Campagne de la FIDL contre l'homophobie.-Il était urgent de réagir
À la Fédération Indépendante et Démocratique Lycéenne, nous constatons que la question de l’homosexualité chez les lycéens et les jeunes reste taboue et crée des situations de souffrance pour beaucoup d’entre eux.
Nous avons décidé d’imposer le débat dans les lycées, de confronter tous les lycéens à leurs préjugés. Nous allons mener une grande campagne de lutte contre l’homophobie pour faire évoluer les mentalités et faire savoir que les actes, mots, violences homophobes sont inacceptables au même titre que le racisme et le sexisme.
La lutte contre l’homophobie est un des enjeux majeurs pour la jeunesse, pour le vivre ensemble.
Le mot homophobie évoque la haine qu’éprouve quelqu’un pour les homosexuels ou l’homosexualité. L’homophobie est une forme d’oppression. Dans le milieu scolaire, l’homophobie se manifeste généralement par le harcèlement verbal, l’intimidation physique ou encore le rejet de l’autre. Parfois, l’homophobie a une dimension politique qui vise l’interdiction de l’homosexualité.
L’homophobie naît aussi d’une vision sexiste de la société. L’homophobie est souvent synonyme de mauvaise interprétation de la question de genre. La société nous impose tous les jours une représentation sociale de l’Homme et de la Femme. Ces représentations donnent à chacun des rôles et met de côté les gens qui sortent de ce cadre. L’homosexualité féminine serait une déviance de la féminité, l’insulte « camionneuse » illustre très bien ce stéréotype. L’homophobie et le sexisme sont deux haines qu’il faut combattre. L’homophobie dicte un code de conduite pour maintenir les hommes et les femmes dans le « bon » chemin, celui de la virilité ou de la mère, celui de la dureté ou de la sensibilité. L’homophobie dicte une vision du monde réductrice.
Les lycéens victimes d’homophobie sont souvent les cibles de préjugés : garçons au physique délicat ; timides, doux, qui ne se défendent pas, isolés, entourés de filles… Ou alors encore la jeune fille trop masculine, la sportive, la fille carrée… Même si l’homosexualité tend à se banaliser dans certains milieux, l’homophobie est encore bien présente. L’homosexualité est encore source de malaise, d’inconfort, voire de dégoût chez de nombreux lycéens.



L’homophobie est très présente dans nos lycées, elle devient même parfois banale, ordinaire. Elle vise les jeunes qui ne sont pas conformes au modèle classique que nous impose la société contemporaine. L’homophobie ordinaire dans nos lycées est marquée par des insultes reliées à l’orientation sexuelle « tapette », « PD », « Broute minou », « gouine »… Ces insultes portent atteinte à l’orientation sexuelle et ont des conséquences graves sur la vie de milliers de lycéens. Les conséquences sont dramatiques : perte d’estime de soi, dépression, décrochage scolaire, rejet, isolement, solitude, pour des milliers de jeunes, cela conduit au suicide.
Nous ne pouvons plus accepter que des jeunes soient mis en situation d’exclusion à cause de leur orientation sexuelle. Personne n’est sans savoir que l’orientation sexuelle est la première cause de suicide chez les jeunes aujourd’hui, il y a donc URGENCE à s’attaquer aux préjugés et aux fantasmes liés à l’homosexualité, à briser le tabou afin de faire évoluer les mentalités et faire comprendre que l’homophobie est une discrimination comme les autres.
Notre génération est acquise à la lutte contre le racisme et le sexisme, même s’il reste pourtant du travail à faire sur ces questions, mais notre génération n’est malheureusement pas habituée à être sensibilisée à l’homophobie.
Notre objectif est de créer le débat et de faire en sorte que l’homosexualité ne soit plus considérée comme un problème.
Nous nous rendons compte que la question de l’homophobie est une question clivante dans la jeunesse, à cause de l’éducation que nous recevons où l’orientation sexuelle n’est jamais envisagée que sous l’angle d’une sexualité normée. Aujourd’hui il n’existe aucun espace d’expression dans nos lycées qui permette aux jeunes d’aborder sereinement et sans pressions, jugements, leurs différences, leurs problèmes.
D’ailleurs à ce titre nous souhaitons rappeler que nombre de ces situations d’exclusion et de rejet pourraient être évitées, si les moyens nécessaires, notamment en terme d’encadrement scolaire (psychologues, infirmière, profs…), étaient alloués par le ministère de l’éducation nationale. Nous le savons, le dialogue et la prévention dans les établissements scolaires sont les outils fondamentaux de l’émancipation et de la lutte contre toutes les formes d’exclusion.
Dans notre école républicaine et laïque, nous ne pouvons tolérer la mise au banc, l’exclusion, la violence subie par des milliers de lycéens à cause de leurs préférences sexuelles, au même titre que nous ne tolérons pas l’exclusion subie en raison d’une appartenance religieuse, culturelle, de la couleur de la peau ou encore de son sexe.

Nous affirmerons donc haut et fort, et partout où nous le pourrons que notre idéal de société, celui d’une république métissée et laïque ne peut exister que dans la lutte contre toutes les discriminations, la lutte contre l’homophobie constitue à ce titre un défi majeur dans notre volonté de vivre ensemble et de faire de l’égalité une réalité. »
https://www.fidl.org/
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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