Avec une vision incroyablement en avance sur son temps, et un esprit d'anticipation admirable, George Orwell a su décrire, dés 1949, une société épiée et surveillée similaire à celle que nous connaissons aujourd'hui. Dans son roman, intitulé 1984, il décrit cette entité omniprésente dans la vie des gens, à l'affut du moindre fait et geste de la population, nommée Big Brother. Les récentes révélations apportées par un ancien membre de la NSA (renseignements américains) sur l'existence du projet PRISM visant a surveiller les systèmes de télécommunications témoignent de l'esprit visionnaire de l'écrivain anglais.

Le 9 juin dernier, Edward Snowden, ancien agent de la NSA (National Secutity Agency) a lâché une bombe depuis Hong-Kong où il s'est réfugié : l'existence d'un projet top secret, appelé PRISM visant à récolter les données numériques des utilisateurs des plus grands groupes de télécommunications américains (Facebook, Yahoo, Google, Microsoft, Youtube, Verizon..). Ce système vise à récolter toute information servant la défense de la sécurité des USA. Un objectif louable, certes, mais on peut s'interroger sur le coté liberticide de ce programme. Une question, qui ferait presque un bon sujet de philo pour le bac de cette année se pose : Faut-il sacrifier sa liberté de communiquer au prix de la sécurité de l'Etat ?


 


Cette question est d'autant plus présente pour nous, jeunes de 16 à 25 ans, qui avons assisté à l'essort d'internet, des réseaux sociaux, et qui en sommes de gros consommateurs. Paradoxalement, la révélation de ce système de surveillance n'a pas eu d'effet titanesque sur l'opinion publique. Les gens continuent aujourd'hui d'utiliser les mêmes réseaux sociaux incriminés par la révélation. Un sondage réalisé par le Huffington Post US a ainsi montré que 56% des Américains trouvent normal que leur gouvernement puisse surveiller leurs communications numériques [1].


 


Toujours est-il que de nombreuses associations américaines ont engagé une bataille jurdique contre l'administration Obama afin de dénoncer ce système. Du coté français, la CNIL (l'autorité française des libertés sur internet) a lancé un travail sur la question.


 


Ouvrons les consciences, et tentons de réfléchir à cette question qui ne conduit à aucune réponse simple : la sécurité s'achète t-elle au prix des privations de libertés?


[1] http://www.washingtonpost.com/page/2010-2019/WashingtonPost/2013/06/10/National-Politics/Polling/release_242.xml