Paris, la ville des lumières s'est éteinte
Grisée, non par l'ivresse mais par la peur
Chacun craint son prochain, et le prochain à chacun craint l'étreinte
D'un enlacement sanglant à plus d'heure

Dans le métro, le R.E.R, dans la rue, dans la poussière
Les touristes s'émerveillent face à la tour de fer
Qu'aucun parisien n'a vraiment vu
Plus le c½ur à regarder en l'air

Le clochard boit, le clochard pue
Ce clochard que l'on trouve à chaque coin de rue
Les petits roms, les arabes et les noirs
Ghettoïsés dans des quartiers salaces
Abandonnés parmi les blancs pauvres à voir
Dans ces ruelles où l'on a trop d'espace

Paris la Belle, Paris l'amour
Paris, aux robes de velours
Tu agonises, et à petit feu
Te voilà détruite sous mes yeux

Ravale ta façade, comme les façades d'immeubles
Et fait arche neuve sous l'Arc de Triomphe
Notre-Dame est morte, asphyxiée aux gaz aveugles
Des carburants des voitures embouteillées

Comme avec des « si », l'on mettrait cette ville en bouteille
Elle et toutes ses voitures, elle serait presque belle

Paris, la ville des lumières s'est éteinte
Et on prie maintenant, où comme elle on se teinte
D'une pâleur un peu grise mais toujours si peu ivre
Qu'on a peur d'être en trop, qu'on a peur d'y vivre