Pendant l'entre-deux-guerres, ils étaient nommés « Ligues » aujourd'hui « Collectifs ». Le Collectif du jour de colère, ce dimanche 26 janvier nous fait faire un saut dans le passé de 80 ans presque jour pour jour, comme le fait justement remarquer Françoise Fressoz dans son blog sur le site du journal Le Monde, le 27 janvier dernier.

6 Février 1934. Des manifestations antigouvernementales sont organisées à Paris devant la Chambre des Représentants (ancien nom de l'Assemblée Nationale) par des organisations d'extrême-droite et d'ultra-droite : « les ligues », qui portent les doux noms de « Croix de feu », « Action française », « Jeunesse patriote », « Solidarité Françaises »...

La France sombre dans la crise économique et sociale après le krach boursier de 1929, alors que les partis d'extrême droite prennent le pouvoir dans de nombreux pays d'Europe (Hitler en Allemagne, Mussolini en Italie, Franco en Espagne...), en France les ligues gagnent en ampleur et profèrent des propos hostiles envers les politiques qu'ils reproche d'être tous des corrompus, mais également des propos racistes, antisémites et xénophobes... La manifestation tourne à l'émeute quand les manifestants tentent de pénétrer dans le Parlement et s'en prennent violemment aux forces de l’ordre, au total il y aura 15 morts dont 1 policier et plus de 2000 blessés, les heurts continueront les jours suivants, causant de nouvelles victimes.

 

26 Janvier 2014. Des manifestations antigouvernementales sont organisées à Paris entre la Place de la Bastille et Place de l'Opéra par des organisations de droite, d'extrême-droite et d'ultra-droite : « les collectifs », qui portent les doux noms de « Œuvre Française », « Printemps Français », « Jeunesse Identitaire »...

La France sombre dans la crise économique et sociale après le krach boursier de 2008, alors que les partis d'extrême droite prennent de plus en plus de poids dans la politique partout en Europe, en France les collectifs gagnent en ampleur et profèrent des propos hostiles envers les politiques, mais également des propos racistes, antisémites, xénophobes, homophobes... La manifestation tourne à l'émeute quand les manifestants sont censé se disperser sur la place Vauban et s'en prennent violemment aux journaliste, au total il y aura plus de 220 arrestations dont 12 comparutions immédiates.

 

Troublant ce parrallélisme non ? Mais attardons nous plus en détail sur cette dernière manifestation.

Les revendications étaient très nombreuses et variées : les impôts (bonnets rouges), la liberté d'expression (pro-Dieudonné), la défense des enfants et la lutte contre le mariage gay, la théorie des genre et j'en passe... (Homens et Printemps français), même certains qui prônent le retour à la monarchie (Oui les royalistes existent encore !), et le retour de « Dieu » dans la société et l’État (Civitas)... Certains journalistes furent pris à partie par certains, je vous invite à regarder le début du Petit Journal du 27 Janvier 2014 où l'on voit la violence envers les journalistes, tout en les insultant de « collabos » dixit les membres de collectifs néo-nazis et fascistes (Œuvre française, Jeunesse Identitaires...).

C'est une situation qui commence à devenir critique pour la démocratie. Les sondages montrent une montée fulgurante du Front National pour les municipales voire même la victoire de celui-ci pour les élections européennes !

La différence entre 1934 et 2014, c'est qu'en 1934, la violence des ligues a provoqué un électrochoc dans l'opinion et une sorte de grande union nationale (le front populaire, élu 1 an et demi plus tard), en France les dernières manifestations bien que moins violentes que celles de 1934 n'ont pas cet effet de sensibilisation. Les Français adhérent de plus en plus à une politique populiste nationaliste.

La haine de l'autre, qu'il soit européen (le FN est anti-européen et prône le repli de la France sur elle-même), juif, musulman ou gay, n'a jamais autant rapporté qu'aujourd'hui... Et là c'est la société française, dans son ensemble, qui doit ouvrir les yeux avant que ces collectifs ne deviennent plus violents encore, légitimés par des idéaux plus en plus ancrés dans l'opinion, et que les premiers morts soient dénombrés.