trajectoire qui me mène malgré moi dans un repli ou un mont que je n'avais pas pour objectif principal. C'est ainsi que je construis avec délectation et intuition mon parcours.

J'explore son corps.

A tout jamais, j'espère, j'essaierai de lui proposer cette aventure partagée. Inventer nos désirs pour jouir de nos plaisirs. C'est son âme qui frémit lorsque je touche ainsi son corps. Mes doigts sont les mots des poèmes imprimés sur sa peau.