Retours sur l'action des Femen, mardi 12 février 2013 à Notre-Dame. Les activistes féministes fêtent la démission du pape et ça tourne mal.

On organise mardi une énorme fête à Notre-Dame de Paris pour louer la démission d'un pape conservateur, voire rétrograde et homophobe. A coups de maillets enveloppés dans des feutrines, c'est "Pope No More" que les Femen hurlent dans la cathédrale, devant des regards d'abord ahuris des pratiquants. Elles sont accompagnées d'une horde de journalistes. Les lumières s'éteignent, les flash laissent entrevoir des corps tirés, on entend des hurlements de jeunes femmes, repoussées vers la sortie.1 De chaque côté les accusations vont bon train, on porte plainte, les Femen, groupe féministe seins nus accusent la sécurité de coups et blessures. Ces derniers leur renvoient la balle, les catholiques montrent du doigt des dégradations faites au monument, comme l'explique le Figaro. Sur les réseaux sociaux, elles s'en défendent : « Aucune dégradation matérielle aux cloches de Notre-Dame n’a été commise dans le cadre de notre action. Nos bâtons étaient entourés de feutre pour prévenir tout dégât. Aucune violence sur les personnes présentes sur les lieux comme sur les surveillants intervenus manu militari n’a été commise par nos militantes. »2


 


Les Femen livrent un discours pro-laïque, accusant l'Eglise d'intervenir dans la sphère d'une République qui ne doit pas être mêlée à la religion. A l'occasion du débat autour du "mariage pour tous", l'Eglise a tenu un discours homophobe masqué par une volonté de déplacer le débat, en niant une inégalité des droits des personnes en matière de protection familiale.3 Les Femen actualisent cette verve laïque : « A l’occasion du débat sur le mariage pour tous, l’Eglise s'est invitée dans nos rues, dans nos télévisions, dans nos journaux, appelant les catholiques à défier les institutions républicaines, croyant tout à fait légitime de s'immiscer ainsi dans l'intimité des citoyens français. À notre tour, en réponse aux discours haineux que l’Eglise a délibérément porté dans l’espace public, nous avons décidé de lui sonner les cloches. »


 


Rue89 décide de rappeler que la dénonciation des institutions religieuses -et non pas des croyants- a déjà fait l'objet d'une action des Lettristes, en 1950. Un jeune activiste, déguisé en prêtre, monte sur la tribune et s'écrit notamment : « J’accuse l’Eglise catholique d’escroquerie. J’accuse l’Eglise catholique d’infecter le monde de sa morale mortuaire, d’être le chancre de l’Occident décomposé. En vérité je vous le dis : Dieu est mort. »4 Un vrai scandale, comme pour le happening des Femen, qu'à gauche comme à droite, on condamne. Dénoncer le patriarcat, l'homophobie, l'hétérosexisme, c'est là où sont les Femen, qui n'hésitent pas à choquer, jouant une la vague médiatique très actuelle. On aurait presque raté la couverture de Libération de ce mercredi, dénonçant la même vague réactionnaire de l'Eglise : « Après le Pape, Dieu démission ! »







3Consulter à ce sujet http://cafaitgenre.org/2013/01/24/dans-lamour-des-homosexuels-personne-nest-homophobe/ et les travaux d'Eric Fassin, politiste évoqué dans l'article de Genre !