Depuis plusieurs semaines, une rumeur vient d'Amérique : le successeur du premier Noir-américain président des Etats Unis d'Amérique pourrait bien ne pas être la première femme et deuxième Clinton, Hillary, mais le n-iéme millionnaire, Donald Trump. Vu de France, c'est un républicain d'un autre âge : ne nous avions nous pas expliqué sur tous les tons, en 2012, en 2008, que l'évolution démographique des Etats-Unis obligeait les Républicains à devenir de sympathiques centristes, sous peine de disparaitre ? Réponse en trois actes.

l'Homme

 

Né en 1946 à New York, il est le fils d'un entrepreneur dont il auquel il succède à la tête de la société.

Son bilan économique est fortement contesté : ses entreprises ont connus pas moins de quatre banqueroutes, qu'il justifie par "l'utilisation en sa faveur de la loi, pour lui, sa famille et ses proches".

Mais ses réalisations n'en sont pas moins impressionantes : en 2014, le magazine américain Forbes estimait sa fortune à 4 milliards de dollars. Il faut citer également la construction de plusieurs tours portants son nom, à travers le pays (Ici la Trump World Tower, la plus haute tour d'habitation du monde).

Admirateur de Regan devant l'éternel, il se propose de jouer un rôle politique depuis plusieurs années déjà : crédité de 7% des intentions de vote, il renonce à ce présenter en 2000, notamment.

 

The wall (le Mur)

Non, rassurez vous, rien à voir avec Game of thrones : ce n'est pas pour se protéger des monstres libéraux venus du Nord Canadien, mais bien un mur de plusieurs milliers de kilomètres entre le Mexique et les Etats Unis ... financé par le Mexique (si, si, je vous jure ^^), dont il accuse le gouvernement d'envoyer ses délinquants à travers la frontière. 

C'est, pour ainsi dire, le centre de sa campagne : mettre dehors les immigrants illégaux et les empêcher d'entrer à nouveau en construisant un mur avec "une magnifique porte, pour leur permettre d'entrer légalement".

Le sujet de l'immigration illégale est un débat au long court aux Etats Unis : les Blancs, puisque nous parlons d'un pays où les statistiques ethniques ne sont pas interdites et où les hispaniques ne sont pas blancs, ne sont plus majoritaires dans le pays et l'importance croissante de l'espagnol dans les Etats du Sud provoque des réactions très fortes dans les milieux conservateurs. Ajoutez à cela la crainte très forte de l'islamisme et vous comprenez que la frange radicale des Républicains soient très réticente à l'immigration. C'est ainsi que notre ami est défavorable à l'accueil aux Etats Unis des immigrés qui déferlent sur l'Europe.

Il faut dire que si Donald n'est pas le seul Républicain à être anti-immigration, c'est un sujet qui divise le parti. Comment pourrait t'il en être autrement dans un pays où pése désormais massivement le vote hispanique ?

 

Autres prises de positions.

Républicain de fraiche date, il refuse de s'engager à se retirer au bénéfice du gagnant de la primaire, dans l'hypothése où ce ne serait pas lui. Il défend également, contre son parti, une plus forte imposition des gros revenus. Il à également pris position contre la guerre en Irak, combattu le gouvernement de Georges W. Bush et défendu la libéralisation des drogues pour lutter contre les trafics.

D'autres prises de positions sont jugés plus proches de l'aile droite des républicains : jugeant inadmissible la baisse des moyens militaires des Etats Unis, il défend la politique d'Israël contre B. Obama et à notamment remis en cause la nationalité de celui ci.

Comment ne pas évoquer aussi sa saillie sur les attentats de Paris, que je résumerai ainsi : Ha, si seulement les victimes étaient armées, les choses auraient été différentes. 

On ne peut pas dire que la question homosexuelle soit le sujet préféré de Trump : en parlant peu, il se dit opposé au mariage, mais "évolue", selon ses termes, sur ses questions.

Sur l'avortement, après des années d'un positionnement libéral, il se définit maintenant comme "pro-life" et prone une restriction de ce droit.

 

Si cet article se veut une présentation rapide et neutre, on peut tout de même légitimement douter de sa capacité à gagner, pour tout un tas de raisons, il nous prouve, avec d'autres, que les Républicains ont plus d'un tour dans leurs sacs et qu'il est trop simple, sous pretexte d'un changement profond de la population américaine, de décréter mort le radicalisme républicain qui dépayse tant les européens que nous sommes ;)