Renoncement final et vieux démons.

Mardi 27 octobre 2009, TER 17659 à destination de Grenoble. Départ Dijon Ville 18h33, arrivée Lyon Part-Dieu 20h35. 19h34, je viens de passer Tournus. Activité durant l’heure passée : pleurer.


L’illusion externe d’un moins mal-être durera peut-être, celle interne en revanche aura duré un peu moins de deux mois. Mes vieux démons sont de retour. Je renonce. Le week-end dernier, j’ai été hébergé à Paris, mais cela s’est mal passé puisque le lendemain de mon retour, en soirée, sur msn ou wlm peu importe, je me faisais reprocher mon manque de savoir-vivre. De toutes façons, je ne me connecte plus, cela ne sert à rien tout le monde s’en fout. Déjà auparavant on m’avait reproché mon côté antipathique, que c’était donc « normal » que j’ai des difficultés avec mes « amis », et qu’il ne fallait pas que je « m’étonne » si je finissais seul. Je me rends compte aujourd’hui que je reste toujours très fragile car cela a suffit à détruire tout ce que j’avais construit depuis septembre. Mon but était d’être quelqu’un de gentil et apprécié, à défaut d’avoir quelconque autre qualité. Mais si je ne le suis pas, que me reste-t-il ? Rien. Depuis ce jour, deux tiers de mes nuits sont occupés par des cauchemars divers, entre un être incapable, rejeté ou encore blâmé. Le tiers restant étant le vide intersidéral.


Mais cela ne vient pas seul, mes vieux démons étant de retour. Pourquoi encombrer les autres de ma présence ? Je ferais mieux de m’effacer et de me replier sur moi pour ne pas être une gêne. Mes amis le sont-ils vraiment ? Pensent-ils à moi ? M’aiment-ils ? Tiennent-ils à moi ? Je ne suis pas aimé. On ne veut pas de moi. J’ai déjà clairement identifié un manque et un besoin énorme de tendresse et d’affection. Or, personne n’est là pour m’en donner. Mais bon, qui aurait la folle idée de m’en donner, à moi, insignifiant ? Renoncer à recevoir un jour de l’affection est très difficile, mais je DOIS me résigner. De toutes façons je n’ai pas le choix, à moins de me rendre sur RFF, qui est la bonne solution pour moi, afin d’oublier tous ces problèmes. Mais c’est une mauvaise solution pour les régulateurs SNCF, les pompiers et autres légistes, ainsi que pour ce pauvre conducteur. Bref, ceci a été envisagé maintes fois par le passé, et a ressurgit depuis mon départ de Dijon.


Alors je renonce. Je renonce à entretenir une vie sociale, je n’en suis pas capable. Je ne vais pas rejeter les gens autour de moi. Je vais me contenter de ce que j’ai, sans chercher à en avoir plus. La passivité, c’est facile, mais là c’est différent. Je vais essayer, encore, de me contrôler, être discret pour faire en sorte de devenir, ou au moins faire semblant d’être, quelqu’un de bien et gentil à l'extérieur sans se soucier de l'interne. Un mec apprécié en somme, tout faire pour l’être. Sauf que ces gens là font partie des meubles : il est gentil, c’est bien quand il est là, mais ce n’est pas important s’il n’est pas là. Une relation amoureuse ? Quelle blague ! C’est trop tard, je n’ai plus aucun espoir. Il ne me reste plus qu’à me concentrer sur un domaine dans lequel je pense ne pas être trop mauvais : le travail. Peut-être qu’un jour où, cette absence de sociabilité sera trop pesante, je passerai à l’action. Mais je dois trouver une autre solution, pour faire cela seul, comme je l’ai toujours été.


Sans espoir, seul et sans issue... J’ai besoin d’être rassuré dans ces crises de solitude. Oh, il n’y a personne, quelle surprise.