Une enquête menée par Act up, le Mag, Bi'cause et SOS homophobie a eu pour objectif de montrer la perception des bisexuel-les dans notre société. 6105 personnes ont été interrogées. Voici les résultats, que nous pouvons avouer comme plutôt surprenants:La première question de cette enquête est très simple mais étonnement pertinente: Qu'est ce que la bisexualité ? 85% des personnes interrogés pensent et ont surement raison de le penser que la bisexualité est une orientation sexuelle comme une autre. un résultat m'a fait légèrement rire: 1% des personnes interrogées pensent que la bisexualité est une déviance. Après, une petite recherche dans mon super dictionnaire pour vérifier la signification de ce mot, j'apprends que cela signifie exactement: "un comportement qui s'écarte des normes sociales en vigueur, qui les transgresse ou qui les conteste. Considérée comme une menace pesant sur l'intégrité de la société" (Larousse). Donc, désolé pour vous très cher(es) bisexuel(le)s, mais pour 1% des personnes interrogées vous menacez l'intégrité de notre société.

La suite des résultats est tout aussi intéressant. 78% des personnes interrogées peuvent avoir une relations sexuelles avec un ou une bi, 71% une relation amoureuse et 61% une relation sur une longue durée. A la limite, ces résultats n'ont rien extraordinairement intéressants mais par contre les commentaires faits le sont beaucoup plus. On apprends beaucoup sur la perception des personnes sur un ou une bi.

On apprend que: une personne sur cinq refuse catégoriquement de se projeter dans une relation durable avec un-e bi-e. Ce refus est principalement nourri par la peur d’être trompé-e : « Trop de dangers, trop de tentations », « Cela fait peur de se dire que la concurrence est vraiment partout », « Deux fois plus de jalousie ». Si on analyse ces commentaires, on remarque qu'ils sont légèrement idiots. " trop de dangers, trop de tentations": que dire à part qu'il y a toujours un danger et de la tentation mais quand on aime on résiste, non? alors je en vois pas où il y a plus de danger ou de tentation même chose pour la concurrence.

Autre remarque très surprenante: 40% des personnes pensent que les bi(es) sont d'éternels insatisfaits sur le plan sexuel. Heu... Comment dire... il existe des jouets pour pimenter la sexualité? En réalité, ces personnes pensent que les bi(es) ont besoin de coucher régulièrement avec les deux sexes pour être épanoui(e)s. Donc on peut conclure qu'ils pensent que les bi(e)s couchent à droite et à gauche pour leur plaisir sans jamais rechercher une relation stable? En tout cas c'est ce que j'en conclus.
 
Cette enquête a continué et 732 personnes estiment qu'il existe des traits de caractère propres à la bisexualité. Conclusion et résumé des commentaires, cher(e)s bisexuel(le)s, je suis au regret de vous annoncer que vous êtes "bipolaire", "lunatique", "homo refoulé", infidèle (plus d'une personne sur dix le pense) mais malgré tous vos défauts vous avez une très "grande ouverture d'esprit". mais ne vous inquiétez pas, vous êtes sûrement très sympathique puisque, je vous le rappelle, 71% des personnes peuvent avoir une relation amoureuse avec vous, donc vous n'avez donc pas que des défauts...
 
Enfin, cette enquête fini par un résultat moins drôle et plus choquant. Ce résultat ce rapporte au terme de la biphobie. 73% des personnes pensent qu eles bi(e)s ont plus de chance de se faire discriminer! Les raisons: les hétérosexuel-le-s, qui rejettent les bi-e-s « comme globalement les LGBT » mais plus d’1/4 des personnes interrogées note que les gays et les lesbiennes ne sont pas exempt-e-s de comportements de rejets, de « biphobie », les stigmatisant parfois comme « traîtres », « homos refoulés » ou « non assumés ».
 
Pour conclure, j'aimerais préciser que le panel des 6105 personnes est composé de 32% de gays, 25% d'hétérosexuels, 14% de lesbiennes et 4% ne rentrent dans aucune catégorie. Cet aveux me laisse plus ou moins sceptique sur la conformité de l'enquête puisqu'elle est composé d'un panel majoritairement LGBT, ce qui ne peut représenter exactement notre société.