Chères lectrices, chers lecteurs,

Après la récente interview menée par Popourri, vous avez lu que j'avais pour projet d'écrire un article à propos de ma véritable recherche identitaire. Cette dernière ne fut que brièvement éclairée que par deux topics.
Hé bien voilà, je commence, cela risque d'être long, mais qu'importe, je m'en fiche du nombre de lecture qu'il y aura sur cet article, le plus important, c'est d'éclaircir tout ce côté sombre que j'ai du cacher pendant des années.
Le 10 décembre 1990 dans le Nord à S****, je naquis un jour de neige. Ma mère désirait un garçon, elle avait déjà le prénom, je devais m'appeler Quentin, mais les médecins se sont trompés, j'étais une fille, on pensait m'appeler Margot, mais mon père a décidé de m'appeler Fanny. Je naquis vers deux heures du matin, me voici, moi, Fanny, une petite fille de 3,80 kilos, brune, aux petits yeux marrons. J'étais la cadette de la famille, encore une fille, pour le plus grand bonheur de ma famille.

Je ne vais pas étaler mon enfance, car il y a des choses qui sont trop pesantes que je ne communiquerais pas ici. Puisqu'à la base, je dois vous expliquer de façon plus ou moins détaillée, cette recherche identitaire qui est encore aujourd'hui difficilement gérable.
Vers l'âge de 5 ans, j'avais déjà l'attitude d'un garçon, je jouais aux voitures, je me bagarrais à l'école, je jouais au foot (mais je crois que bons nombres de fille le faisaient aussi), je ne trainais qu'avec des garçons, car avec eux, je m'amusais bien. J'adorais me mettre torse nu, car je n'avais pas encore l'imposante poitrine que j'ai maintenant. Toute cette attitude masculine s'accentuait d'année en année, à l'école on me demandait si j'étais un garçon ou bien une fille, je leur disais « tu veux que je te montre ? », à chaque fois on ne disait rien.

Vers 7 ans, j'avais rencontré un homme, qui avait vécu 5 ans au Japon, et qui était maitre de Kendo, j'aimais le voir s'entrainer, j'aimais voir toute sa virilité en action, et je me disais "pourquoi je ne suis pas un homme?"

Le collège a été pour moi, l'un des moments les plus douloureux de ma vie avec le lycée, mais je ne suis pas là pour me lamenter, mais pour vous expliquer le cheminement, qui n'a pas été tout rose, mais plutôt tout noir ! ^^
J'ai été le souffre douleur du collège car je ne faisais pas parti de la norme, j'étais habillé comme un sac , on essayait de me féminiser, mais en fait cela empirait plus mon apparence qu'autre chose ! Rien que d'en parler j'en ai la gorge qui se noue. On m'insultait de monstre, de « Hulk » , de grosse, et j'en passe . Fort heureusement, j'avais ma grande s½ur qui me défendait, mais je la voyais pleurer, car elle ne me supportait pas de voir souffrir.

Les choses s'arrangeaient tout de même, car on essayait de me rendre la plus féminine et la plus jolie possible. Je savais pertinemment que ce n'était pas moi. Je me sentais atrocement mal dans ma peau ! Des rumeurs au collège circulaient à mon sujet, que j'étais lesbienne. Je n'étais pas très discrète non plus, en troisième, j'avais une magnifique prof de français, une vraie poupée barbie… J'avais de bonnes notes, et je parlais beaucoup avec elle.

Puis vient le lycée, trois années de galères, mais aussi de révélations. J'arrive en seconde, dans un petit lycée de province, qui aurait pu être classé ZEP, tant que les cas sociaux s'accumulaient dans cet établissement. Tout de même, j'ai rencontrés des gens adorables qui ne m'ont pas jugé. Encore à cette époque, ma mère et ma grand-mère choisissaient mes vêtements, mon apparence, et ce que je devais paraître. Je faisais un régime, (d'ailleurs il faudrait que j'en refasse un XD).
De part tout de même une apparence atypique, puisque j'essayais d'être moi-même, les rumeurs circulaient déjà à mon sujet. Du genre que j'étais lesbienne, que je violais des filles, que je les forçais à se déshabiller, en clair des préjugés moyenâgeux à propos de l'homosexualité. Ma s½ur essayait d'étouffer toutes ces rumeurs mais je savais pertinemment que j'étais lesbienne, et ce depuis toute petite. Mais je ne voulais pas l'admettre, et ni faire éclater cette vérité au grand jour. Alors je faisais semblant d'être amoureuse d'un garçon, pour ne pas éveiller les soupçons.
En première, tout cela a complètement changé, j'avais pour la première fois de ma vie, réellement éprouvé des sentiments pour une femme, j'avais 16 ans, et elle, elle en avait 23 ans. Mais c'était une relation a distance, ma s½ur l'a découvert, et j'ai stoppé cette relation car je n'assumais pas à ce moment là. En aimant cette femme, j'avais déjà ce côté masculin qui ressortait, même s'il ce dernier ressortait déjà durant mon enfance. Même la jeune femme de 23 ans me le disait, j'étais déjà un petit homme.

En première, je commençais à porter des chemises, des jeans, des bracelets d'hommes, et avait un peu l'attitude d'un homme. C'est à cause de cela que les soupçons s'éveillaient. Même mes profs le voyaient. Mon homosexualité pesait de plus en plus, je pleurais en cours, car je me sentais atrocement seule. Puis j'ai du aller voir une assistante sociale, qui a alerté ma mère. Ma mère souffrait de ne pas avoir réagit… Alors on m'a emmené voir un psy. Mais lorsque j'ai dis que j'aimais les femmes, la psychologue m'a rétorqué :
-« C'est parce que tu n'es jamais sortie avec un garçon que tu dis ça »
Je n'y suis plus retournée en me disant que cette psy n'avait rien compris, et que j'étais mieux servie que par moi-même !!!!

J'ai fais mon coming out à mes « amies » (qui m'ont laissé tombée parce que j'étais amoureuse de l'une d'entre elles), puis tout le lycée a su pour mon homosexualité, on m'appelait déjà la camionneuse, en vu de mon attitude masculine très prononcé, d'ailleurs, je pensais déjà que j'étais un homme. Puis mon médecin un jour, lors d'une visite médicale due à des problèmes de dos, mais aussi parce que j'avais une grosse déprime, voir une belle dépression, m'a déclaré que j'avais un corps androgyne, voir masculin, merci docteur XD. Elle m'a donc dit d'aller voir un endocrynologue, un spécialiste des hormones parce que j'avais un énorme complexe sur ma pilosité. On a du me faire faire des prises de sang. Rien d'anormal dans mes hormones, mais on m'a décelé que j'avais une « maladie » génétique que l'on nomme « hirsutisme », sympathique… XD Mais j'étais persuadée, et encore aujourd'hui qu'il y a autre chose en moi…
La terminale, un début difficile car je subissais l'homophobie, mais de plus en plus de camarades de ma classe sympathisaient à ma cause, même mes profs. D'ailleurs je ne remercierais jamais assez mon prof de littérature et ma prof d'anglais pour m'avoir soutenu !!! J'ai gagné une guerre au lycée, je m'assumais fièrement dans cet environnement hostile, malgré les humiliations, les menaces… Quand j'ai eu mon bac, c'était comme ci des chaines se détruisaient et me libéraient, je quittais enfin ce lycée de fous pour aller à la fac.

Petit à petit, mon côté masculin prenait le dessus, une petite anecdote qui m'a totalement libéré de l'emprise féminine que ma mère et ma grand-mère me faisaient :
Lors d'un marché, ma mère avait repéré des belles chemises pour femmes, bien sûr, je n'aimais pas ce que ma mère choisissais, je la laissais faire pour ne pas l'offenser.
Mais ce jour là, j'en avais assez de dire oui à tout. Ma mère insistait pour que je la porte. Une colère en moi a surgit et j'ai rétorqué :
-« Ecoute maman, j'en ai marre que tu choisisses mes fringues à ma place, je n'aime pas ce que tu me choisis, je me sens mal dans ma peau, à partir de maintenant, c'est MOI qui choisis comment je m'habille ! »
Sur le coup, ma mère m'a regardé méchamment, et m'a boudé pendant quelques minutes, mais elle avait ENFIN compris que maintenant j'avais grandis et que je voulais être MOI et pas une pseudo fille que l'on modelait pour être dans une position bien confortable dans la société.
Ce jour là je me sentais beaucoup mieux. D'ailleurs c'est à partir de ce jour, que j'ai décidé de m'habiller en homme car je savais que c'était moi.
L'année de fac débuta, je rencontre de nouvelles personne, mon look atypique ne passa pas inaperçu dans l'amphi, c'est grâce à cela que j'ai rencontré mes amis de fac, et puis aussi, grâce à zag j'avais rencontré Claire, ma meilleure amie, celle qui a toujours été là pour moi. Puis j'avais rencontré mes amies les plus proches, comme Adeline, Margot…
A la fac, tout le monde savait que j'étais lesbienne, et cela ne faisait rien, mais de plus en plus, je commençais à me poser la question de savoir si j'étais un homme.

Ce n'est que depuis cette année que j'ai pu répondre à cette question. Ma dernière relation amoureuse m'a fait ouvrir les yeux, je n'osais pas avouer à ma copine de cette époque que je me sentais homme. Il n'y a que durant nos rapports intimes qu'elle voyait réellement mon côté masculin. Je rêvais toujours d'avoir un pénis pour faire l'amour, j'ai réalisé ce souhait en me procurant un gode ceinture … *rougit* XD.
Entre temps vers les vacances d'été, je parlais à Margot, j'étais mal, une baisse de morale, j'hésitais de plus en plus d'être une femme ou d'être un homme, je pleurais dans mon lit, car je me disais que si j'étais un homme, je devrais me faire une opération…
Alors pour ne pas me compliquer la vie… J'ai décidé d'être entre les deux… Mais pour combien de temps ?
Puis vers le mois de septembre 2010, j'ai rencontré quelqu'un, une fille qui s'appelait Kiro, c'était une tomboy. Une fille garçon manqué, qui avait délaissé sa féminité. C'est lui (on doit le nommer au masculin ) qui m'a guidé et m'a permit d'être moi, je le remercie encore. Je me suis inscrit sur un forum de tomboy, et ils m'ont énormément aidé. Et puis comme je le disais au début, j'adorais ne pas avoir de seins… Mais la puberté, l'adolescence… blablabla… A fait pousser une poitrine assez conséquente… Alors j'ai décidé de me procurer un binder, qui est un gilet compresseur utilisé par les trans ftm (female to male) pour cacher ma poitrine et pour avoir un torse d'homme comme j'ai toujours voulu avoir .

Et puis de jour en jour, je n'aimais plus trop que l'on m'appelait Fanny, ce n'était plus moi… Kiro m'a aidé et m'a proposé de me trouver un nom masculin. J'hésitais entre Oscar ( en référence à Lady Oscar) et Nathan (en référence à Nathan dans le dernier samurai), j'avais tout de même une préférence pour Nathan, je le trouvait plus « sauvage » moins snobe qu'Oscar, ce qui serait en contradiction avec moi-même, puisque je suis d'un tempérament fougueux.
Mon côté masculin avait totalement pris le dessus. Alors j'ai décrété que l'on devait m'appeler Nathan, la première personne qui a été au courant fut Claire, qui me dit « je m'en doutais , tu restes toi, je vois pas pourquoi mon amitié changerait pour toi ».

Puis je l'ai avoué à mon entourage, sauf à ma famille, même si ma mère se doute de quelque chose. Je crois que vais attendre d'être indépendant pour lui dire, je lui en ai fait trop voir… J'en ai brièvement parlé à ma s½ur… Qui m'a dit qu'elle m'avait toujours considérée comme un frère. Cela fut très touchant
J'ai regardé un soir, un documentaire sur les trans, et j'avais remarqué qu'une femme s'était fait une ablation des seins, mais qu'elle avait gardé son vagin. « Il » disait qu'il était un homme, avec un vagin, et que ce qu'il y avait dans la culotte n'avait pas d'importance, tant qu'il se sentait lui-même.
Je crois que je suis comme lui, un homme avec un vagin, un clitoris, qui s'appelle Nathan, et qui peut être par la suite, diminuera ses seins, voir même, les supprimera complètement.
Aujourd'hui je casse un mur de mensonge, je brise une fausse façade de moi-même, en déclarant que je suis officiellement un homme avec un vagin… Une personne transgenre qui me correspond totalement… Et qui aime quand on l'appelle « Monsieur »…

Je remercie zag, pour m'avoir accepté, à Stan pour m'avoir permis d'avoir le statut de "Transgenre" , et à l'équipe des modérateurs du site, de respecter mes demandes de me nommer au masculin ;)

Très chères lectrices, très chers lecteurs, merci d'avoir lu jusqu'au bout, cette petite histoire, qui ne fait que commencer…

A bientôt,

Nathan