"La pratique du sport est un droit de l'homme. Chaque individu doit avoir la possibilité de faire du sport sans discrimination d'aucune sorte et dans l'esprit olympique, qui exige la compréhension mutuelle, l'esprit d'amitié, de solidarité et de fair-play." –Charte olympique

Après la promulgation de la loi interdisant la « propagande homosexuelle devant des mineurs », la situation pour les homosexuels en Russie ne s’est pas améliorée.

Cette loi a entrainé l'interdiction totale de toute manifestation publique homosexuelle, ainsi  La municipalité de Moscou, en 2013, a interdit 90 manifestations différentes de militants LGBT. Un journal a même été condamné à verser 1000€ d’amende après avoir écrit : « être homosexuel est normal ». Plus grave encore, cette loi a associé dans l’esprit des russes, homosexualité et pédophilie. La majorité des homosexuels russes ne sont pas prêt à se battre contre cette loi alors que  la population est en grande partie homophobe et que rien n’y encourage la tolérance. 88% des Russes soutiennent cette mesure et plus de la moitié pensent qu'il faut punir l'homosexualité, selon un sondage de l'institut Vtsiom publié en juin.

Les jeux olympiques qui se tiennent à Sotchi débutent forcément dans un contexte tendu. 37 000 policiers ont été mobilisés, plus de 5000 caméras ont été installés. Les JO les plus chers et les plus controversés de l’histoire n’avaient pas besoin de cette mauvaise publicité alors que près de 300 000 billets chercheraient encore preneur.   

 

L’ONU s’est d’abord élevée "Nous devons nous opposer aux arrestations, emprisonnements et restrictions discriminatoires auxquelles font face les gays", a déclaré le secrétaire général de l'ONU le 6 février.

De nombreuses initiatives ont alors été lancées en faveur des homosexuels.

Au Canada, Vancouver (la ville avait accueilli les Jeux olympiques d'hiver de 2010) a décidé de hisser le drapeau arc-en-ciel, symbole de la communauté lesbienne, gay, bi et trans, sur sa mairie. Ailleurs au Canada, d'autres villes ont choisi d'adopter la même attitude. Le drapeau arc-en-ciel flottera donc aussi sur les hôtels de ville d'Ottawa, Québec ou encore Montréal.

Google a lui affiché sur sa page d’accueil un logo aux couleurs du drapeau arc-en-ciel, représentant les jeux olympiques. En dessous, Google a repris un extrait de la Charte olympique: «La pratique du sport est un droit de l'homme. Chaque individu doit avoir la possibilité de faire du sport sans discrimination d'aucune sorte et dans l'esprit olympique, qui exige la compréhension mutuelle, l'esprit d'amitié, de solidarité et de fair-play».

Enfin, au Royaume Unis, pendant que la BBC retransmettra les festivités de la cérémonie d'ouverture, la chaîne britannique de service public Channel 4 a décidé de diffuser un clip où un homme s'y déhanche torse nu, et revisite les fondamentaux du ski sur un titre intitulé Gay Mountain, face à un public d'abord perplexe puis déchaîné. Un couple d'hommes s'embrasse sous les yeux d'un faux Vladimir Poutine.  La chaîne a aussi modifié son logo, le mettant aux couleurs du drapeau gay, tout comme l'insigne qui figure sur la façade de ses bureaux, à Londres.

Une mobilisation importante des médias a donc eu lieu. Les Jeux Olympiques doivent-ils être un lieu de débat politique ? Doit-on s'immiscer dans les affaires internes d'un pays ?

 Sûrement pas, mais le débat est inévitable dans cette situation, même si le président, Vladimir Poutine, a déclaré tout faire pour que « les sportifs, les spectateurs, les visiteurs se sentent bien quelles que soient leur nationalité, leur appartenance ethnique ou leur orientation sexuelle ».

En France, le ministre des affaires étrangères français Laurent Fabius a indiqué dimanche 15 décembre que ni lui, ni le président François Hollande, ne se rendrait aux cérémonies d'inauguration des Jeux olympiques d'hiver de Sotchi. Des appels au boycottage des JO des Sotchi ont été lancés en Occident par plusieurs personnalités internationales.