Tu as pris un risque ? Tes amis te donnent tous des informations contradictoires ? On te parle de traitement post-exposition, de te faire dépister le plus rapidement possible, de te rendre aux urgences, d'aller voir ton médecin traitant... Quelle conduite à tenir ? Qu'est-ce que le traitement post-exposition ? Ses modalités de prise ? Ses effets secondaires ? Son efficacité ?

Quelques rappels sur les chiffres du VIH

Malgré de très nombreuses campagnes d'information, principalement axées sur la prévention, en 2018 d'après Santé publique France, encore 6 200 personnes ont découvert leur séropositivité pour le VIH en France. Entre 20 000 & 30 000 personnes ne se savent pas contaminées par le virus.

Bien que l'on observe une légère tendance à la baisse du nombre de cas, le dépistage doit encore être intensifié puisqu'encore plus d'1/4 des découvertes de séropositivité en 2018 (29 %) se font à un stade avancé de l’infection.

Et pourtant, il existe des moyens de prévention fiables, que ce soit pour prévenir la contamination (dont la principale mesure est le port du préservatif et maintenant la PreP), ou  prévenir le développement de l'infection, méthode moins connue, appelée TRAITEMENT POST-EXPOSITION.

 

Quelques rappels sur le virus

Le Virus de l'Immunodéficience Humaine (VIH) est un rétrovirus ayant émergé dans les années '80, affectant une certaine catégorie de globules blancs appelés lymphocytes et macrophages, cellules immunitaires ayant pour rôle la protection de l'organisme contre les agents étrangers, micro-organismes, parasites, virus, ou tout autre agent microbien. Après quelques années de statu-quo entre la production médullaire de globules blancs et leur destruction par le virus, la réserve de cellules souches s'épuisera, aboutissant à un état d'immunodépression propice au développement de maladies dites opportunistes. Ce stade est appelé stade C, ou plus communément Syndrome de l'ImmunoDéficience Acquise : SIDA.

Après la contamination, le système immunitaire va réagir en reconnaissant ce virus et produire, dans un délais de quelques semaines, des anticorps dirigés contre ce virus. Ce sont ces anticorps qui seront recherchés au cours des dépistages réalisés dans les CDAG , et décelables environ 6 semaines après la prise de risque.

Un dépistage négatif réalisé moins de 6 semaines après la prise de risque n'est donc pas fiable à 100%, et sa valeur prédictive négative en est amoindrie.

Des Tests rapides (TROD) sont proposés aussi chez certaines associations comme Aides, ces tests sont effectués en recueillant une goutte de sang au bout du doigt et sont considérés fiables après trois mois où à eu lieu la prise de risque.

Il est donc inutile de faire le test de dépistage immédiatement après une prise de risque : en plus d'être faussement négatif, le sujet concerné n'ira pas se faire dépister 6 semaines après la contamination, moment à partir duquel les tests seront positifs, avec pour conséquence la prise en charge inexistante de cette personne et les risques de transmission que celà provoque.

Cependant, une prise en charge dans les 48 heures post-risque existe !

 

Le traitement post-exposition

Dans les 48h après une prise de risque, de quelque type que ce soit (un préservatif qui craque, une confiance abusée..), il est possible de bénéficier d'un traitement anti-rétroviral durant 4 semaines et  ayant pour objectif de diminuer le risque de contamination effective.

Comment en bénéficier ?

1) Le premier réflexe est de contacter gratuitement le 0 800  840  800 : premières informations, évaluation du risque, adresse du service d'urgences le plus proche

2) Se rendre aux Urgences : les médecins sont habitués à ce genre de situation, il n'y a aucune gêne à avoir, aucun jugement ne sera fait. Si possible, il est préférable de se rendre aux urgences avec le partenaire (chez lequel un test de diagnostic rapide pourra être fait).

3) Après évaluation du risque, un kit de traitement anti-rétroviral vous sera remis pour 2-3 jours, au décours desquels une consultation spécialisée avec un médecin référent pour le VIH aura lieu afin d'évaluer la pertinence de la poursuite du traitement. Si celle-ci est avérée, alors une ordonnance de traitement vous sera remise pour une durée de 4 semaines.

4) Un test de dépistage sera réalisé à la fin du traitement puis 3 mois après, afin d'écarter complètement le risque d'être contaminé.

 

Attention : Le port du préservatif est indispensable pendant toute la durée du traitement.

 

Un traitement Contraignant ?

Ce traitement n'est pas anodin, mais n'en reste pas moins utile. Des effets secondaires peuvent être ressentis, principalement lors de l'introduction du traitement. Ceux-ci sont de diverses natures : diarrhées, nausées, fatigue, vertiges. Pas d'inquiétude, ces effets sont transitoires et disparaissent au bout de quelques jours. Des examens complémentaires peuvent être prescrits afin d'évaluer la tolérance du traitement.

 

Prise de risque il y a plus de 48h ?

Il est alors trop tard pour bénéficier d'un traitement post-exposition.

Cependant, il est toujours pertinent de se rendre dans un Centre de Dépistage Anonyme et Gratuit ou de consulter son médecin traitant, que ce soit pour évaluer le risque, savoir quand se faire dépister pour avoir un résultat fiable, bénéficier de méthodes de dépistages plus précoces (antigénémie P24..), évaluer le risque de contamination par d'autres infections sexuellement transmissibles, trop souvent sous-estimé. 

 

Conclusion :

Il est important de bien connaître les modalités et délais de dépistage afin de ne pas sous-estimer le risque d'infection par le VIH. Le traitement post-exposition est une avancée majeure, mais son efficacité n'est pas de 100%, il est donc important de ne pas le considérer comme un substitut de prévention primaire ! Le port du préservatif et la PreP restent les meilleures solutions actuellement contre le VIH, la prévention primaire des prises de risque reste le meilleur moyen d'éviter toute contamination. La prise d'un TPE doit rester exceptionnelle, un accident, et non pas être une excuse pour prendre des risques inconsidérés.

 

Pour en savoir plus :

http://www.sida-info-service.org/?Je-viens-de-prendre-un-risque

https://solidarites-sante.gouv.fr/actualites/presse/communiques-de-presse/article/recul-du-vih-en-france