Ce n'est pas grand chose. Presque rien. On ne devrait pas avoir de mal à ne pas s'en apercevoir.
Ce n'est qu'un instant fugace auquel on aimerait s'accrocher, qu'on aimerait arracher au temps, garder le plus près possible de soi.
Ce n'est qu'une toute petit averse, une bruine qui vient marteler le sol. L'odeur du bitume humide déjà s'est levée, tendre, elle apaise les c½urs partout où elle passe. Entêtante, elle semble vouloir rester, s'imposer jusqu'à ce que tout autour soit calme.
Ce ne sont que quelques rayons de soleil qui percent un nuage noir. La douce lumière d'un dimanche qui prend fin, réchauffe les âmes avant que la nuit ne tombe. Cette aura d'or qui entoure les toits et les cimes des arbres. Fascination devant tant de délicatesse, de tendresse. D'amour aussi. Surtout. Quelques rayons pour panser les c½urs meurtris, les entourer d'un trop plein d'affection. Moi je t'aime. Ne t'en fais pas.
C'est juste une infime déclaration qui ne s'adresse à personne. Des mots à peine murmurés, emportés par le vent tiède qui caresse les joues. Perdus, ils cherchent leur destinataire, messagers invisibles d'une déclaration à demie effacée. Ils ronronnent aux oreilles des passants qui ne font pas attention, disparaissent dans l'indifférence.
C'est juste une caresse éphémère, un peu de baume à l'âme pendant que le temps continue sa course. Déjà le froid s'insinue entre les mailles des pulls. Déjà on oublie...