Les yeux bandés, nous avançons tous vers quoi ? La recherche d'argent ou d'amour, la recherche de bons moments, pourquoi après tout ? Nous mourrons tous un jour et nous serons tous égaux, l'enfant mort de fin, le milliardaire, le plombier, le PDG, celui qui a eu vingt femmes, celui qui a eu des enfants et celui qui n'en a pas eu. Nous redeviendront tous poussière et cela, des gens semblent l'oublier. Lâchés les yeux bandés dans un monde ou le temps est précieux, l'argent encore plus, les gens courent après le succès, après la réussite et semblent oublier des valeurs fondamentales.

Moi-même je me perds je ne sais pas trop comment faire, s'attacher à ses valeurs c'est faire des sacrifices au niveau des études, de sa carrière, c'est peut-être gagner du temps pour soi, qui sait peut-être mourrais-je demain dans ce cas-là je n'aurais pas profité de la vie à sa juste valeur, des soirées à réviser, des journées à travailler. Mais si je meurs dans soixante ans, le temps que j'aurai sacrifié à étudier et à faire des choses que je n'aurais pas faite si je mourrais demain me sera bénéfique. Mais alors, quoi, toute ma vie je risque de courir après le futur, travailler pour se préparer un meilleur avenir jusqu'au jour où je me rendrais compte peut-être que j'ai oublié le présent. Vivre comme si on allait mourir demain, aimer la vie plus que tout, cela me semble important et pourtant irréalisable.

On oublie tous la chance que l'on a d'être là, même le clochard du coin de la rue, même l'enfant qui meurt de faim, même la femme trompée, je pense qu'il faut se dire qu'être là est une chose exceptionnelle. Il y avait une chance sur je ne sais combien de millions de naitre, de vivre et cette chance, nous l'avons eu !

Alors oui, tout cela est bien naïf, peut-être même ridicule mais je veux continuer à croire que la vie est une formidable expérience, et que quoi qu'il arrive tout vaut la peine d'être vécu, le bonheur comme la douleur, la joie comme la tristesse, l'amour et même la haine. Et quand je vois tous ces gens errer aveuglement dans un monde qu'ils n'entendent plus, qu'ils ne sentent plus j'ai peur, j'ai peur de ne plus voir la beauté de ce qui m'entoure j'ai peur de devenir comme eux, avide de pouvoir et d'argent, j'ai peur qu'ils me contaminent, qu'ils déteignent sur moi. J'ai envie de leur crier, ouvrez vos yeux, croquez la vie à pleine dent, sentez l'odeur de l'hiver aimez la comme celle du printemps, par pitié arrêtez de vous plaindre ! Mais ils ne m'entendront pas et puis je me sens moi aussi de plus en plus aveuglé, je ne vois plus la beauté des choses, je n'entends plus les rires de mon enfance.