L'affaire Dieudonné nous donne une nouvelle fois droit à une démonstration de force des élites de la gauche bien pensante et de la droite débilitante. Une gauche au pouvoir et qui fait honte à celle qui n'est pas au pouvoir : la gauche pensante.

Contre la censure des artistes, j'ai pourtant toujours dit que Dieudonné était un idiot, qu'il écrivait mal, mais au même titre que son ancien ami Elie Semoun, dont le comique de répétition dans l'étalage de ses niaiseries est aussi inutile qu'infantile. Pourtant, je ne suis pas là pour censurer le mauvais goût.
Ce qui m'indigne, en vérité, c'est la réaction pulsionnelle des élites intellectuelles comme Elizabeth Lévy (plus élite, qu'intellectuelle, au passage) qui consiste à interdire, condamner, censurer, un artiste. La chose que madame Lévy n'a pas compris au même titre que BHL, Finkielkraut, Manuel Valls, etc... C'est qu'avec Internet les interdictions de ce genre sont inutiles et inefficaces. Mais surtout que cela permet une victimisation de Dieudonné et enfin, et surtout, de son public.
En vérité, Madame Lévy, qui est rédactrice à « Causeur » ne veut pas voir, c'est que c'est son élitisme, et le fait qu'elle nie les opinions du peuple, au même titre que BHL d'ailleurs, qui est responsable du succès de Dieudonné. La censure est un acte pulsionnel, irréfléchi, et interdisant dans sa nature même une réflexion. Ce n'est pas la raison qui guide la censure mais la peur. Entre Dieudonné et Lévy, ce n'est pas les anti-sémites contre les gardiens d'une soi-disant vertu, mais les peurs contre les peurs.
Et la réponse d'une peur par une autre n'est jamais une solution, ou alors rétablissons la peine de mort, puisque c'est ½il pour ½il, dent pour dent.

La bourgeoisie aime le racisme, elle adore ça. Le racisme est une pulsion de peur de l'autre. Ce n'est pas rationnel et c'est pour cela que les théories raciales sont des aberrations, elles cherchent à justifier des peurs naturelles. Hors pour lutter contre le racisme, cela ne suppose pas de dire que « le racisme, c'est mal » comme le fait l'école depuis des années. Pour lutter contre le racisme, il faut expliquer sa nature, mais aussi analyser pourquoi il existe, ces dénominations sociales, les processus qui le produise. Cela suppose, une fois de plus une éducation populaire et politique des jeunes adultes.
Hors cette éducation qui lutte contre le racisme, cette éducation populaire et politique, suppose de faire de la sociologie avec des jeunes, mais aussi de la vraie philosophie et pas de la communication argumentée comme c'est le cas actuellement au lycée, ou encore de l'économie.
Cette éducation, qui ne doit pas être soumise à l'Etat, car l'Etat est orienté politiquement, créerait les conditions d'une véritable démocratie qui ne serait aucunement raciste, mais dont la haine se tournerait vers des élites qui abandonnent les peuples au lieu de les soutenir comme Alain Minc, BHL, dont Onfray disait fort justement « BHL doit enjamber des SDF ».
Madame Lévy, Monsieur Finkelkraut ne veulent pas de cette éducation populaire, parce que si elle existait, elle ferait renaître un mouvement citoyen véritable. Par mouvement citoyen, il faut entendre, une probable révolution, ou au moins un rejet massif des médias dominants. La bourgeoisie aime le racisme et s'en nourrit, car le racisme est un indicateur de l'ignorance des gens. Et le savoir, c'est le pouvoir. Preuve de cet amour du racisme, on condamne Dieudonné en même temps qu'on insulte les Roms.

L'As De Pique.