Laurence Anyways, c'est l'histoire d'un amour impossible.
Le jour de son trentième anniversaire, Laurence, qui est très amoureux de Fred, révèle à celle-ci son désir de devenir une femme...Laurence Anyways, c’est l’histoire de l’Homme qui crie «Aimez-moi» sans que personne ne l’entende.
Car dans les années 80, à Montréal, il n’y a pas facebook, on est dans la vraie vie et la vraie vie est moche : trop de maquillage, trop de mauvaise musique, trop de rose et de turquoise, trop de santiags, de vestes à franges, trop de cheveux rouges, trop de gros plans sur des vieilles rombières, trop de fausse fourrure, trop de léopard.
Mais d’amour pas assez.
Le rapport à la mère est intéressant : Elle (Nathalie Baye) assume ne jamais avoir vu Laurence comme son fils ni ne l’aimer et l’accepte à mesure qu’il devient une femme, lui ressemble et diverge ainsi de son mari.
La mère de Laurence ne l’aime pas, la copine de laurence est à la beauté et à l’élégance ce que la poutine est à la gastronomie.
Laurence est narcissique et aime le voyage d’une brosse dans de longs cheveux.
Cette raison lui suffit à franchir le cap, à devenir une femme sans caresser ne serait-ce que la chance d’être femme.
A quitter la terre pour ne plus y descendre.
Bien sûr, Laurence est égoïste, se sert de son amie Fred comme faire-valoir et ne s’inquiète pas de la voir se masculiniser à mesure qu’il devient Elle,
Bien sûr Laurence existe trop pour la laisser être à côté,
Bien sûr Laurence dit vouloir être une femme mais rejette celle qui est à ses côtés, sans trop se l’avouer.
Bien sûr, Fred est masochiste d’offrir à Laurence sa première perruque.
 
Mais Laurence, quand il ne voit plus Fred, dit se demander chaque matin où elle est, ce qu’elle fait et pourquoi.
Et il appelle Fred la femme AZ car elle est la première et la dernière.
Posture ou pas, je crois que c’est ça l’amour.
 
Laurence Anyways est poseur, racoleur.
Le réalisateur n’y montre que la volonté physique de changer de sexe mais passe au travers de la question du genre, de l’être.
 
Il y a du Céline Dion dans Laurence Anyways et des répliques sur la coke et la marge pour plaire aux hypeux.
 
Mais Laurence Anyways en moi est partout, Laurence Anyways veut s’aimer, Laurence Anyways n’y arrive qu’au-dessus, à travers.
Laurence Anyways n’a pas de mère, pas de père, pas d’amour, mais des cheveux, des seins.
 
Laurence en voudra toujours plus car Laurence sait qu’on naît jamais assez.
Et Melvil Poupaud, avec ses implants, est beau.
 
Laurence Anyways, quand j’y pense, me fait tellement chialer car il  traite de l’impossibilité de s’aimer au delà des différences.
Et je suis tellement différente.