Mécanisme d'auto défense.

L'Homme qui te dira je n'ai peur de rien, est d'une part un beau menteur et d'autre part a peur de ses propres angoisses.
De nos vécues, de nos souvenirs, de nos histoires résulte un acquis qu'on ne peut contrôler.
Tout le monde a peur. Que ce soit des peurs rationnelles ou irrationnelles, justifiés ou non. Peur des araignées, des serpents, des gnocchis ou plus profond, peur du noir, de la solitude, du temps qui passe.

Mais chaque minute compte et il faut savoir faire la différence entre vivre avec ses peurs et les surmonter ce qui ne nous le cachons pas , n'est pas chose aisé.
Alors inconsciemment nous avons chacun à notre façon développé un mécanisme de défense face à on ne sait quoi. L'humour par exemple est un atout commun pour ne pas se laisser envahir par la peur. L'ironie n'est autre qu'un mécanisme d'auto défense face à quelque chose qui nous submerge ou nous dépasse. Traduisons ça par " non je ne me fous pas de ta gueule, mais si je ne ris pas je pleure."
Il y a deux façons évidentes de réagir face à nos démons. Se plonger dedans pour les défier et en ressortir un confort personnel, nous identifierons ça à un cloporte ( si la relation entre les deux ne vous vient pas, aller voir la définition ) ou alors dévier de nos peurs en les contrant , créant dans ce cas l'illusion de l'irréel et nous appellerons ceux là " Ironistes " .

" Tu es complètement maso " est une phrase très tendance. Ne l'avez vous point entendu quand vous étiez au plus mal petit cloporte ? Non ce n'est pas du masochisme. Enfin si techniquement parlant mais cela révèle une théorie beaucoup plus complexe. Il y a tant de choses dans ce monde capable d'éveiller en nous une angoisse insurmontable que finalement la seule façon d'arriver à vivre avec c'est de s'y enfermer. Construire autour de nous ces lignes et ces limites qui nous procurent ce sentiment de sécurité. S'enrouler dans sa couette quand la tristesse devient envahissante et l'angoisse de la douleur devient inexplicable. Parce que oui sous cette couette il y fait chaud, parce que le monde extérieur n'y existe pas. Se lancer dans une relation passionnelle déchirante, et n'aimer qu'elle malgré que plus aucun bonheur ne s'en échappe parce qu'au final cette blessure on s'y est habitué et on sait survivre de nos larmes. Préférer l'apitoiement et le dénie plutôt que d'affronter ce que l'on est parce que l'image salie qu'il y a dans le miroir est une image que l'on connaît et que sans elle, alors qui sommes nous ?
Pourquoi ces gens s'évertuent ils à nous répéter sans cesse qu'il faut faire un effort et affronter la vrai vie? C'est quoi au final la vrai vie..

"Tu vies dans ton monde " ou " tu prends tout à la légère " résonne dans nos têtes. Et alors? si vous préférez lever vos doigts plutôt que de chialer, ça vous regarde non ? Ironiste que nous sommes, on préfère dire " garder le masque " . On paraît plus fort. Oui mais aux yeux de qui, car la seule personne pour qui l'illusion est véritablement importante, c'est nous même. On veut y croire, car au fond de nous on sait bien qui si on baisse les armes, on sera les premiers à tomber. Répondre par un trait d'humour aux phrases qui nous ont blessées, aux situations qu'on ne comprend pas. Se dire qu'il vaut mieux sourire que pleurer, car à la première faiblesse le monde peut nous tomber dessus. Ne jamais se séparer de ces mélodies qui nous embaument le coeur, pour ne pas se confronter à la solitude ne serait-ce que le temps d'un trajet en bus. Vivre sur le fil, entre le dangereux et l'inconscient, pour ne pas voir le temps qui passe et se dire " Si j'avais.." . Dire ça va constamment pour ne pas avoir à lire ce qui nous fait si peur dans les yeux des autres. Ou parfois pour ne pas avoir à le reconnaître soi même de peur de ne pas pouvoir le gérer.
Pourquoi ces gens s'évertuent ils à vouloir percer nos carapaces de faux semblants ? C'est quoi au final être vraie.

Bref, tellement de raison, de pourquoi, autant de parce que, qui quand on ouvre un peu les yeux nous font réaliser que quelque chose se passe, et qu'on ne préfère par l'affronter. Certains diront que ça donne un sens à la vie, on tombe et on se relève, on cherche le pourquoi du comment, on profite de l'instant. D'autre diront qu'il n'y a pas de vraies réponses à tout ça, que la peur est une information cérébral et que blablabla.

Mais il y a une chose à savoir, la meilleure façon de vivre sa vie est celle que l'on a choisi sans peur. Qu'on soit ironiste ou cloporte, voir même les deux, ces peurs qui font de nous ce que nous sommes et qui nous détruisent ou nous construisent, finalement nous font vivre. Car qu'on les défie ou qu'on les subisse le meilleur moyen de vraiment les surmonter c'est d'avancer sur le peu de chose qui nous sécurise vraiment. Que ce soit l'amour, l'amitié, la tendresse, la manie, les tocs, les superstitions, les religions, les convictions, le ménage, la cuisine, le sexe ( oui oui ça on aime bien en général ) nos passions...

Peu importe vraiment l'explication de nos fonctionnements, surmonter ses peurs c'est savoir s'en servir pour vivre.