Et je les vois qui dansent, et jamais ils ne s'arrêtent,
Ils ballotent en tous sens, et jamais ils n'inspirent.
Pas un son, pas un chant, seulement dansent les squelettes,
Et frissonnent les chairs à leurs os tel un rire.
Le fracas d'une valse, le théâtre d'ancêtres,
Un orteil qui casse mais ne jamais ralentir,
Pas une trêve, pas un souffle pour les marionnettes,
Et les dents s'entrechoquent, et mon Dieu, ce sourire...

Pourquoi ces yeux qui me fixent, pourquoi ces yeux sans couleur,
Est-ce par amour du risque que j'y plonge?
Et que me veux cette orbite, et que me veux sa s½ur,
Et pourquoi de la fuite ne me vient pas le songe?
Je les vois qui s'avancent, je les sens qui m'agrippent,
Et me voilà qui danse parmi tant de cadavres.
Et ma chair se pourrie, mes organes se fripent,
Me voilà dans la troupe du Tango Cartilage...



Toi qui nous voit danser, et jamais on ne s'arrête,
On ballote en tous sens, et jamais on n'inspire.
Pas un son, pas un chant, seulement nous, les squelettes ;
Et frissonnent les chairs à nos os tel un rire.
Tu plongeras dans nos yeux, tu vireras Marionnette,
Rien ne sert de trembler car tu ne peut t'enfuir.
Viens rejoindre la pièce du théâtre d'ancêtres,
Et surtout, mon enfant, n'oublie pas de sourire.
Me vois-tu qui avance, me sens-tu qui t'agrippes?
Observes-toi danser parmi tant de cadavres.
Et ta chair pourrissante, tes organes qui fripent,
Te grinceront "Bienvenue... au Tango Cartilage."