Malgré les nombreuses accusations qui ont pesé sur le député Christian Vanneste et ses propos toujours plus choquants, l'UMP le réinvestit pour les législatives de 2012.

Une fois encore, le parti majoritaire surprend. Le 28 janvier 2012 la commission nationale d'investiture de l'UMP annonçait la liste des candidats du parti aux élections législatives de juin 2012. Et parmi ces 501 candidatures, quelques-unes suscitent de vives réactions.

C'est le cas de celle de Christian Vanneste. L'actuel député de la dixième circonscription du Nord, connu pour ses propos intolérants et radicaux concernant l'homosexualité, sera bien réinvesti à ce poste aux prochaines élections. Cette décision n'a pas manqué d'indigner, jusqu'au sein même du parti. Le président de GayLib, association française liée à l'UMP, a en effet déclaré que la commission d'investiture venait de commettre une double faute, "morale en investissant un candidat qui ne respecte pas ses valeurs" et "politique en croyant qu’un tel candidat pourrait lui apporter la victoire".

Cette récente réaction n'est cependant que l'écho d'une longue série.
Le député avait en effet été condamné pour propos homophobe par le tribunal correctionnel de Lille en janvier 2006, après avoir affirmé dans la presse que l'homosexualité était "inférieure à l'hétérosexualité" et serait "si on la pousse à l’universel, dangereuse pour l’humanité". Cette décision avait été confirmée par la cour d'appel de Douai, avant d'être annulée le 12 novembre 2008 par la cour de cassation. 
En octobre 2010, Christian Vanneste s'était également prononcé favorable à une alliance avec le Front National, entraînant une violente indignation de la part de Rama Yade, alors secrétaire d'État chargée des Sports, qui avait réclamé son exclusion de l'UMP. 
Plus récemment, c'est Benjamin Lancar, président des Jeunes Populaires, qui a affirmé que le député nordiste "n'a plus sa place" au sein du parti.

De son côté, Vanneste déclare dans un entretien accordé au journal Nord Éclair qu'il a changé. D'abord hésitant à se présenter, l'homme politique est aujourd'hui convaincu qu'il est l'un des seuls capables de conserver la circonscription à droite de l'échiquier politique. Plus pondéré dans ses paroles, il annonce à propos du mariage homosexuel qu'il n'est "pas obsédé par ça, mais déterminé à ne pas accepter qu'on institutionnalise". Pour autant, ses propos sont très surveillés par les militants LGBT, toujours vigilants aux éventuels dérapages.

Malgré ces violentes critiques, y compris au sein même de son parti, Christian Vanneste sera donc candidat aux élections législatives de 2012, face à Zina Dahmani (PS), Bernard Despierre (EELV-MEI) et Jean-Richard Sulzer (FN).