Sorti en 2014, réalisé par Matthew Warchus, "Pride" raconte l'histoire d'un groupe de jeunes gays et lesbiennes idéalistes qui s'engagent auprès des mineurs de charbons dans la plus grande grève industrielle de l'Angleterre de Margaret Thatcher...une ode au vivre ensemble.

Il y a eu des actualités plus fraiches, certes. Mais je viens de regarder ce film à l'instant et je ne résiste pas à l'envie de vous partager mon plaisir.

 

Tout d'abord, précisons qu'il ne s'agit pas d'un film immense cinématographiquement parlant. Rien à voir avec du Tarantino ou toute autre forme de génie. C'est donc avec le coeur léger et l'âme sereine qu'il faut envisager ce petit chef d'oeuvre, que l'on qualifierait volontier d'excellent film de dimanche soir. Ce qui pour moi, est une énorme qualité dans la mesure où je ne regarde des films que le dimanche soir, sauf quand c'est le mardi.

Un rappel d'histoire

Dans l'Angleterre de Margaret Thatcher, seule femme premier ministre en Angleterre (et ce pendant 11 ans), la vie n'a pas été rose tous les jours. Ce n'est pas sans raison qu'elle fut surnommée la "dame de fer"... le genre à ne rien lâcher.

Notamment en 1983, où un projet de réforme de la communauté nationale du charbon visait (sans entrer dans les détails) à fermer un certain nombre de mines déficitaires, condamnant ainsi à la misère un grand nombre de foyers ruraux. Les mineurs entamèrent donc une grève (dans des conditions légalement très discutables), qui dura un an, jusqu'en mars 1984.

C'est alors qu'un groupe d'homosexuels est créé, les LGSM (Lesbian & Gays Supports the Minors), dont la vocation est, comme leur nom l'indique, le soutien des mineurs en grève. En effet, Thatcher avait intelligemment séquestré les fonds du Syndicat National des Mineurs, leur supprimant ainsi les tuyaux pour recevoir l'oseille de soutien du peuple. C'est la raison pour laquelle les LGSM et d'autres groupes de soutiens se sont formés, afin de créer des circuits de financement parallèles, court-circuitant ainsi les fonds propres bloqués du syndicat.

Une ode à l'homosexualité

Oui. Assurément. C'est dans ce genre de film que vous serez parfaitement heureux et fier d'être homosexuel. Une véritable injection d'EPO. Parce que l'homosexualité n'y est pas traitée de façon caricaturale. Parce que ce groupe d'homosexuels idéalistes et jeunes nous donne l'envie de vivre et de changer le monde. On a de la tendresse, on a de l'amour, on a du suspens (pas trop non plus), de l'intelligence, pas de sexe (désolé), et de l'envie.

Et puis on voit ces gens, ruraux, conservateurs, durs. Qui se retrouvent très mal à l'aise d'être soutenus par des fiottes. On ressent de plein fouet le fossé gigantesque entre les homophobes et les homosexuels. Mais finalement, les relations humaines étant fascinantes, et comme l'amour triomphe bien souvent, ils deviennent meilleurs copains du monde, pour notre plus grand plaisir et nos plus grands espoirs...C'est ainsi qu'on voit débarquer un groupe de vieilles septagénaires hystériques dans les boîtes gays branchés de Londres, brisant ainsi toutes les barrières sociales : l'âge, le genre, et la classe sociale. C'est beau.

Même si le parallèle entre l'exclusion des gays & lesbiennes et l'exclusion des mineurs est un peu dur à avaler, ça passe !

Et puis, la fin du film est très jolie. Je ne vous en dis pas plus.

Une réflexion sur le coming-out

Même ce sujet est abordé. On découvre "Joe", un jeune gay touchant de gentillesse, qui se fait embarquer par le tourbillon et l'enthousiasme associatif, pendant que sa mère le croit à une formation de perfectionnement en pâte à choux ^^.

On observe l'entrain du garçon qui découvre sa vérité, stoppé net par le mur d'incompréhension de ses parents, une association tellement réelle. Et on comprends, même si ce n'est pas une surprise, que si l'homosexualité est si difficile à porter, ce n'est pas d'elle-même, mais par ce que les autres en font.

 

En bref, je vous conseille de regarder ce film, car il fait chaud au coeur. En plus, un des acteurs principaux,  Ben Schnetzer, est très mignon. Mais ça c'est personnel...