Le tournoi des VI nations 2012 où les 6 meilleurs équipes de l'hémisphère nord s'affrontant sur 5 journées s'est achevé sur une victoire par grand chelem du Pays de Galles. L'équipe française, vice championne du monde 2011, n'a pas réussi à tenir son rang, et termine à la quatrième place ne remportant que 2 victoires contre l'Ecosse et l'Italie. Au classement IRB des nations, la France a commencé le tournoi à la troisième position (derrière la Nouvelle-Zélande et l'Australie), avant de se faire rattraper successivement par l'Afrique du Sud, l'Angleterre, puis le Pays de Galles. Bref le bilan semble mauvais. Devant ce constat nous pouvons nous poser la question suivante : Cette défaite était elle prévisible ou cette contre performance résulte d'une mauvaise surprise ? Dans un premier temps nous verrons que l'équipe de France est en pleine traversée du désert, puis ensuite, nous verrons quelques éléments positifs.

I Une équipe de France en pleine traversée du désert 

 

A) La suite d'une coupe du monde plus que moyenne. 

Il faut remonter au début de l'automne dernier en Nouvelle-Zélande pour les derniers matchs de cette équipe. Cette coupe du monde se termine par une deuxième place plus qu'honorable de l'équipe de France. Néanmoins, son parcours a été assez chaotique. En match de poule, si la victoire face au Japon est franche du début à la fin, le match contre le Canada ne tourne vraiment à l'avantage des bleus qu'à la deuxième mi temps. La Nouvelle-Zélande écrase les bleus (37-17). Pire encore la semaine suivante. La petite équipe tongienne, outsider totale, l'emporte sur la France (13-6). Grâce à 2 points de bonus offensif (contre le Canada et le Japon) et défensif (face aux Îles Tonga), la France arrive à se qualifier sous les critiques. 

Les phases finales sont à nouveau en dent de scie pour l'équipe de France. En quart l'équipe l'emporte sur le XV de la rose anglais à la surprise générale (19-12), grâce à une fantastique première mi-temps (16-0). En demi, elle s'impose de justesse face au pays de Galles, une victoire presque volée selon les commentateurs (9-8). 

La finale contre la Nouvelle-Zélande est totalement l'inverse du match contre le Pays de Galles. Cette fois, la France s'incline après avoir mérité la victoire. Les interventions de l'arbitre sud-africain Craig Joubert sont souvent contestées. La France s'incline. 8-7

Marc Lièvremont, sélectionneur depuis 2007 après le départ de Bernard Laporte courtisé par Sarkozy au ministère des sports, se retire. Philippe Saint-André, ancien 3/4 et capitaine de l'équipe de France devient entraineur. Il doit alors imposer sa patte sur la nouvelle équipe.

B) Les premiers doutes : 

PSA se montre alors assez ambitieux dans la composition de son équipe. Il fait appel à de nombreux nouveaux, et à des anciens n'ayant plus joué ces dernières années. Parmi les nouveaux on trouve Wesley Fofana et Yoann Maestri. Parmis les retour on trouve Malzieu, Poitrenaud, Attoub, Debaty ou encore Beauxis. Dussautoir reste capitaine, choix pouvant paraître étonnant, puisque son manque d'autorité face à ses coéquipiers fait souvent défaut à cette équipe. 

Si le premier match contre l'Italie semble rassurant, celui contre l'Ecosse fait tiquer. La France manque de perdre face à l'équipe qui perdra finalement tout ces matchs du tournoi. C'est alors de manière très surprenante que le coach reconduit l'ensemble de l'équipe face à l'Irlande.

Il est très clair cependant qu'un des gros défauts de l'équipe est son entame de match, toujours catastrophique

C) L'inévitable catastrophe, par manque de coaching :

Ce match s'avérera catastrophique en première mi-temps pour les bleus, qui arriveront finalement à se ressaisir en deuxième mi-temps pour accrocher le nul. PSA semble alors vouloir faire porter le chapeau à la charnière. Parra et Trinh Duc sont alors remplacés par Dupuy et Beauxis. Il s'agit alors du seul remplacement pour le match face à l'Angleterre. L'entraineur ne semble pas prendre en compte les contre-performances de Malzieu, Rougerie ou encore Szwarzewsky. Pourtant il semble alors évident pour beaucoup qu'il est temps de faire appel à la reserve, notament à des joueurs de clubs qui réussissent très bien. Nyanga, Palisson, Buttin, Ouedrago, Yachvili ou encore Florian Fritz. Il n'en ai rien. La France perd contre l'Angleterre. C'est à ce moment que PSA décide de reformer son équipe pour affronter le pays de Galles (surtout pour palier des blessures). Trop tard, le tournoi est déjà perdu. Palisson, Buttin, Yachvili et Fritz font par ailleurs un très bon match face au pays de Galles. Encore une fois Szwarzewsky et Rougerie réalisent des contre-performances. Beauxis n'excelle pas non plus. 

 

II Et pourtant ?

 

a) Pas de lourdes défaites

 

L'honnêteté nous fera cependant dire que malgré 2 défaites et 1 nul sur 5 matchs, la France perd face à l'Angleterre pour 2 points, et face au pays de Galles de 7 points. Pas tant que ça finalement. L'équipe manque à chaque fois de peu d'accrocher la victoire. Face à l'Irlande, Malzieu est sorti en touche à quelques mètres de la ligne d'essai, suite à une belle action collective, tandis que Beauxis loupe deux drops sous la pression adverse. Face à l'Angleterre Trinh Duc rate un drop qui passe à rien de la barre transversalle à 40 mètres, qui aurait offert la victoire à la France. Face au pays de Galles, c'est un mauvais rebond qui empêche à Jean-Marcellin Buttin d'aller coller un essai suite à une magnifique chandelle pour lui même. Un autre essai manque de passer, mais les voies de l'arbitrage de Craig Joubert restent impénétrables. La France termine les 6 nations avec une différence de + 16 points. Score rare pour un 4ème. 

 

b) Une nouvelle génération

 

C'est dans sa jeunesse que le rugby français va sortir la tête de l'eau. Que ce soit l'imposant 2ème ligne Yoann Maestri (202cm/121kg) 24 ans, le rapide et affuté 3/4 centre Wesley Fofana (auteur de 4 essais, 2ème du 6 nations en terme d'essais inscrits) 24 ans, du 3/4 aile Alexis Palisson 24 ans, de l'arrière Jean Marcellin Buttin 20 ans, ou encore de Morgan Parra excellent butteur, 23 ans et Maxime Médard 25 ans, la relève française semble en forme, et prête à foncer vers un avenir glorieux. 

 

 

Pour conclure, le 6 nations se ferme sur un constat nuancé. Il est temps de se tourner vers l'avenir, quitte à remplacer les cadres de l'équipe qui ne sont plus au niveau. Si cela se fait, peut être que l'année prochaine signera le renouveau du rugby français.