L'équipe du site recevant régulièrement des messages privés de zaguiens demandant conseil, une question revient souvent. En gros , « Doit-on sortir du placard pour être heureux ? »

Je ne suis que le webmaster du site et non un professionnel de la santé et peux donc seulement vous apporter un avis personnel.

Une opinion construite sur ma propre expérience mais aussi suite aux milliers de récits que j'ai pu lire sur ZaGay depuis son lancement.

"Pour être heureux, vivons cachés" ?

La première chose importante à comprendre, c'est que vous n'avez aucun pouvoir de changer ce que les gens pensent. L'avis des gens se construit au fil des expériences, ce qui les amène à faire évoluer leur opinion.

La phase pré-adulte est une période d'affirmation de soi, et très souvent les jeunes vivant ce genre de dilemme choisissent de se réfugier en choisissant un des extrêmes : l'affirmation en tant que gay ou le refoulement.

Ces comportements sont très souvent une manière détournée et inconsciente de lancer un appel à l'aide, attirer l'attention sur un mal-être, aux parents, amis ... bref l'entourage.

Cependant, au départ, l'entourage n'est pas forcement attentif à ces questions. Peu de parents sont prêts à envisager la possibilité d'une fille ou d'un fils homo, ce qui explique bien souvent des réactions parfois violentes le jour J de l'annonce.

Étant donné que le jeune ne trouve pas d’écho à ce qu'il laisse paraître, il ne lui reste bien souvent qu'un choix, l'escalade dans la voie qu'il a empruntée.

Un jeune qui a commencé à s'affirmer va essayer par exemple de prononcer plus fortement cette différence, notamment dans l'apparence, pour en arriver dans certains cas extrêmes à s'accoutrer d'un costume de clown couleur rose bonbon. « Au moins le message est clair ! »

A l'opposé, le jeune qui choisit de faire profil bas va quant à lui chercher tous les moyens de ne pas se faire repérer. Et si il est découvert, l'angoisse prenant le dessus, c'est hélas bien souvent des réactions de violence physique qui vont pointer le bout de leur nez. « Je suis un mec, un vrai , pas une tapette».

Hélas en France, les questions concernant l'orientation sexuelle sont peu prises en compte, c'est pourquoi il est important de rester vigilant concernant ses amis. Hors de question de se la jouer super espion pour sortir n'importe qui du placard ! Mais si toi tu t'assumes bien, il ne faut pas hésiter à tendre des perches pour qu'il ou elle se sente à l'aise, et puisse le jour où il sera prêt se confier à toi sans avoir à forcer les choses.

A ce moment là, tu pourras déjà lui montrer qu'il n'est pas seul, mais aussi, si besoin, lui apporter des conseils et informations.

Tu pourras lui parler de ZaGay s'il a juste besoin de parler avec d'autres jeunes, lui parler de la ligne Azur s'il a besoin de contacter un professionnel de la santé, mais aussi de l'association Le Refuge s'il risque de se retrouver dehors par exemple. (CF: Adresses utiles)

C'est une phase assez critique et heureusement qu'aujourd'hui, les jeunes LGBT ont quelques solutions comme celles énoncées à leur disposition.

Hélas d'autres n'ont pas cette chance, et dans cette recherche des extrêmes, risquent d'aller encore plus loin. Cela peut conduire à consommer de la drogue afin de réduire le stress émotionnel, des tentatives de suicide qui sont une autre forme d'appel à l'aide, à la consommation d'alcool jusqu'à en finir à l'hôpital, des scarifications, mais aussi la commission de délits mineurs, et ainsi de suite.

Se faire du mal ne garantit en rien que votre entourage comprendra la raison de ton mal-être !

En fait, certaines personnes risquent de penser que c'est la communauté gay qui te pousse dans ces extrêmes, ce qui est à l'opposé de ton objectif.

Ce qui porte le stéréotype archaïque que les homosexuels vivent tristes, malheureux, terminent invariablement dans l'alcoolisme, les drogues, la misère et la mort.

Pourtant ce n'est pas une règle générale !

Il existe des millions de gays, lesbiennes, bisexuel(le)s et trans qui arrivent à bien vivre, dans la famille, avec les amis, professionnellement.... Il ne faut donc pas perdre espoir.

« J'ai entendu mes parents dire que si ils ont un enfant gay ils le mettront dehors, que faire ? »

Il est clair que ce genre de réaction n'aide pas vraiment à vivre bien. Cependant déjà il faut discerner deux cas de figures : ce genre de réflexion peut être entendue au cours d'une discussion banale, et le parent ne pèse pas la portée de sa parole et donc de son incidence psychologique sur toi. Tu peux te retrouver aussi, hélas, dans une famille très conservatrice qui n'est pas du tout prête à accepter un enfant qui ne respecte pas le modèle de la famille idéale selon leurs critères.

Dans les deux cas, il est clair qu'il ne faut pas griller les étapes, même si c'est difficile de jouer un rôle d'enfant modèle.

En effet tu dois prendre ton temps, te constituer un cercle d'amis et de proches qui pourront te soutenir le jour j. Souvent les oncles et tantes sont plus disposés à accepter l'homosexualité d'un neveu que de leur propre enfant. Ceci peut paraître bête, mais c'est un bon début qui t'aidera tout d'abord à roder ton annonce mais aussi à te constituer un réseau qui pourra t'épauler si ça se passe mal après avec tes parents.

Parfois les choses ne se passent pas du tout comme prévu et tu peux te faire griller par ton frère, ta sœur ou un parent : « Mon frère a lu mes texto et a montré mon téléphone à ma mère »...

Autant , comme on peut le lire sur le forum, s'il est vrai que ce genre de péripéties peuvent bien se finir, il y a un risque car l'annonce est très brutale et les mots peuvent dépasser la pensée voire dans de rares cas en arriver à des réactions de violence physique.

Ta santé et ta sécurité doivent rester tes préoccupations principales.

Si c'est vraiment trop tendu, il vaut mieux que tu ailles chez un proche le temps que les esprits se calment. Si c'est quelqu'un de la famille, il pourra peut être même intervenir et essayer de parler avec ta famille.

Tu ne vois vraiment pas vers qui te tourner ?  La fugue n'est pas une solution et risquerait de tout compliquer.

Dans ces circonstances, il existe des associations comme Le Refuge, cité plus haut, qui offrent une écoute, un soutien et parfois aussi un toit à ceux qui ne peuvent retourner chez eux.

Envisager de pousser la porte d'une association peut paraître très difficile mais cette alternative est bien plus raisonnable que la fugue qui elle rapproche les jeunes de gros dangers (drogue, violence, prostitution ...).

Si l'on résume, il est très important de bien analyser la situation avant de faire son coming-out, peser le pour et le contre et s'assurer d'avoir constitué un réseau de proches qui pourra te soutenir.

 

Si tu te sens prêt, tu peux chercher sur ZaGay, il y a d'autres articles traitant du coming-out et de comment le faire. Moi-même et ZaGay te souhaitons bon courage et bonne chance.

Rappelle-toi que ton expérience peut aider les autres : n'hésite pas à partager ton histoire sur le forum !