Le mariage gay figurera-t-il dans le programme de l'UMP pour l'élection présidentielle ? C'est en tout cas ce qu'affirme le journal Libération à paraître aujourd'hui.

En novembre 2011, le site Atlantico rapportait déjà les propos d'un cadre UMP «Il n’y a pas beaucoup de sujets de société sur lesquels Nicolas Sarkozy sera en mesure de proposer une avancée significative pendant la campagne. Il ne bougera pas sur la dépénalisation du cannabis, rien sur le vote des étrangers ni sur l’homoparentalité. Le seul truc auquel il réfléchit, c’est le mariage homo».

En ce vendredi 15 janvier, Libération nous informe que Nicolas Sarkozy aurait pris sa décision selon plusieurs députés du premier cercle et qu'il en ferait même une promesse de campagne.  L'Elysée ne confirme pas l'information, le président n'étant toujours pas officiellement candidat.

 

Jusqu'à présent, il a toujours été farouchement opposé au mariage et à l’adoption pour les couples de même sexe. En 2006, il s'était d'ailleurs prononcé en faveur d’un "contrat d’union civique", mais avait dû y renoncer face aux protestations issues de son propre camp.

Alors comment expliquer ce revirement de situtation, quitte à braquer complétement une partie de son électorat en particulier la droite populaire? Quels événements auraient-ilspu faire bouger les choses?

L'opinion publique est aujourd'hui largement favorable au mariage gay et selon l'institut BVA, environ 40% des élécteurs de droite y sont favorables.

Dans une tribune de L'Express, signée fin novembre 2011, six secrétaires nationaux de l'UMP (Sébastien Chenu, Samia Badat, Frédéric Bouscarle, Nathalie Fanfant, Stéphane Jacquot, David-Xavier Weiss) ont appelé à l'ouverture du mariage aux couples homosexuels et souhaitaient que la mesure figure dans le programme de Nicolas Sarkozy.

Début décembre 2011, le député-maire UMP de Coulommiers (Seine-et-Marne), Franck Riester révélait son homosexualité à la fin d'une longue interview accordé au Pays Briard, devenant ainsi le seul député de l'actuelle mandature à être ouvertement gay.

 

Afin "d'humaniser un peu son image" avec une mesure très peu coûteuse, selon le quotidien.

En Grande-Bretagne, David Cameron, bien que conservateur, s'est déclaré favorable à l'ouverture des mariages aux couples de même sexe en argumentant qu'il vallait mieux une famille homosexuelle, que pas de famille du tout.

Nicolas Sarkozy s’alignerait sur la position de la gauche et de François Hollande et lui piquerait par la même occasion un thème de campagne ( ce qu’on appelle une triangulation).

On peut néanmoins se demander si l'article de Libération ne serait pas un énième pétard mouillé.

Jean-Luc Romero, conseiller régional d'Île-de-France rappelle qu'en 2007 déjà,  Nicolas Sarkozy avait fait des promesses "en direction des homosexuels", qu'il n'a pas tenues. Pour lui, il s'agit à la fois d'un d'un coup médiatique et d'un ballon d'essai.

Le Jeudi 9 Juin 2011 a eu lieu un bref débat à l'assemblée nationale autour de la proposition de loi du député socialiste Patrick Bloche, visant la «reconnaissance, dans le code civil, du mariage contracté par deux personnes de même sexe.» Michel Mercier, le ministre de la Justice, y a exprimé l'opposition du gouvernement argumentant  que le mariage était «une institution», «un symbole social», qu'il fallait distinguer des «autres types d'unions».  Au final, la proposition de loi a été rejetée par 293 voix contre l'adoption, face à 222 voix pour l'adoption. Les députés UMP à l'assemblée, ont été 269 a voté contre, tandis que 9 ont voté pour.

Alors Nicolas Sarkozy serait-il capable d'intégrer l'autorisation du mariage homosexuel dans son programme pour l'élection présidentielle de 2012, bien que son parti politique ait refusé la proposition de loi en juin dernier, serait-il capable de  se détourner de son électorat de droite populaire et serait-il capable de mettre fin à la promesse qu'il a faite à Christine Boutin en 2007 "ni euthanasie, ni mariage homosexuel"?

On devrait avoir la réponse prochainement car selon Libé «Nicolas Sarkozy va réunir, dans quelques jours à l’Élysée, les principaux collaborateurs qui travaillent à son futur programme pour trancher la question du mariage gay».