En dehors de l'anecdote d'un prêtre courageux, ce petit fait divers dans le débat concernant le mariage pour tous, est aussi révélateur d'un discours biaisé. Celui d'un manichéisme trop habituel entre une société qui serait divisée en deux grandes catégories les pour, et les contre, comprendre les conservateurs et les progressistes. Seulement, depuis maintenant des mois ce schéma simpliste réduit le débat à un échange unilatéral de fantasmes et d'invectives.

Les faits rapportés par RTL :

"Alors que le Pape Benoît XVI s'est récemment prononcé contre le mariage pour les couples homosexuels, le curé breton du diocèse de Quimper et Léon a donné un autre point de vue. "Je suis tout à fait en désaccord avec la position de l'église catholique" a-il expliqué au micro RTL de Guillaume Chieze. Il a même écrit "une lettre ouverte aux évêques de l’église catholique en France sur cette question". Pour lui, "ils oublient des principes de base de la grande tradition de l'église"."

 Ainsi, dans son interview il déclare:"La majorité des prêtres existant dans l’église catholique en France est plutôt d'accord avec ma position"

Position qui est celle là:" je suis favorable à la légalisation du mariage pour tous. Je me pose plus de questions sur l'adoption. J'aimerais que la législation fixe bien les choses"

Il pousse plus loin sa réflexion: "J'aurais d'ailleurs pu être contre et, dans le même temps, soutenir le projet de loi. Parce que nous sommes en laïcité, il y a la position de chacun et l'intérêt général d'autre part (...) et la loi se place du côté de l'intérêt général. Je dis oui au mariage pour tous et je regrette que l'institution catholique n'ait pas ce positionnement. Elle devrait être en capacité de dire au moins que cette perspective, si le législateur en décide, est acceptable".

Et c'est précisément ce point qui semble intéressant. Il déclare être un prêtre laïque. Non pas qu'il prêche la laïcité mais néanmoins qu'il n'a pas à s'opposer à la loi de la république.

Le respect d'une loi républicaine et sa considération laïque semblent  être un élément nouveau dans ce débat.

Car au fond, c'est vrai, depuis des semaines, on entend la conférence des évêques, des prêtres, et autres hommes d'influences du cléricalisme, prendre position publiquement contre une loi qui ne concerne finalement que la république et non l'église. De manière latente sans doute, c'est avec étonnement le retour d'une église garante de la morale , de la vérité et de la bonne citoyenneté dont on voit le retour… Parole nécessaire donc dans l'apparente homogénéité ambiante du discours de l'église. Et parole nécessaire dans ce qui ne devrait pas être un débat et cela, au coeur même de l'église. Rappelant dans le même temps, que la singularité homosexuelle est à accepter, et qu'elle est à prendre en compte au sein même de la foi catholique.