On ne pensait pas voir un jour, dans une société moderne, un remake plus vrai que nature du "Vol au dessus d'un nid de coucou" de Milo¨ Forman. Le sort de Jack Nicholson à la fin du film n'est souhaitable à personne. Et pourtant, en Equateur, des parents persistent à faire subir à leurs enfants un tel traitement "pour leur bien", avec pour seule cause, leur homosexualité.

Le 28 juillet dernier, le Huffington Post publiait un article au rapport consternant sur la tenue de "camps anti-homosexualité" en Équateur. En effet, il s'avère que de nos jours encore, il existe des cliniques ayant pour but de "soigner" l'homosexualité de leurs patients. Pire, bien loin d'être dans la légalité, ces cliniques se cacheraient aux yeux de la loi en se faisant passer pour des cliniques de désintoxication, et profiteraient alors de cette couverture pour infliger aux patients ─  aux "détenus" ? ─ des sévices corporels multiples. 


 


Pourquoi "détenus" ? Parce que la grande majorité des patients de ces centres y sont ammenés par leurs familles, contre leur gré, et y sont gardés de force. Ils y portent des camisoles de force et subissent des traitements bien loin des termes de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme. Denisse Freire, une lesbienne de 25 ans témoigne. Découverte dans sa chambre à ses 15 ans avec sa petite-amie par sa mère, cette dernière la conduit aussitôt dans un centre où elle la laisse "pour son bien". Pendant son internement, Denisse subit différentes punitions, sévices et humiliations. "Ils me torturaient avec des électrochocs, m'empêchaient de me baigner pendant trois jours, me donnaient à peine à manger, me frappaient beaucoup, me pendaient par les pieds." Cette clinique évangélique, dont elle s'est échappée deux mois après son arrivée, détenait en même temps qu'elle quatre autres "malades" soumis au même traitement. Pire, ce traitement soi-disant salvateur comprenait un programme de viol curatif. 


En Juin dernier, Zulema Constante a elle aussi témoigné. "Je devais prier, on me donnait de la mauvaise nourriture, je nettoyais les toilettes avec mes mains." Le harcèlement était aussi physique que moral. "On me disait que c'était mal d'être lesbienne."


Pendant leur internement, ces homosexuel(le)s sont souvent portés disparus par leurs amis et amants, mais rarement retrouvés, la famille étant à la base de l'internement. 


Denisse Freire a longtemps gardé le silence, car elle ne voulait pas porter de tort à sa mère qui, pour elle, n'avait pas eu de mauvaise intention. Et étant responsable de l'internement, elle ne voulait pas qu'elle aille en prison.