Réalisateur, documentaire et écrivain, Chris Marker, très discret et méconnu du grand public, était une figure atypique du cinéma. Il est le cinéaste d'une oeuvre dense, riche et sans doute incontournable entre cinéma et documentaire. Il a notamment réalisé La Jetée (1962), Sans Soleil (1982), ou encore Le Fond de l'Air est Rouge (1977).

Cinéaste hors norme et secret, refusant de se laisser photographier, filmer ou interviewer, Chris Marker restera sans doute comme l'un des très grands réalisateurs de l'histoire de cinéma.

Chris Marker commence à réaliser, filmer, au lendemain de la seconde guerre mondiale, pendant laquelle il fût aux côtés des Résistants. En 1953, il réalise notamment Les Statues meurent aussi avec Alain Resnais. Documentaire politique et esthétique sur l'art nègre comme on pouvait le dire à l'époque. On retrouve déjà dans ce film, les prémices d'une matrice qu'on pourra observer dans nombre de ces films, à savoir un montage précis servi par une Voix Off.
L'un des films les plus marquant de Chris Marker est sans doute La Jetée réalisé en 1962 et bouleversant tant dans sa forme que dans son contenu. La Jetée est l'une des rares fictions du cinéaste. Film court, 26 minutes, constitué d'un ensemble d'images fixes (des photographies en noir et blanc), La jetée est une fiction d'anticipation, où des savants tentent à travers un ensemble d'expérience de remonter le temps pour trouver les moyens de survivre dans un présent apocalyptique. Incroyablement écrit, et narré, plein de boucles narratives, on a souvent dit de ce film qu'il était certes une fiction, mais aussi un poème, il a notamment inspiré un autre grand film L'armée des 12 singes de Terry Gilliam.

Chris Marker est aussi le cinéaste-documentariste des bouleversements sociaux des années 60 et 70, Le fond de l'air est rouge sa grande oeuvre sur les mouvements sociaux des années 67-70 en est un exemple parfait. Toujours les voix s'y chevauchent, entre leaders politiques, citations, ouvriers, étudiants. En 1982, il réalise Sans soleil, errance poétique et politique qui mène le cinéaste de Guinée-Bissau au Japon, d'Ile-de-France en Islande. A cette époque, Marker découvre les nouvelles technologies qui lui permettront notamment de diffuser ces derniers films sur internet, dont certains consacrés à sa passion pour les chats...

Chris Marker, c'est une des oeuvres les plus marquante de l'histoire du cinéma, histoire récente certes, mais peu de réalisateur ont comme lui apporté des formes et des processus aussi inédits dans cette histoire là... 

On trouve sur le site de la Cinémathèque un très bel hommage rendu par Costa-Gravas et Serge Toubiana.

Vous pourrez le lire: http://www.cinematheque.fr/fr/dans-salles/hommages-retrospectives/chris-marker.html