Je n'existe plus. Je le sens, je ne me sens pas.
Mon cerveau est scindé en deux. Les émisphères sont contaminés.
J'ai un virus qui me fait hâter le c½ur, qui me fait perdre la tête, qui me fait meurtrir le corps.
J'espérais toujours, jusqu'à maintenant, que l'on vienne me secourir, que l'on m'aime, que l'on me prenne la main.
Mais je n'attends plus, celle que j'espère n'existe pas plus que moi.
Je suis loin, très loin. Je ne comprends pas votre monde, l'affection n'est pas pour moi.
La violence est édulcorée. Les pensées sont sottes.
D'où je viens, les monstres jonchent les rues, les morts hantent les pièces, les armes se cramponnent à mes mains, le sang émane de mes chairs.
Personne ne respire, je retiens mon souffle. Le moindre vent, la moindre brise... Une expiration et nous volèterons comme des feuilles de papier, et nous chuterons, sans plus pouvoir nous relever.
Mais se relever pour quoi ? Face contre terre, la joue nous brûle. La peau reste collée à l'asphalte. Je suis bientôt dénudée de mon enveloppe corporelle.
Ce sont les muscles et graisses suintantes que je mourrai une deuxième fois.