« Tu veux aller voir un film islandais ? Tu es sérieux ? ». Rares sont ceux qui ont déjà vu un film provenant de ce petit pays, et pourtant, certains réalisateurs sont réellement talentueux et prometteurs…

C’est le 20 juin 2012 qu’est sorti ce film, presque sans aucune promotion. Il n’en reste pas moins que ce film à petit budget (à peine 2 millions de dollars) est particulièrement bien tourné, avec une histoire travaillée.

 

Le synopsis…

« Lors d'un voyage en Angleterre, Gabriel, 16 ans, se lie d'amitié avec son colocataire Markus, un adolescent rebelle et fascinant. De retour en Islande, ses amis sentent bien que quelque chose a changé... »

C’est ainsi que ce film raconte tout au long de son déroulement l’histoire de Gabriel et de ses amis. Entre changement brutal et inexpliqué de personnalité, infidélité, amours, père absent, soirées arrosées, ils tentent ensemble de comprendre qui ils sont et de trouver leur place… Bon nombre de thèmes possibles de l’adolescence sont abordés. Par son caractère doux, agréable et apprécié, Gabriel se trouvera toujours au centre des histoires qu’il devra tant bien que mal essayer de (plus ou moins) résoudre. Ce film raconte une très belle histoire d’amitié, relatant une histoire d’adolescence colorée et agitée.

On ne peux pas non plus occulter que dans ce film, tout est typiquement islandais : les situations banales deviennant passionnantes (comme le sont les paysages), la mise en scène glaciale et nonchalante, sans oublier la bande-son d’une splendeur happant un peu plus le spectateur…

 

Pourquoi en parler sur Zag ?

Si le sujet de l’homosexualité n’a pas été abordé dès le début de l’article, c’est que « Jitters » n'est pas un film gay. Il n’en demeure pas moins qu’il en reste le thème abordé par le personnage principal. Tout au long du film, Gabriel se cherche et essaye de comprendre ses sentiments amoureux, abordant ainsi les sujets de la quête de soi, de la découverte de l'autre, dans un milieu plus ou moins hostile, et de son acceptation face à son environnement familial. Beaucoup disent que c’est le cheminement de bon nombre d’homosexuels, mettant un certain temps à s'accepter et à comprendre ces sentiments « hors de la norme » de notre société.

 

Et autour du film ?

« Jitters » en anglais, d’après le titre original islandais « Órói » qui signifie « tourment », « frousse » ou même « trac », est le premier film du réalisateur islandais Baldvin Zophoníasson. La principale musique du film est signé par le très célèbre (islandaisement parlant !) Olafur Arnalds (il est là-bas aussi connu que Björk ou encore Sigur Rós).

Dans ce magnifique petit pays d’à peine 300 000 habitants, et où la 1ère ministre fut la 1ère femme à épouser une autre femme, possédant son propre festival du film, Jitters fut nominé 10 fois à l'équivalent des César islandais (prix du Meilleur Second rôle Masculin remporté). Le film a aussi été nominé au 26e Festival Lesbien Gay Bi Trans de Belgique, au Festival du Film de Cleveland et d'Edimbourg 2011, au Festival de Tonronto, et au Festival Ciné Nordica… rien que ça !

 

 Vous voulez le voir ?

Mauvaise nouvelle pour les non franciliens : le film n’est sorti que dans 4 villes françaises (dont Lyon et Nantes), mais n’y est resté généralement qu’une semaine à l’affiche… sauf à Paris. Dans cette ville, il est encore possible de voir cette petite pépite épisodiquement dans 3 salles. Courez-y avant qu’il ne soit trop tard !

(Attention, comme vous pouvez vous en douter pour un film de cette petite envergure, il va de soi que Jitters est en VOST... Il n'en reste pas moins très agréable par la non omni-présence de dialogues ;) Et puis, ça vous fait une occasion -presque- unique d'écouter cette magnifique langue qu'est l'islandais !)

La bande annonce sur le site allociné.