Le sable dans les yeux, le sel à la bouche,
Elle erre sur la plage silencieuse.
Elle s'approche jusqu'à ce que l'eau l'a touche,
Puis elle retire son pied, trop vertueuse
Pour braver l'interdit. L'eau est froide, il fait nuit.

Sarah n'a nulle part où aller,
Sarah n'est qu'une enfant.
Alors elle continue de marcher
Bien loin de ses parents.

Ses côtes se sont cassées,
Ainsi son souffle est sifflant
Ses yeux sont si cernés
Qu'on ne lui donnerait pas 11 ans.

Elle marche, tout en boitant,
Ses fractures ne l'arrêtent pas.
Elle marche, droit devant,
Vers un phare qui ne brille pas.

Une larme qui coule, une larme, une seule,
Une larme qui brûle, une larme pour sa s½ur.
Lorsque son père un jour, brisa sa jolie gueule,
L'envoyant valser bien plus loin que les rumeurs.

Sarah la voit encore, la mâchoire fracassée.
Le tapis, son lit de mort, de son sang tout tâché.
Voyez-vous Sarah n'a pas fait que fuguer,
Sa grande s½ur lui a dit « cours, cours te sauver »

Mais maintenant Sarah ne sait plus où aller
Elle revient vers la mer, se laisse mouiller les pieds
Puis les mollets, les cuisses, ainsi jusqu'à la taille
Pour disparaître enfin, bien plus loin sous les vagues