C'est officiel. Après avoir appelé à manifester le 17 Novembre contre le projet de loi socialiste autorisant le mariage pour tous, l'UMP "dirigée" par Jean François Copé descendra dans la rue pour participer à la deuxième manifestation des opposants le 13 Janvier prochain. L'Inter-LGBT va manifester à Paris le 16 Décembre 2012 pour soutenir le gouvernement.

La Droite veut utiliser la rue comme moyen de pression

  Si François Fillon, ancien premier ministre de Nicolas Sarkozy, rappelait en Novembre que "la rue ne devait pas gouverner un pays démocratique", Jean-François Copé semble prendre ses distances avec cet avis.

Pour beaucoup, l'offensive du président de l'UMP contre le projet de loi socialiste servirait à crédibiliser son statut de premier opposant au gouvernement, face à François Fillon qui menace de quitter l'UMP, et de Marine Le Pen, dirigeante du Front National.

Le contesté dirigeant de l'UMP a annoncé dimanche 2 Décembre à Nancy que son parti allait descendre dans la rue le 13 janvier prochain, pour battre le pavé avec les opposants au mariage pour tous - Alliance Vita en tête. Copé a accusé la Gauche de détruire "les fondements de la famille" en autorisant les couples homosexuels à se marier et en reconnaissant juridiquement les 200 000 familles homoparentales françaises (chiffres de l'AGPL). Ce dernier a également dénoncé le "sectarisme et le mépris de la Gauche", une gauche qu'il estime plus proche de "Saint Germain des prés" que des français.

"Au cours des derniers jours, la Gauche a aussi profité de la cacophonie (NDLR : une partie de l'UMP accuse son dirigeant d'être un putschiste suite à des élections truquées) pour continuer son passage en force sur un projet qui divise profondément la société française : la remise en cause des fondements de la famille, à travers le mariage et l'adoption par les couples homosexuels" affirme-t-il.

Alors que certains représentants des cultes chrétiens, juifs et musulmans auraient été qualifiés "d'obscurantistes" par des élus socialistes, Jean François Copé s'est également indigné du traitement de ces responsables lors des auditions organisées par les députés PS. "Les auditions organisées par les députés socialistes sont un simulacre de débat. On interroge uniquement des experts favorables à ce projet. On refuse d'écouter les opposants. Et quand on reçoit les responsables des grandes religions, on leur donne cinq minutes de parole avant de les noyer sous les mises en cause les plus grotesques !"

 

Des religions hostiles au mariage pour tous :

   Précédemment, Monseigneur Barbarin avait mis sur une même ligne mariage homosexuel, polygamie et inceste. André Vingt Trois avait déclaré à Lourdes que le mariage homosexuel était une "supercherie". Gilles Bernheim, grand rabbin de France, s'était alerté de la négation des sexes qui découlerait de la reconnaissance des familles homoparentales. Tandis que l'UOIF (Union des organisations islamiques de France), proche des Frères musulmans, disait craindre à terme une légalisation de la zoophilie et de la polyandrie (femme mariée à plusieurs hommes).

Si on peut constater la médiatisation extrême des avis religieux, il est intéressant de noter qu'une partie des français attachés au principe de laïcité se sont interrogés sur la légitimité qu'ils avaient à débattre d'une loi concernant uniquement le registre civil, séparé des Églises.

"Je vous annonce que l'UMP va ouvrir elle-même le grand débat national que le gouvernement de gauche refuse de lancer ! Oui, nous allons informer les Français sur la teneur de ce projet et sur ces conséquences", leur a promis Jean François Copé.

 

La réponse du Parti Socialiste :

   Le PS a tenu à répondre à cette offensive de l'opposition en appelant à manifester massivement le 16 Décembre prochain à Paris pour l'égalité des droits via un communiqué du porte-parole, David Assouline.

"Le PS soutient l'initiative des organisateurs de la manifestation du 16 décembre pour le droit au mariage pour tous et la procréation médicalement assistée (PMA) et appelle y à participer massivement", écrit-il. "Alors que tous les conservatismes se coalisent pour s'opposer à ce nouveau droit, les socialistes sont fiers de porter cette réforme et appellent à se rassembler largement pour continuer à faire progresser l'égalité chère à la France républicaine".

Le secrétaire national du PS Luc Carvounas s'est dit scandalisé par l'initiative de Jean François Copé. "l'UMP ne peut pas être présidée par un homophobe!" s'exclame-t-il. "Il est inconcevable qu'un élu local puisse faire des choix en matière d'application des lois, créant ainsi une République « à la carte ». Je m'oppose farouchement à cette démarche et je regrette que Jean-François Copé se tourne en dernier refuge vers les religions pour l'appuyer dans son invective".

Jean Christophe Cambadélis (secrétaire national chargé des questions européennes et internationales) tient cependant à mettre en garde la gauche : "Ce n'est pas rendre service à la cause du mariage pour tous que de traiter Jean-François Copé d'homophobe. C'est transformer une juste cause en anathème" explique-t-il sur son blog "Pourquoi Jean-François Copé et pas André XXIII ou le pape Benoît XVI ? C'est maladroit ! C'est se placer très exactement sur le terrain de l'Eglise de l'UMP".

"Nous respectons ceux qui pensent autrement au sujet du mariage pour tous. Nous n'en faisons pas un thème politicien mais la conquête d'une liberté nouvelle et d'un nouveau droit. Ne nous enfermons pas dans un débat sur la liberté sexuelle. C'est inadapté. Nous participons aux mobilisations dans l'esprit de convaincre et de rassembler. Car si les Français réfléchissent sur la PMA, ils sont très favorables au mariage pour tous! Donc mobilisons-les !" ajoute-t-il.

 

Une première dame déjà témoin :

   Valérie Trierweiler ne cache pas son soutien au projet de loi socialiste. La première dame de France a confié le lendemain de l'annonce de Copé sur RTL qu'elle serait la témoin d'un couple d'amis homosexuels. Elle s'est dite réjouie d'être témoin de l'un des tout premiers mariages homosexuels français, mariage qui aura lieu dès que la loi sera votée.

La compagne de François Hollande a également prévu d'être une nouvelle fois la témoin d'un autre couple gay, qui devrait se passer l'alliance un peu plus tard.