À l'heure où le sang est en manque dans les banques, de vastes campagnes de dons se font actuellement à travers toute la France dans les centres-ville et les campus universitaires. Le Ministère de la Santé a annoncé une ouverture au don du sang par les homosexuels sous une certaine condition.

Qui a toujours eu ressenti le besoin de donner son sang ? Qui a toujours eu l'impression d'être mis à l'écart durant ces campagnes ? Ces questions auraient pû définitivement disparaître. Le mercredi 4 novembre 2015, Marisol Touraine, actuelle Ministre des Affaires Sociales, de la Santé et des Droits des femmes, a annoncé via son compte Twitter une ouverture du don du sang aux homosexuels ainsi qu'aux bisexuels. Selon elle, elle se félicite de la "fin d'une discrimination et d'un tabou". Elle a également précisé dans une interview avec le journal Le Monde que cette levée se fera en deux étapes avec condition.

 

En effet, la Ministre a expliqué que d'une part à partir du printemps 2016, les homosexuels masculins pourront donner leur sang à condition qu'ils aient eu "abstinence durant 12 mois". Il est également précisé que les homosexuels n'ayant pas eu de relation sexuelle avec un individu du même sexe durant 4 mois pourront donner des plaquettes sanguines en corporation avec une entité privée pour la quarentaine où ces dons seront gardés pendant plus ou moins deux mois. Il faut savoir que les donneurs hétérosexuels n'ont aucune contre-indication défavorisant le don.

 

D'autre part, ladite contre-indication sera réduite de 4 mois, un an après la mise en place de ce système. En vérité, il s'agirait d'une mise en place progressive dont la durée d'abstinence se raccourcierait petit à petit.
Mme Touraine a également mis en exergue le fait que les questionnaires seront réécrits afin de s'adapter au mieux avec cette ouverture.

 

Dans le même temps, cette révélation a suscité de grandes réactions de la part de plusieurs branches associatives en faveur des LGBT ainsi que certaines personnes en relation avec les associations conernant les MST. En effet, Jean-Luc Roméro, Président d'Elus Locaux Contre le SIDA (ECLS) a partagé son point de vue : "Etre gay n’est pas un risque, être hétérosexuel n’est pas un risque. Le seul risque, ce sont les comportements" et en ajoutant : "une vision toujours marquée par une stigmatisation des homosexuels". Beaucoup d'associations partagent ce point de vue tout comme SOS Homophobie et son président actuel, Yohann Roszéwitch : "C'est une avancée symbolique, nous sommes satisfaits que les choses bougent. [... Mais cela reste] un peu hypocrite. On reste dans une notion de population à risque. Les homosexuels et bisexuels ne sont pas encore sur le même plan que les autres. On est encore dans le domaine de la stigmatisation d'une population. [SOS Homophobie] s'attendait à une telle décision, ils ressentaient tout de même une certaine frilosité. [...] On espère maintenant que ceci tendra vers une égalité réelle".

 

Si cette ouverture est symbolique, c'est tout simplement parce que les homosexuels se sont vus interdire le don du sang depuis 1983 et le Comité Consultatif National d'éthique avait renouvelé cette interdiction en avril 2015. Cette décision avait été félicitée par la Cour de Justice Européenne qui estime que les homosexuels demeureraient encore une population à forts risques. En 2013, un député PS de l'Isère, Olivier Véran avait remis au Ministère de la Santé un rapport sur la filière sang en y ajoutant dans un entretien que "Ce n’est pas parce que vous êtes homosexuel que vous avez le sida. Ce n’est pas parce que vous êtes homosexuel que vous avez des pratiques à risque. C’est une vision complètement dépassée !".

 

Sur les réseaux sociaux, les internautes ont également exprimé leur point de vue concernant cette récente décision du Gouvernement. Certains ne comprenaient pas "pourquoi les homosexuels puissent être écarté de cette opportunité afin de sauver des vies". D'autres ne savaient même pas que les homosexuels ne pouvaient pas donner leur sang. Pour revenir à ce sujet, en plus du don du sang, les homosexuels ne peuvent ni donner de plaquettes, ni d'organes et encore moins de moëlle osseuse.

 

Cette prise de décision est à suivre puisqu'il ne s'agit qu'une révélation qui n'est pas encore mise en place.

 

Kyuso21

 

Sources :

http://www.lemonde.fr/sante/article/2015/11/05/les-associations-partagees-sur-les-conditions-de-l-ouverture-du-don-du-sang-aux-homosexuels_4803440_1651302.html

http://www.huffingtonpost.fr/2015/11/04/homosexuels-don-sang-relation-sexuelle-12-mois_n_8470020.html

https://twitter.com/MarisolTouraine/status/661839808411619328?ref_src=twsrc^tfw

http://www.facebook.com