Un nouveau virus, provoquant des symptômes similaires à la pneumonie atypique, a été détecté. Notre organisme subit constamment des attaques d'organismes extérieurs : en particulier les virus, qui sont difficiles à combattre. Qu'est-ce qu'un virus ? Est-il un être vivant ? Comment agit-il ?

 

             Le NCov (Nouveau Coronavirus) a touché une nouvelle personne : un britannique, qui a récemment voyagé au Moyen-Orient a été hospitalisé en soins intensifs. Sur les 12 cas connus, 5 personnes sont mortes, on est donc loin d’une pandémie. D’ailleurs, aucun cas n’a été découvert en France, mais on redoute une transmission d’homme à homme, puisque la plupart des cas vivaient au Moyen-Orient.

             Le coronavirus est une famille de virus à couronne, provoquant essentiellement des maladies respiratoires et digestives, telles que le simple rhume, mais aussi la pneumonie et plus particulièrement le Sras. L’Organisation mondiale de la Santé  a demandé de prêter particulièrement attention aux patients, qui ont une pneumonie inexpliquée. « On envisage la recherche du nouveau coronavirus chez les patients présentant une pneumonie inexpliquée ou une maladie respiratoire grave, évolutive ou avec des complications et ne répondant pas au traitement » a annoncé l’OMS.

 

Un retour du Sras ?

              Le NCov, découvert en Septembre 2012, est une souche proche du Sras. Que signifie ce nom barbare ? Syndrome respiratoire aigu sévère, provoqué par la pneumonie atypique : 8000 victimes, dont 800 mortes. Le Sras est apparu pour la première fois dans un hôtel à Hong Kong en novembre 2002, l’hôtel étant un lieu important de rencontre, il s’est rapidement répandu, en particulier en Asie et a provoqué une épidémie vers mai 2003. Les symptômes du NCOv sont similaires à ceux du Sras : Fièvre, toux sèche, difficultés respiratoires, douleurs musculaires, diarrhées…

 

Mais qu’est-ce qu’un virus ?

             Un virus est une structure acellulaire, une particule constituée d’une capside protéique et d’un génome viral ADN (acide désoxyribonucléique) ou ARN, qui sont des supports de l’information génétique. Le génome d’une espèce est l’ensemble de l’information génétique de cette espèce (ADN + ADN entre les gènes). L’expression de cette information génétique, à travers les gènes, permet la synthèse de protéines, qui donnent notre forme, la couleur de nos yeux, de nos cheveux (le phénotype : les caractères observables d’un individu) et beaucoup d’autres fonctions cellulaires. Le génome viral contient quelques gènes (contre environ 25 000 gènes pour l’homme).

 

Les virus à la limite du vivant ?

            Leur nature est encore sujette à débats, depuis 2003. Un être vivant présente ces caractéristiques : un développement ou croissance, son propre métabolisme (réactions qui permettent le fonctionnement de nos cellules), pouvoir se reproduire avec un autre individu de la même espèce. Néanmoins, les virus ne peuvent pas se reproduire, ni synthétiser des nutriments de manière autonome (métabolisme). Pour « vivre » et se multiplier, ils envahissent des cellules hôtes, entrainant leur mort ou leur disfonctionnement : ce sont en quelque sorte des parasites intracellulaires obligatoires. Certains virus poussent même le système immunitaire à détruire des cellules saines, d’autres comme le VIH détruisent le système immunitaire. C’est pourquoi on peut les considérer comme être non vivant. Le virus peut être sous 2 états : le virion, particule métaboliquement inerte ou le virus, forme intracellulaire biologiquement active.

Les virus suivent un cycle viral (simplifié):

-          Infection : pénétration du virion dans la cellule de l’organisme hôte.

-          Multiplication du virus dans la cellule hôte, en utilisant à son insu le système d’expression génétique de l’hôte.

-          Sortie de la cellule, puis propagation.

 

Et pour ce qui est des virus géants récemment découverts ?

          Des virus de grandes tailles (par rapport à la plupart des autres virus de l’ordre du nanomètre) avec un génome important ont été découverts dans les années 2000 : Mimivirus, mamavirus, mégavirus. L’analyse du génome a montré la présence inhabituelle de gènes de synthèse de protéines propres aux organismes cellulaires (vivants). Certains suggèrent l’existence d’une quatrième branche à l’arbre de la vie.

Pour le moment, on considère que le règne du vivant est scindé en 3 : les Eubactéries, les Eucaryotes (dont les êtres humains) et les Archées 

 

Pourquoi les antibiotiques ne fonctionnement pas contre les virus ?

          La plupart des antibiotiques (ex : la tétracycline) sont des inhibiteurs des mécanismes de la synthèse de protéines bactériennes, mais ils ne s’attaquent heureusement pas aux Eucaryotes (dont les êtres humains). Etant donné que la synthèse de protéines virales s’effectue avec la machinerie cellulaire de l’hôte humain, les antibiotiques n’ont alors aucun effet sur la propagation du virus. Seul l’organisme peut les combattre en produisant des anticorps (défenses immunitaires) spécifiques à chaque virus.

Il est d’ailleurs difficile de mettre en place des vaccins, car leur génome (ADN ou ARN) varie très fréquemment, cela est dû aux erreurs de copie de ce génome lors de la multiplication du virus.

          Ne blâmons pas les virus, ils sont très utiles en génie génétique. On peut utiliser une des propriétés des virus : l’intégration de son génome viral dans une cellule hôte pour de nombreuses applications.

Quelques exemples :

-          Clonage d’un gène : on injecte le gène que l’on veut cloner dans le virus (dont on a retiré

sa virulence), ce virus modifié injecte son génome contenant le gène, dans une bactérie. Lors des divisions bactériennes, notre gène est ainsi à chaque fois cloné.

-          La thérapie génique (somatique) : le but est de soigner une maladie, en traitant quelques

cellules chez la personne atteinte.

           Exemple pour la mucoviscidose : cette maladie est due à une mutation génétique, qui empêche les cellules de fabriquer une protéine nécessaire aux poumons. Ceux-ci se remplissent de mucus, qui bloque la respiration. Chez des personnes atteintes, un gène est déficient. Pour remédier, on prélève une copie de ce gène sur une personne saine, puis on l’injecte dans un virus inactivé. Les poumons du patient sont infectés avec le virus, ce dernier introduit le nouveau gène dans les cellules du malade. Les cellules ont maintenant les bonnes informations pour produire une protéine permettant au patient de mieux respirer.

-          Les virus sont aussi utilisés pour créer des organismes modifiés.

 

Ces avancées biotechnologiques soulèvent de nombreuses questions de bioéthique.