Prises de positions idéologiques, sociales, culturelles, voire polémiques... François Bayrou se livre à l'exercice d'une redéfinition terminologique, en proposant de remplacer le terme de mariage par un mot plus approprié à la réalité qu'il recouvre.

François Bayrou, président du MoDem, revient sur le sujet du mariage homosexuel, à une heure où la problématique semble atteindre un stade de visibilité assez conséquent. Nous avions jusqu'ici l'habitude des prises de positions, qu'elles soient de nature culturelles, sociales voire polémiques avec les propos tenus par Msgr Barbarin. Monsieur Bayrou se livre alors à l'exercice d'une redéfinition terminologique, en proposant non plus l'usage du mot, le mariage, pour ce qui concernerait les couples de même sexe, mais celui d'union.

"Une union, c'est bien, parce que ça respecte le droit à la reconnaissance, à un certain nombre d'avantages et, en même temps, il est bien de respecter aussi ceux qui ont sur eux le poids fertile de la tradition"

Le glissement semble assez habile, puisqu'il permet ainsi la définition à part entière du couple homosexuel et regroupe derrière un mot différent tout un ensemble de possibilités. Si la pomme de discorde est bien le terme du mariage, alors la solution d'un mot nouveau pourrait constituer une échappatoire finalement assez constructive. Dans cette optique, les défenseurs du mariage jugé "traditionnel" n'auraient ainsi plus rien à revendiquer concernant le conflit des notions (pour peut-être laisser place au seul vrai problème : celui d'une acceptation culturelle). François Bayrou entend bel et bien assumer ce dédoublement des termes, au sens où il permettrait de "rendre justice aux deux sensibilités".

Toute la question est alors de savoir ce que l'on peut ranger derrière ce terme d'union. Jusqu'à quel point faut-il séparer les deux notions de mariage et d'union ? La séparation apparaît comme une réelle nécessité pour l'auteur de ces propos, qui qualifie le thème du mariage homosexuel d'explosif à l'heure actuelle. Écran de fumée rhétorique, ou désamorçage fructueux ? Le développement mériterait qu'on s'y attarde.