Qu'en est-il aujourd'hui de l'homosexualité en politique, quels postes occupent les hommes et femmes politiques ouvertement homosexuels, et surtout quelles sont leurs actions ?

Pour le moment en France rares sont les personnalités politiques à être "sorties du placard". À gauche en effet, outre les plus connus d'entre eux, Frédéric Mitterand et Bertrand Delanoé, seuls André Labarriere (maire de Pau), l'ex-députée socialiste de Dreux, Françoise Gaspard et Christophe Girard (adjoint au maire de Paris chargé de la culture) ont franchi le pas. Pour les autres le placard reste clos.

Quand à la droite, les personnalités politiques gays ou lesbiennes se font toutes petites. Peu nombreux sont ceux qui, comme Jean-Luc Romero (conseiller régional en Ile-de-France) ou Philippe Meynard (maire de Barsac en Gironde), ont annoncé qu'ils étaient gays. Et plus on monte dans la hiérarchie du pouvoir, plus le placardse ferme à double tour.

Avant Roger Karoutchi, un seul ministre, de droite, Jean-Jacques Aillagon (ministre de la Culture du gouvernement de Jean-Pierre Raffarin entre mai 2002 et mars 2004) avait déclaré son homosexualité.

Dans le monde :

Encore aujourd'hui, les actes homosexuels sont passibles de peine de mort dans sept pays : Afghanistan, Arabie saoudite, Iran, Nord du Nigeria, Mauritanie, Soudan et Yémen. Ces législations qui sont effectivement appliquées entraînent régulièrement l'indignation de la communauté internationale. L'Ouganda cherche d'ailleurs a faire évoluer sa législation nationale dans ce sens. Un 8ème pays risque donc d'alourdir cette triste liste.

D'autres, sans aller jusqu'à la peine capitale, punissent d'emprisonnement  l'homosexualité. Ceux-ci peuvent aller de quelques mois à la perpétuité, en passant par les sévices corporels, les déportation ou encore les travaux forcés. Parmi ces États, on retrouve : le Sénégal, l'Algérie, le Bangladesh, la République "démocratique" du Congo, les Émirats Arabes Unis, l'Éthiopie, le Kenya, la Libye, le Maroc, Singapour, le Togo ou encore la Zambie.

Dans ces pays, inutile de dire que le coming out politique n'est tout implement pas envisageable.

En ce qui concerne l'égalité des droits des homosexuels on peut constater à travers la presse que les hommes politiques gays, déclarés ou non, ne s'engagent pas forcément sur ces questions. Sur certaines revendications portées par les associations LGBT, force est de constater que la discrétion reste de mise. Le milieu politique reste prudent dans son approche des questions de société et ne s'y risque que ponctuellement et par des changements progressifs de législation. Pour autant, il semble que les personnalités de gauche (gays ou non) soient bien plus favorables aux avancées des droits que la droite. Celle-ci, majoritairement représentées par l'UMP et le FN campe sur ses positions en les motivant notament par la morale judéo-chrétienne.

Finalement, malgré de lentes avancées, la vie en tant qu'homosexuel parait plus facile de nos jours. Il n'est donc pas étonnant de voir les coming-outs de personnalités se développer. La société, qui a encore beaucoup de chemin à faire avant une acceptation totale, devra être menée par des politiques exemplaires.