Au dehors, il faisait à présent nuit. Le soleil était parti au loin derrière les dernières toitures et un voile pourpre sombre s'était déposé sur la ville, tâché par d'épais cumulus gravitant ici et là, au-dessus de quelques monuments. Les lumières orangées et vives des bateaux sur la seine, faisait écho aux reflets rouges et blancs des voitures qui se pressaient dans d'immenses artères urbaines, rapides et ternes dévalant le faux plat de pavé à toute vitesse. Quelques couples déambulaient main dans la main sur les trottoirs, évitant quelques groupes de jeunes errant dans tous les sens à la recherche d'un bar. Quelques amoureux regardaient la ville plongée son reflet dans l'eau sombre de la Seine, creusant la ville de part en part. Il y avait de la musique tout autour de nous, malgré le bruit des moteurs vrombissant à quelques mètres à peine. Une odeur de vin blanc et de fleurs séchées planait légèrement, comme pour masquer la puanteur citadine.

J'étais grisé par l'alcool et mes pommettes rougissaient à m'en faire mal. Je n'arrêtais pas de sourire et de tituber légèrement, alors que Loki lui, tenait encore à peu-près droit. Il semblait pensif, presqu'ailleurs, ce qui en soit était habituel. Mais je n'avais pas envie de le voir perdu dans ses pensées alors que la nuit s'offrait à nous. J'avais envie de rire, de crier, de danser autour des réverbères qui nous baigneraient de lumière. Je n'avais pas envie de rentrer. Je voulais rester là, avec lui, errant à deux sans but et sans contrainte.

Le prenant par la main, ce qui le surprit quelque peu, je le tirais vers moi et l'entrainais dans une ruelle un peu moins fréquenté. Il y avait une odeur de friture désagréable et quelques personnes fumaient assises sur des marches. Il me suivit un peu à contre-c½ur et se retrouva dans une danse improbable autour d'une statue de femme dénudée versant de l'eau. Je ne savais pas vraiment ce que je fesais. J'entendais une sorte de mélodie lointaine qui m'était familière. Tout autour de moi tournait vite. Les lumières se mêlaient à la pénombre. Les formes se déformaient et je devenais mou, vaporeux comme un gaz. Il me regarda perplexe, me demandant d'arrêter. Il semblait avoir peur. Il jetait des regards à droite et à gauche, pour s'assurer que je n'attire pas une ou deux personnes douteuses, comme j'en avais le don. Puis, agacé, il me prit par la main et me tira un peu plus loin, dans une rue plus fréquentée.

Il faisait bon, j'avais chaud. Je me sentais un peu à l'étroit dans mes vêtements. Ses yeux lumineux étaient rivés sur moi et il essayait d'effacer un sourire amusé sur son visage. Et j'aimais ça. Alors je continuais à chanter, des paroles improbables, où lui et moi devenions des héros infortunés, affrontant des démons mystiques fait de ferrailles et de pneus. Il rit un moment, lorsque je manquai de me prendre une poubelle de pleine face. Puis, sans vraiment dire un mot, m'aida à rester un peu plus droit, passant son bras autour de mon cou, me soutenant par les épaules. Je sentais sa chaleur sous son pull, arrivant presque à percevoir le rythme entrainant de son c½ur, à quelques centimètres du mien.

Nous arrivâmes devant un pont, donc les rebords étaient recouverts de cadenas et de fleurs. Je ne reconnaissais pas l'endroit et les alentours me firent douté un instant. Derrière nous, Notre-Dame de Paris se levait, jusqu'à quelques pas. Il y avait un groupe de musiciens de rue jouant du jazz devant l'entrée du parc qui l'entourait. Face à nous, il y avait la Seine qui descendait lentement dans une courbe, à travers de vieilles façades grises et orange.

Loki s'arrêta, saisissant un cadenas au hasard dans ses mains. Il le fixa quelques instants, puis le relâcha avec un soupire. Puis, jetant un regard sur la Cathédrale, il se retourna pour poser ses yeux ronds sur moi, affalé contre une rambarde, le souffle un peu Au dehors, il faisait à présent nuit. Le soleil était parti au loin derrière les dernières toitures et un voile pourpre sombre s'était déposé sur la ville, tâché par d'épais cumulus gravitant ici et là, au-dessus de quelques monuments. Les lumières orangées et vives des bateaux sur la seine, faisait écho aux reflets rouges et blancs des voitures qui se pressaient dans d'immenses artères urbaines, rapides et ternes dévalant le faux plat de pavé à toute vitesse. Quelques couples déambulaient main dans la main sur les trottoirs, évitant quelques groupes de jeunes errant dans tous les sens à la recherche d'un bar. Quelques amoureux regardaient la ville plongée son reflet dans l'eau sombre de la Seine, creusant la ville de part en part. Il y avait de la musique tout autour de nous, malgré le bruit des moteurs vrombissant à quelques mètres à peine. Une odeur de vin blanc et de fleurs séchées planait légèrement, comme pour masquer la puanteur citadine.

J'étais grisé par l'alcool et mes pommettes rougissaient à m'en faire mal. Je n'arrêtais pas de sourire et de tituber légèrement, alors que Loki lui, tenait encore à peu-près droit. Il semblait pensif, presqu'ailleurs, ce qui en soit était habituel. Mais je n'avais pas envie de le voir perdu dans ses pensées alors que la nuit s'offrait à nous. J'avais envie de rire, de crier, de danser autour des réverbères qui nous baigneraient de lumière. Je n'avais pas envie de rentrer. Je voulais rester là, avec lui, errant à deux sans but et sans contrainte.

Le prenant par la main, ce qui le surprit quelque peu, je le tirais vers moi et l'entrainais dans une ruelle un peu moins fréquenté. Il y avait une odeur de friture désagréable et quelques personnes fumaient assises sur des marches. Il me suivit un peu à contre-c½ur et se retrouva dans une danse improbable autour d'une statue de femme dénudée versant de l'eau. Je ne savais pas vraiment ce que je fesais. J'entendais une sorte de mélodie lointaine qui m'était familière. Tout autour de moi tournait vite. Les lumières se mêlaient à la pénombre. Les formes se déformaient et je devenais mou, vaporeux comme un gaz. Il me regarda perplexe, me demandant d'arrêter. Il semblait avoir peur. Il jetait des regards à droite et à gauche, pour s'assurer que je n'attire pas une ou deux personnes douteuses, comme j'en avais le don. Puis, agacé, il me prit par la main et me tira un peu plus loin, dans une rue plus fréquentée.

Il faisait bon, j'avais chaud. Je me sentais un peu à l'étroit dans mes vêtements. Ses yeux lumineux étaient rivés sur moi et il essayait d'effacer un sourire amusé sur son visage. Et j'aimais ça. Alors je continuais à chanter, des paroles improbables, où lui et moi devenions des héros infortunés, affrontant des démons mystiques fait de ferrailles et de pneus. Il rit un moment, lorsque je manquai de me prendre une poubelle de pleine face. Puis, sans vraiment dire un mot, m'aida à rester un peu plus droit, passant son bras autour de mon cou, me soutenant par les épaules. Je sentais sa chaleur sous son pull, arrivant presque à percevoir le rythme entrainant de son c½ur, à quelques centimètres du mien.

Nous arrivâmes devant un pont, donc les rebords étaient recouverts de cadenas et de fleurs. Je ne reconnaissais pas l'endroit et les alentours me firent douté un instant. Derrière nous, Notre-Dame de Paris se levait, jusqu'à quelques pas. Il y avait un groupe de musiciens de rue jouant du jazz devant l'entrée du parc qui l'entourait. Face à nous, il y avait la Seine qui descendait lentement dans une courbe, à travers de vieilles façades grises et orange.

Loki s'arrêta, saisissant un cadenas au hasard dans ses mains. Il le fixa quelques instants, puis le relâcha avec un soupire. Puis, jetant un regard sur la Cathédrale, il se retourna pour poser ses yeux ronds sur moi, affalé contre une rambarde, le souffle un peu court, le regard un peu plus droit. Il sourit et s'approcha de moi, pour s'asseoir à mes côtés. Il ne dit rien. Il sortit son paquet de cigarette et m'en tendit une. J'hésitais un instant. Je ne me sentais plus aussi bien qu'auparavant. Une petite envie de vomir ou un relant de sake se fit ressentir dans mon estomac. Mais j'acceptais sans vraiment réfléchir. Puis après avoir cherché pendant une longue minute mon briquet, il m'alluma ma cigarette avec la sienne en se moquant de moi.

« -Tu sais quoi ? lançais-je spontanément.
-Non ! Vas y ! Répondit-il étonné.
-T'es un mec vachement bien, je trouve !
-Euh, merci ! s'esclaffa-t-il. Je suppose que c'est l'alcool qui te fait dire cela ?
-Non, du tout ! lui assurais-je sincère. Et puis d'abord, je ne suis pas bourré. Je suis simplement joyeux.
-Joyeux ? Ça c'est sûr ! Mais tu as dépassé le stade pompette depuis longtemps.
-Tout de suite. Tu as autant bu que moi ! Lui rappelais-je en expirant une longue bouffée de fumée.
-C'est vrai. Mais je tiens mieux l'alcool que toi.
-C'est faux ! jappais-je. Tu es juste grognon ! Et quand on a l'alcool grognon, ben c'est pas très bon.
-Quelle magnifique phrase, se moqua-t-il de moi.
-Allez ! Qu'est-ce qui te tracasse ? m'enquis-je un peu inquiet.
-Rien ! Tout va bien !
-Non, je sais que tu ne vas pas bien. Je le vois, quand je te regarde. Quand je t'observe. Je ne vois plus la lumière si intense qui brille dans tes yeux. Ils sont toujours aussi beaux, hein ? Mais ils ne revoient plus cette étincelle qui fait que tu es toi. Le mec heureux et posé, qui ne se pose pas trente-six milles questions à la seconde. C'est mon rôle ça !
- Tu dis n'importe quoi ! Je vais bien ! Et puis arrête de jouer au torturé. Tu sais très bien que ça marche pas avec moi.
- Je ne joue pas au torturé. Je suis torturé, me moquais-je en prenant une voix plus aiguë que d'habitude.
- Tu ne sais pas ce que c'est d'être torturé. Je te promets, soupira-t-il en jetant sa cigarette derrière lui.
-Tu dis ça, pour le mec dont tu es amoureux ?
-Mais arrête de me parler de ça ! Jappa-t-il en se décalant sur sa gauche, loin de moi.
- Je ne parle pas que de ça. Je dis juste ça, car depuis qu'on en a parlé, tu sembles triste et mal. Et c'est chiant.
- On en a jamais parlé ! me rappela-t-il. Tu es tombé dessus et c'est tout !
-D'accord, si tu veux, abandonnais-je à moitié. Mais je sais que c'est ça qui te fais chier. Ou alors c'est moi. Enfin je ne sais pas. Je sais juste que depuis que je sais ça, ben c'est plus pareil entre nous. Alors que je t'ai dit que ça ne changeait rien entre nous. Rien de rien.
- Mais je sais ça ! s'écria-t-il un peu. Mais tu ne comprends pas.
- Tu vois que j'ai raison, tu es énervé. Qu'est-ce que j'ai fait de mal ? m'enquis-je inquiet.
-Rien ! Tu n'as rien fait. Tu n'as rien à faire de toute façon ! soupira-t-il en baissant la tête d'un air résigné.
- Ben je ne sais pas. Franchement, je ne sais plus. C'est pourtant facile entre nous. Tout est simple, non ? On se dit tout. On ne se cache rien. Enfin presque. On a pas à avoir peur de la réaction de l'autre, car on sait déjà comment l'autre va réagir. Et puis même, on s'en fout. Car on est plus fort que ça. On sait que rien ne peut être grave entre nous. C'est cool, non ? Alors pourquoi là, tu ne veux pas me dire ? Je vois pas ce qui te fait peur.
- Mais rien. Rien, je te promet.
- Ben en tout cas, si c'est à cause de ce foutu mec que t'es tout bizarre, ben oublie le !
- C'est ce que j'essaye de faire ! s'esclaffa-t-il. Mais c'est pas si facile.
- Ou alors, tu fonces ! Je ne sais pas quoi te dire.
- Foncer pour me prendre un mur ? Non merci !
- Mais de quoi tu as peur ? Tu es beau. T'es intelligent. Si je pouvais-je sortirais avec toi. Alors si il est pas con, il te dira pas non. A moins qu'il soit déjà pris… Ou alors hétéro ?
- Tu dis n'importe quoi ! s'exclama-t-il.
- De quoi ? Qu'est-ce que je viens de dire de faux ?
- Que tu sortirais avec moi ! répéta-t-il sans me regarder.
- Ben si. Enfin, je crois. La question ne se pose pas. Enfin, si ? balbutiais-je un peu perplexe.
- Et si elle se posait ?
- Euh… hésitais-je un peu dérouté. Je t'avouerais que je ne sais pas. Je… Je … Je ne suis pas gay. Enfin je ne crois pas. Mais dés fois, je me dis qu'on est peu comme un couple non ?
- C'est-à-dire ? s'étonna-t-il.
- On dort ensemble. Bon, d'accord, sans coucher. Mais on dort ensemble. On vit presqu'ensemble. On fait tout ensemble. On s'échange même nos vêtements. Alors puisqu'on est pas coloc, ça fait un peu vieux couple !
- N'importe quoi, s'esclaffa-t-il en se retournant vers moi.
-Ben quoi, c'est vrai, assume ! On fait vieux couple.
- Si seulement, soupira-t-il. Mais c'est pas ça que je veux dire. Tu ne comprends pas.
- Mais je ne comprends pas quoi à la fin ? m'énervais-je. »

Il ne répondit pas. Il me regarda juste droit dans les yeux. Une sorte de regard pénétrant et électrisant. Un frisson me parcourra le dos et lorsqu'il s'approcha de moi tout hésitant, je me mis à trembloter. Il se tenait là, à quelques centimètres de moi, nos peaux presque l'une contre l'autre. Nos regards se soutenaient l'un l'autre, même si au fond de moi, j'avais envie de détourner le mien. Je ne savais pas vraiment ce qui se passait. Était-ce l'alcool ou était-ce autre chose ? De réel ?

Il plaça sa main sur mon bras et sans vraiment me laisser le temps de réagir, m'embrassa fougueusement. Je restais figé, mes lèvres collées contre les siennes, chaudes et sucrées, ne sachant pas quoi faire. Puis, presque aussi rapidement qu'il était venu vers moi, il se décala, sans me regarda. Je ne savais pas quoi dire, ni quoi penser. Je n'avais pas vraiment de réaction à avoir. Je sentais les mêmes papillons intenses dans mon ventre, ceux qui étaient venus s'installés en moi depuis quelques jours. Je sentais mon corps électrisé. C'était comme dans un rêve. Un de ceux où rares furent les fois où je nous imaginais nous embrasser, nous toucher. C'était agréable, mais brutal. Je ne savais pas vraiment ce qui se passait. Est-ce qu'au fond, c'était ce que je voulais vraiment. Après tout, je l'avais envisagé, furtivement. J'y avais pensé, plusieurs fois. Surtout depuis la lecture de son poème. Mais c'était mon ami avant tout. Mon seul ami. Alors cette pensée, je l'avais un peu refoulé, loin au plus profond de mon cerveau, là où je ne pensais plus jamais à avoir à y faire. Et puis, je n'aimais pas les garçons. Enfin, c'est ce que je me disais. Je regardais les filles dans la rue. Je rêvais de filles, de les embrasser elles-aussi. Elles-aussi, c'était bien ça le problème. C'était comme si, avec lui, ce que je réservais aux filles, devenait possible. Ce qui était bizarre. Je n'avais jamais d'ailleurs pensé vraiment à tout cela. A toute la suite, d'après un simple baiser. Car au fond, ni pour une fille, ni pour un garçon, je n'y avais eu à y être confronté. Mais c'était certain que ce que j'envisageais avec elles, était souvent possible avec lui. Mais juste avec lui.

Mais tout ceci était bizarre. Notre amitié en était-elle changée ? Pour un simple baiser ? Pour de simples rêves et questionnements ? Je n'espérais pas. Je ne voulais pas le perdre. Alors au fond, j'espérais que tout ceci ne se soit jamais passé. Car tout avait changé, c'était certain. Je n'avais pas envie de ça. Enfin, je ne savais pas. Ça me faisait peur de voir notre relation s'effriter. Qu'allait-elle devenir. Surtout que maintenant que ce qui était un simple rêve était devenu réalité, j'avais cette envie de l'embrasser, qui se faisait ressentir et que je ne pouvais plus ignorer.
Il se tenait là, ne sachant pas quoi faire, presque tétanisé. Regrettant presque lui aussi son geste sans doute. Il avait les bras le long du corps, et fixait ses chaussures sans rien dire. Je me sentais bien malgré ce trouble et cette peur. Je ne me sentais pas changé. Lui non plus. Il était toujours le même. Enfin, je le voyais ainsi. J'avais juste envie de l'embrasser de nouveau. Juste pour être certain. Après tout, un seul baiser, cela ne veut rien dire. Peut-être que sur le coup, j'avais ressenti quelque chose, juste parce que cela était imprévu. J'avais envie de le toucher, de poser mes mains sur lui, comme un amoureux le ferait sur le corps de la personne qu'il désirait. Et cela me troublait. Que devais-je faire. Je réalisais rapidement que ce que je ressentais, je ne pouvais plus l'ignorer. Alors devais-je partir, sans me retourner ? Ou devais-je me lancer. Car après tout, pour le coup, j'étais certain que c'était réciproque. Et en le regardant, je voyais bien que lui aussi, devait être au même niveau que moi. Dans le flou total et dans l'appréhension. Et puis, il avait fait le premier pas. C'était à moi de faire le deuxième, non ? La nuit nous appartenait. J'étais bien. Personne ne nous regardait. Du moins, cela ne m'importait même pas. Il était là, j'étais là. J'en avais envie. Et puis, pourquoi restais-je là, à me torturer l'esprit ?

Je m'approchais de lui, lui souriant malgré la timidité et la bizarrerie de la scène. Il releva son visage et osa après quelques secondes croiser mon regard. Il me sourit lui aussi et timidement, je posai ma main sur la sienne. Il ne bougea pas. Il continua à me fixer, troublé. Je me rapprochais doucement, sentant tous mes muscles se raidirent, comme électrifiés. Plus j'étais proche de lui, plus j'avais chaud. Mon ventre s'emballait, tout comme mon c½ur. Je n'arrivais pas à ôter cette envie de presser mes lèvres contre les siennes. Alors, cherchant dans son regard la permission, je me risquais à rapprocher ma tête de la sienne. Il ne dit rien, il ne bougea pas. Il ferma juste les yeux, presque en même temps que moi. Je sentais son souffle chaud caresser mon visage. J'étais bien. Une sorte de tension presque palpable nous unissait. Puis sans m'en rendre contre, nos bouches s'entrechoquèrent, pour ne faire plus qu'une. Ses lèvres étaient douces et fermes. Sa peau avait une odeur de sel et sable. Ses mains commencèrent à se poser sur moi, ce qui me fit frissonner. L'imitant, nos corps se collèrent l'un à l'autre, tendrement mais avec une certaine force. J'avais envie que tout s'arrête et que l'instant ne cesse jamais. J'avais envie que ce baiser perdurent et que Loki reste là, tout contre moi. Mais nos souffles virent vite à nous manquer. Alors l'étreinte se brisa et nos reprîmes nos positions initiales. Sa main tenait encore la mienne et son pouce dessinait des cercles dans la paume de la mienne. Je le regardais, presque ému. J'étais heureux et troublé. C'était donc bien réel. Et c'était bon. Il me sourit, plus heureux que d'habitude, son visage semblait plus calme, plus serrein. Il était sans doute soulagé de tout ce poids dont il venait de s'affranchir.

« -C'était donc moi, le garçon du poème ? m'enquis-je timide.
- Oui, murmura-t-il. Et ça ne te dérange pas ?
- Non, avouais-je ému.
- Tu regrettes que je t'ai embrassé ? se risqua-t-il à me demander.
- Non. Et toi ?
-Oui, répondit-il avec un large sourire. Je regrette de ne pas l'avoir fait plus tôt.
-Tu es bête. Tu n'aurais pas dû avoir peur.
-Je sais. Je suis comme ça !
- Tu es torturé ! M'esclaffais-je amusé. Et maintenant ? »

Il s'approcha à nouveau de moi, pour m'embrasser tendrement, d'un long baiser qui sembla durer une longue minute. Il passa sa main dans mes cheveux et tout en me souriant, il me tira par la main, m'entrainant avec lui en direction du centre-ville. Au loin, le soleil commençait à se lever. Il faisait beau et bon. Paris commençait à se lever alors que nous rentrions seulement nous coucher. Il était beau. J'étais heureux.