Ce week-end, Wilfred de Bruijn a été violemment agressé dans la rue. Il décide alors de poster la photo du résultat de cette agression homophobe sur Facebook et les grands médias commencent enfin à s'intéresser à cette homophobie grandissante.

Alors que se déroule le débat au Sénat sur l'ouverture du mariage aux couples de même sexe, sa photo est devenue un peu le symbole du « martyr gay », publiée, likée et retweetée des dizaines de milliers de fois, il est vrai que l'image à de quoi marquer les esprits.

Les traces de son agression encore visibles, il est venu témoigner hier soir chez Alessandra Sublet dans l'émission C à vous de France 5. Wilfred y racontait notamment la violence particulière des coups qui lui ont été assenés ce samedi soir dans le 19° arrondissement alors qu'il marchait simplement en direction de son logement avec son compagnon. Au réveil, le visage plein de sang, dans l'ambulance qui le transportait, il réalise qu'il n'a plus de souvenir de ce qui s'est passé. Il se rappelle seulement d'insultes homophobes avant que ça tête ne commence à être frappée comme « un ballon de foot »«On marchait bras dessus, bras dessous. Il ne faut pas faire ça bien sûr...», a-t-il témoigné, dépité.

Il ne pensait pas contacter les médias nationaux et c'est finalement eux qui lui proposent de passer sur les plateaux tv et radios.

Première télévision mardi soir, dans "C à vous" il y déclarait : «C'est un fait divers banal... Je ne supporte plus de me voir comme ça, j'ai donc retourné tous les miroirs dans l'appartement. Mais il faut l'image pour raconter l'histoire, ça marche comme ça dans votre métier, a-t-il raconté. Je me suis dit qu'il fallait montrer ça, ce n'est malheureusement pas un fait isolé. Nous on vit une homophobie quotidienne, je connais des milliers de garçons et de filles qui ne tiennent pas la main de leur ami ou leur amour, qui ne s'embrassent pas sur la bouche pour dire au revoir au train. On s'auto-censure toujours, sauf samedi, je ne l'ai pas fait.»

Il fut aussi interviewé ce matin sur RTL et France inter, où il confiait à Pascale Clark qui l'a reçu ce matin à 7h50 : « On a vu depuis cet été 2012 des propos des gens qui s'opposent au mariage pour tous absolument démesurés.[...] Je ne conteste pas la libre parole ou la discussion dans une République, c'est même très bien mais des hommes et des femmes responsables, dans l'Église catholique romaine, dans l'UMP, doivent se rendre compte que de dire tout le temps que les homos sont dangereux pour les enfants, les placer dans une sous-catégorie, ce n'est plus un avis politique simple. C'est une forme de discrimination, extrêmement blessante. C'est le ton qui fait que je crains que beaucoup d'autres, peut-être moins bien élevés, moins informés et moins polis, se laissent aller maintenant.»

 

Il sera aussi l'invité ce week-end de Maïtena Biraben sur le plateau du Supplément de Canal+. Grâce à son témoignage, Wilfred de Bruijn met en exergue le climat puant qui fut installé par certains politiques autour de la question du mariage gay depuis plusieurs semaines. « Ce n'est pas Christine Boutin qui m'a fait ça samedi soir. Mais c'est elle qui tient des discours... On vomit sur les homos. D'abord, ça fait mal, ça change le regard sur nous. Alors qu'on aspire juste à l'égalité, à un peu d'humanité, c'est seulement cela. Certes il ne faut pas faire d'amalgames. Mais je crains que beaucoup de gens se soient mis dans un camp qui dépasse les limites. »