Je te désire comme je n'ai jamais désiré autre chose. Tu représentes, à travers quelqu'un que je n'ai pas encore rencontré, l'espoir que j'ai quand je me lève et quand je te vois dans les yeux de couples autour de moi. Tu es ce que toutes les personnes ayant un coeur et une âme désirent voir apparaître dans leur vie routinière et dénuée de passion. La plupart d'entre nous pensent que tu es un mythe, un rêve, une image, une illusion présentée dans les films et les romans. Et certains d'entre nous en resteront convaincus, car tu ne croiseras jamais leur route, et ce vide les conduiront à la peine, à la colère, voire à la haine. Deux âmes soeurs pourraient se croiser, échanger un regard en à peine quelques secondes, sans deviner qu'elles auraient pu, ensemble, enfin t'atteindre.

On peut te confondre avec l'amitié fusionnelle, le désir d'être riche ou de ne pas être seul, le sexe, le pouvoir, le contrôle, la compassion, voire la pitié. Tu apportes la joie à travers tous ces rires, tous ces baisers, toutes ces caresses, tout ce plaisir qui te définissent. Tu es le but de chacun de nous, même si certains disent ne pas ressentir le besoin que tu fasses parti de leur vie. Tu arrives sans prévenir, souvent quand on s'y attend le moins, et on met longtemps à réaliser que tu es venu à nous, parfois trop tard. On te dit aveugle, car la naïveté et le désir que tu sois réel et que tu restes, t'accompagnent souvent. On raconte que quand tu es petit, tu es éphémère, et que quand tu es grand, tu ne frappes qu'une fois à notre porte et que tu es éternel.

Tu es un sentiment extrêmement dangereux, car au delà d'être le sentiment le plus inaccessible, tu es le sentiment le plus fort et le plus destructeur qui soit. Je te crains davantage que toutes les peurs qui ont d'ores et déjà envahi mon être. Tu es l'épée essayant de traverser le bouclier protégeant mon coeur. Tu nous pousses à nous remettre en question, à faire des efforts, à changer. Parfois tu nous rends meilleurs, et parfois, tu nous pousses à la folie, au meurtre, ou au suicide. Tu fais couler un océan de larmes, et pourtant nous voulons tous avoir à faire à toi. On met tous un masque, pour faire croire aux autres que l'on est en harmonie avec nous-mêmes, pour ne pas perdre la face. Et quand tu te pointes, tu le fais tomber, et tous nos sens nous trahissent. On est charmés par une douce voix, on a l'impression d'avoir la beauté face à nous, et puis nos mains tremblent et notre coeur bat la chamade, on ne se reconnaît plus, on perd le contrôle de nous-mêmes, alors la peur entre en jeu à la même table que toi, on baisse les yeux, et face à la peur de souffrir, on fait demi-tour, on choisit d'aller dans le camp de la lâcheté, on décide de fuir.. Mais en agissant ainsi, on te sous-estime, car tu reviens toujours à l'attaque, encore plus armé de courage, encore plus fort qu'hier. Et on finit par te laisser entrer, à nos risques et périls.

Tu envahis toutes les parcelles de notre être, et tu te bats contre tes ennemis : la fierté, le mensonge, l'infidélité, la trahison. Souvent tu perds, car tu finis par n'être présent que d'un seul côté, tu n'es pas partagé. Tu apportes la force, mais aussi la faiblesse quand tu décides de t'avouer vaincu, laissant des coeurs brisés et des âmes perdues trembler dans le froid. Et la déception, la douleur te remplacent, les jours paraissent des semaines, jusqu'à ce que tu réapparaisses, faisant appel à tes alliés, l'honnêteté et le pardon, pour te venir en aide, afin de ne pas repartir. La confiance est ton moteur, quant à la jalousie et au désir, ils sont la preuve ultime que tu es bien présent, mais tes précédentes défaites face à tes ennemis font qu'ils partent bien trop souvent en guerre contre la confiance, et finissent par te bouffer tout entier. Les gens ignorent ce qu'est le bonheur avant que tu viennes chambouler leur existence. Ils se contentent de gérer leurs soucis, de survivre, jusqu'au jour où ils réalisent qu'ils n'ont plus à rêver leur vie, mais qu'ils vivent leurs rêves. Tu es le sentiment le plus fort ici bas, mais la mort est capable de séparer les gens que tu as unis, même si tu ne disparais pas pour autant.

Tu es un sentiment si beau que tu devrais être clamé, avoué plus souvent, car parfois la mort n'attend pas, et laisse derrière elle des remords. Tu nous apportes un lot de souvenirs qui sera à jamais gravé dans notre coeur, peu importe la durée de ton passage. Une chose est sûre, c'est qu'une fois que je t'aurais laissé entrer, toi l'amour, que j'aurais donné à celle que j'attends la clé de mon coeur et que je l'aurais laissé jouer avec, j'aurais vécu. Et je pourrais mourir en paix.