Avant, on n'avait point peur d'étaler ses sentiments (amour courtois...), mais on n'aurait jamais osé parler de sexualité. Pudeur devant l'acte, impudeur des sentiments. Dans le monde actuel, c'est exactement l'inverse : on n'ose plus parler de ses sentiments profonds de peur de passer pour une gonzesse, une tarlouze, mais on n'hésite pas à parler sexe – et si possible de la façon la plus crue qui soit – pour passer pour un mec, un vrai, un dur de dur... On enfouit sa sentimentalité, on étale sa grossièreté ! Finalement, il n'y a pas eu de progrès de fait : cela traduit la même gêne devant l'amour. La forme a changé, pas le fond, contrairement aux apparences.

On étale l'acte, on cache le sentiment. Inversion des valeurs mais les valeurs sont toujours là, seulement maintenant, elles sont niées. On marche sur la tête. Signe des temps, de la décadence de notre société qui place l'intérêt particulier avant l'intérêt collectif et qui prône le plaisir à tout prix. Vive le superficiel, l'égoïsme sous toutes ses formes, voilà le nouveau credo de cette société en perdition !

On a honte de ses sentiments, surtout s'ils sont nobles et profonds. On est dans le monde des apparences, du clinquant, du tape-à-l'½il, en un mot, du toc.


=> Apparence # transparence.