Créant l'évènement de la semaine de la mode new-yorkaise, Nailah Lymus, styliste musulmane de qualité lança en même temps que sa collection la première agence de mannequin islamique : Underwraps.

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Créant l’évènement de la semaine de la mode new-yorkaise, Nailah Lymus, styliste musulmane de qualité lança en même temps que sa collection la première agence de mannequin islamique : Underwraps.


« Les modèles musulmanes viennent d’un milieu où on s’habille de manière islamiquement appropriée mais pour être dans l’industrie de la mode et devenir mannequin vous devez renoncer à cela Je voulais créer une agence qui permette de ne pas le faire. Vous n’avez pas à renoncer à ce que vous êtes pour être dans le milieu de la mode.» Annonce-t-elle avant de renchérir : "De nombreux malentendus et de mauvaises conceptions existent au sujet des musulmans et de l’islam,  ainsi que sur les femmes musulmanes.  Ma démarche peut donner une autre image du hijab, tout en expliquant son origine, ainsi que l’emploi des couleurs dans les vêtements islamiques, et contribuer ainsi à dissiper tous les préjugés sur les musulmans." La styliste annonce être soucieuse de valoriser l’héritage de l’Islam et d’en volontairement gommer un aspect moins glamour. Et pourtant, en une période trouble qui pourrait s’annoncer sombre, ne vaudrait-il pas mieux s’inspirer du créateur français né en Tunisie Azzedine Alayah qui se contente de magnifier les femmes avec une égale élégance sans distinction de religion ?


Concrètement qu’est-ce que ça change stylistiquement ? Le raffinement des tissus à l’oriental fait que même les non coreligionnaires de Nailah se les arrachent. Cependant le design n’est pas sans rappeler la patte du très excellent Jean-Louis Scherrer, le plus grand designer français des années 1962 à 1992 qui adorait à raison les étoffes orientales, mêlant à l’envi les tissus chamarrés du grand orient et ses codes, les magnifiant et leur conférant les lettres de noblesse. Habillant aussi bien une Farah Diba qu’une Raquel Welch ou encore la pas encore Reine, Paola Princesse Royale de Belgique.


Bref, rien de nouveau. Une fausse surprise, un faux suspens, un effet d’annonce masqué en bon sentiment, qui pourrait appeler au communautarisme dans le milieu de la mode qui avait été jusque là épargné par la question religieuse et raciale. Il pourrait être regrettable que certaines figures contemporaines importantes, sous couvert d’une idée de protection et de valorisation d'une communauté, finissent inconsciemment par diviser. À force de trop vouloir se démarquer, ne finit-on pas par s'exclure ?