Contrairement à ce que tu peux entendre dans les cours de récré, au travail, ou dans les couloirs de ta fac, une hépatite ne désigne pas obligatoirement un virus. C'est un terme utilisé pour qualifier une inflammation chronique ou aiguë du foie. Les raisons sont diverses.
Elles peuvent être toxiques (suite à un empoisonnement, à une prise de médicaments), allergiques, alcooliques, ou – et il s'agit de la majorité des cas – infectieuses. Les formes virales sont ainsi classifiées de A à G.


Le foie est le plus gros organe du corps humain. Il représente à lui seul environ 2% de ton poids. Véritable usine de recyclage, son but est d'épurer, de synthétiser et de stocker les nutriments que tu lui apporte. Inutile donc de préciser que son bon fonctionnement est indispensable pour l'organisme.
C'est pourtant ce viscère qui va être la cible des virus hépatiques.
Parmi eux, on relève l'une des plus dangereuses infections sexuellement transmissibles, le VHB...

Focus sur notre première infernale IST.

1. Qu'est ce que l'hépatite B ?

    Il s'agit de la plus dangereuse des hépatites virales. La facilité avec laquelle elle peut se transmettre en fait l'un des agents infectieux les plus redoutables de la planète. C'est l'une des principales causes du cancer du foie dans le monde.

La maladie est endémique en Asie, en Amazonie et dans le sud de l'Europe centrale et orientale. On estime que le virus est déjà passé dans le sang de 2 milliards d'individus1. 

1 million de personnes meurent chaque année de l'hépatite B. Dans les pays d'Afrique subsaharienne, les porteurs du virus représenteraient 8% à 15% de la population. En France, l'infection chronique concernerait 300 000 personnes. 9% d'entre elles seraient également séropositives au VIH.2

On considère le virus de l'hépatite B comme une maladie qui peut se transmettre par voie sexuelle. Il y a plus de risques de contracter le VHB lors d'un rapport non protégé. Toutefois, la seule utilisation du préservatif ne pourra malheureusement pas t'offrir une protection aussi efficace que celle qu'il dresse contre le virus de l'immunodéficience humaine (VIH). 

2. Transmission du virus

   L'hépatite B est 100 fois plus contagieuse que le VIH. La durée d'incubation est de 24 à 180 jours après l'exposition de l'organisme au virus. 

La contamination se fait par le contact des muqueuses (la bouche, l'anus, le vagin) avec le sang ou les sécrétions corporelles, principalement génitales, d'une personne infectée. Des études relativement récentes suggèrent que la sueur et la salive peuvent également être des fluides contagieux lorsque la charge virale est élevée. C'est la raison pour laquelle il est conseillé aux personnes adeptes des sports de contact de se faire dépister. Les morsures sont aussi un mode de contamination. 

Compte tenue des risques de transmission de la mère au fœtus, le dépistage de l'hépatite B devrait être systématique durant la grossesse.

Contrairement au VIH, le virus est très résistant et peut survivre une semaine à l'air libre.

 3. Gravité de l'infection

    Si le système immunitaire parvient à contrôler le virus, le germe est éradiqué en quelques semaines. Dans 80% des cas, la guérison est spontanée et aucun traitement n'est requis. C'est une caractéristique qui démarque cette IST de sa cousine l'hépatite C, plus difficilement contrôlable par l'organisme.

L'infection par le VHB peut être aiguë ou chronique. Les formes aiguës sont généralement sans symptôme et évoluent favorablement. Dans de rares cas, on peut observer une hépatite fulminante, qui entraîne un coma et la mort.

L'hépatite B pose surtout problème lorsque le virus s'installe dans la durée. On estime que l'infection devient chronique lorsque le VHB reste plus de 6 mois dans le corps. C'est cette forme qui est particulièrement grave. Sur le long terme, elle entraîne des lésions hépatiques qui empêche le foie de se régénérer correctement. On parle alors de fibrose et de cirrhose, qui sont des évolutions naturelles de la maladie.

Elle peut également dégénérer en cancer du foie. Le risque de développer un carcinome est multiplié par 100 chez les porteurs du virus. Les cancers liés à l'hépatite B répondent mal aux chimiothérapies proposées actuellement.

Plus une infection chronique est contractée jeune, plus elle risque d'évoluer vers une forme mortelle. Les personnes souffrant d'une hépatite B chronique restent contagieuses.

 

4. Quels symptômes doivent m'alerter ?

 L'infection est très souvent asymptomatique (plus de 70% des cas) et n'est décelable qu'avec une prise de sang réalisée en étant à jeun. La biochimie sanguine détermine les taux de transaminase SGOT (ASAT) et SGPT (ALAT) qui sont exprimés en Unité internationale par litre de sang. Les valeurs normales pour un homme sont inférieures à 40 Ui/L. Les valeurs de référence peuvent être différentes selon les laboratoires d'analyse. 

Lorsque l'atteinte est symptomatique, elle peut se traduire par un état grippal, une fatigue générale, une perte d’appétit, des nausées, des douleurs localisées au niveau de l'hypocondre droit ou de l'estomac et/ou par des pertes de connaissance.

La présence d'un ictère (coloration de la peau ou du blanc des yeux en jaune) est caractéristique d'une atteinte hépatique. Elle doit te conduire à consulter un médecin dans les plus brefs délais.

 

5. Comment traiter l'hépatite B ?

 Il n'existe à l'heure actuelle aucun traitement permettant d'éradiquer l'hépatite B de l'organisme. C'est ce qui fait toute la dangerosité de cette maladie. Heureusement, le virus est généralement éliminé par le système immunitaire et une bonne majorité des infections évoluent favorablement.

Pour les infections chroniques, tout va résider dans le contrôle régulier du VHB en traçant l'antigène HBs dans le sang afin d'éviter le développement de lésions hépatiques sévères ou d'un cancer.

Les personnes dépistées séropositives à l'hépatite B devraient éviter la consommation d'alcool, de tabac, de nourriture trop riche et de certains médicaments comme le paracétamol ou l'ibuprofène qui peuvent être agressifs pour le foie. 

La silymarine (que l'on trouve dans le chardon-marie) est considérée comme une substance hépato-protectrice. Mais cette affirmation est remise en cause par l'OMS en raison de l'absence d'études sérieuses sur le sujet.

 

EN REVANCHE : l'hépatite B est la seule IST connue à ce jour contre laquelle il existe un vaccin préventif très efficace. Les personnes susceptibles d' y être exposées devraient envisager une vaccination. 

En france, la vaccination contre l’hépatite B est obligatoire, en France, pour tous les nourrissons nés à partir du 1er janvier 2018.

Pour plus d'informations, contacte ton médecin traitant.

 

Tu as pris un risque ? Tu as besoin d'un renseignement ?

Appelle Hépatite Info-service au 0 800 845 800 (appel anonyme et gratuit).

Tu peux aussi aller sur leur site : http://www.hepatites-info-service.org/

 

Pour aller plus loin :

http://www.inrs.fr/eficatt/eficatt.nsf/%28allDocParRef%29/FCVHB
Institut Pasteur http://www.pasteur.fr/ip/easysite/pasteur/fr/presse/fiches-sur-les-maladies-infectieuses/hepatites-b-et-c
http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs204/fr/
http://www.e-sante.fr/si-virus-hepatite-b-se-transmettait-par-sueur/actualite/970
http://www.cchst.ca/oshanswers/diseases/hepatitis_b.html#_1_4
http://www.eurekasante.fr/maladies/estomac-intestins/hepatite-b.html?pb=causes
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/17336170/
http://www.passeportsante.net/fr/Solutions/PlantesSupplements/Fiche.aspx?doc=chardon_marie_ps